Vie de parent

Le week-end « Co »

Le week-end, le samedi surtout, est traditionnellement consacré à tout ce qu’on n’a pas pu faire la semaine. Réparer le vélo cabossé, chouchouter ses radis, trier ses vêtements ou jouets, le tout en mettant les mômes dans le coup. Une manière de les préparer à consommer malin !

Le week-end « Co »

Tondeuse contre skateboard pour les 6 à 18 ans

Avec le printemps et les beaux jours revient aussi le temps des premières tontes de gazon. Une tâche à confier à votre ado. Sauf que votre tondeuse est dans un sale état ou, pire, que vous n’en possédez toujours pas. Le voisin peut peut-être vous dépanner sur ce coup-là. Une bonne occasion de faire sa connaissance, si ce n’est déjà fait.
En échange, vous pourriez lui proposer de lui filer votre machine à pâtes ou votre porte-vélos pour auto dont vous ne vous servez que peu souvent. Se prêter des objets coûteux dont on n’a pas un usage quotidien est une idée conviviale et économique. Une idée toute simple que l’on a dégotée sur le site de l’association suisse Pumpipumpe qui milite pour l’interaction entre voisins et le partage d’objets. Comment se reconnaissent-ils ? En collant des vignettes sur leur boîte aux lettres en fonction du matériel qu’ils possèdent et prêtent volontiers. Pourquoi ne pas emprunter cette belle idée ? Les autocollants peuvent être commandés pour 4 € sur le site www.pumpipumpe.ch

Pour faire la même chose près de chez vous

► Réunissez-vous entre voisins - pourquoi pas autour d’un apéro ou du premier barbecue du printemps ? - pour faire l’inventaire des objets que chacun possède et qu’il est prêt à partager. Mettez aussi vos enfants et vos ados dans le coup : ils ont certainement des jouets, jeux de société, jeux électroniques ou autre skateboard à se prêter entre (petits) voisins.
► Dessinez des pictos des objets en question et affichez-les bien en vue sur votre boîte aux lettres. Mieux que le bouche à oreille entre voisins, ce système peut donner des idées à d’autres.
► Soyez imaginatif ! Vous pouvez aussi vous rendre des services, du genre aide au devoir, babysitting, jardinage, travaux de couture ou bricolage…
► Pour aller plus loin : pourquoi ne pas envisager aussi l’achat de certaines machines ou du matériel en commun ? Une foreuse perfectionnée, un beamer, une grande échelle ou encore un barbecue électrique. Difficulté, dans ce cas-ci : établir le budget que chacun est prêt à mettre en fonction de sa situation et de la fréquence d’utilisation de l’objet. Important, aussi : chacun doit pouvoir savoir où se trouve l’objet acheté en commun. Pensez au fichier partagé, consultable par tous, à tout moment.

Jardins partagés pour les 3 à 14 ans

Cultiver son jardin potager, voilà une activité bien dans l’air du temps qui fait rimer loisirs, économie, solidarité et même échange de savoirs. Et qui est une activité à l’échelle des enfants petits et grands. Toujours intéressant de voir comment poussent fruits et légumes qu’ils retrouvent dans leur assiette. Encore faut-il avoir du temps et un bout de terrain exploitable. Deux pistes :

► Vous n’avez pas de jardin et vous aimeriez mettre les mains dans la terre pour faire pousser courgettes, salades, carottes et autres plantes aromatiques ? Mieux que les pots et les jardinières sur l’appui de fenêtre ou le balcon, partagez un lopin de terre avec d’autres habitants du quartier. De nombreux projets de jardins partagés existent déjà en Wallonie et à Bruxelles. Il existe aussi un guide pour ceux qui veulent se lancer dans un tel projet. Sympa aussi à faire entre grands-parents et petits-enfants, ou même dans la cour de récréation.
Vous avez un (très) grand jardin que vous n’exploitez pas entièrement et vous êtes disposé à prêter une parcelle à un voisin qui a la main verte et du temps pour en faire un potager ? Confiez-lui la partie technique et partagez ensuite le fruit de ses récoltes. Convivial aussi pour les enfants.

Pour faire la même chose près de chez vous

Quelques conseils, pour réaliser un jardin-potager dans une école :

► Glissez l’idée à la direction de l’établissement et à son équipe éducative.
► Évaluez le terrain dont l’école dispose : l’idéal est d’avoir une parcelle exposée au soleil, avec un sol ni trop argileux, ni trop sableux. À défaut de terre cultivable, de grandes jardinières ou les fameux potagers en carré, très à la mode et faciles à faire soi-même, peuvent aussi faire l’affaire.
► Faites la chasse au matériel : outils, pots, compost, etc.
► Reste à dénicher graines et semences qui représentent un sacré budget. Initiative étonnante qui tend à se développer, et qui est une manière de montrer à ses gamins, gamines que tout peut se donner et se partager : les grainothèques où on peut donner et recevoir des semences. Parlez-en à Google…

Kot contre services pour les 18 ans et plus

Votre aîné(e) grandit et les études supérieures se profilent à l’horizon. Dès septembre prochain, il (elle) rêve de voler de ses propres ailes et d’avoir son kot. Un peu prématuré , selon vous, même si vous reconnaissez que faire la navette lui fera perdre un temps précieux chaque jour. Peut-être redoutez-vous aussi qu’il ou qu’elle se retrouve soudain dans une grande solitude au risque de décompenser. Il existe une alternative…

► L’association Un toit 2 âges propose au jeune d’occuper une chambre dans la maison d’un senior ou d’une famille. Une solution qui devrait vous rassurer et qui favorise les relations intergénérationnelles et le partage de services, tout en étant nettement plus économique. En effet, en contrepartie d’un loyer modeste (on parle plutôt d’une « indemnité locative » qui varie de 180 à 300 € par mois), votre jeune s’engage à rendre de petits services bien définis à ceux qui l’hébergent.
► Autre option, qui allie vie communautaire et services à la société, cette fois : les fameux kots à projets, principalement actifs à Louvain-la-Neuve. Les étudiants qui occupent ces kots s’engagent à donner un peu de leur temps pour une cause qu’ils ont choisi de soutenir : les enfants malades, les personnes en situation de handicap… Votre jeune est tenté par cette expérience ? C’est maintenant (et non à la fin de l’année scolaire) qu’il doit s’y mettre pour trouver une place dans un de ces kots.

Pour faire la même chose près de chez vous

Vous connaissez tous un 60 piges et plus ou une famille qui accueillerait volontiers votre jeune durant son année d’études ? Ou êtes-vous prêt à héberger un étudiant vous-même? Une fois ce choix mis au point, vous pouvez commencer à bâtir votre projet.

► Définissez les équipements ou les pièces du logement auxquels le jeune peut avoir accès. Peut-il se servir de l’ordinateur, de la machine à laver ou stocker des surgelés dans le congélateur de la cave ?
► Si la location se fait en échange de services, ces derniers doivent être définis, ainsi que le nombre d’heures qui leur sont consacrés chaque semaine, ceci avant le début de l’hébergement.
► Pensez aux assurances : votre étudiant doit être en possession d’une assurance responsabilité civile.
► Établissez des règles internes à propos du mode de vie. Exemple : l’étudiant peut-il fumer à la maison ou ramener des copains ?

Partage d’autos : ça roule !

Vous avez fait le pari d’une vie sans auto. Un défi qui vous permet d’économiser un paquet d’euros, et qui n’est finalement pas si compliqué à relever avec les transports en commun. Une manière aussi de développer l’autonomie de vos (pré)ados. Par contre, le week-end, pour les grosses courses, les activités des enfants ou les escapades à la mer ou chez les grands-parents, vous pestez de ne plus avoir de véhicule devant la maison. Plusieurs solutions existent pour vous dépanner :

► Pour un besoin régulier, il y a le carsharing, via Cambio. Après avoir fait la réservation, vous récupérez le véhicule à la station (290 au total) la plus proche de chez vous. Attention : abonnement et frais de base obligatoires (assurance comprise).
► Pour un besoin occasionnel, plusieurs sites de partage d’auto entre particuliers se développent désormais chez nous. Dans ce cas, vous empruntez un véhicule à un particulier près de chez vous, moyennant une somme proposée par ce dernier. Deux sites, parmi d’autres : www.autopartage.be et www.caramigo.be (Pas de frais d’inscription et assurances en ordre).

Pour faire la même chose près de chez vous

Un voisin, un ami, un parent est prêt à vous filer son véhicule durant le week-end ? Une solution certes bien plus pratique que les sites de carsharing privés (voir ci-dessus), car ces derniers ne vous garantissent pas toujours d’avoir une voiture à disposition près de chez vous. Mais gare aux mauvaises surprises en cas d’accident : une police d’assurance n’étant pas l’autre, mieux vaut se renseigner d’abord auprès de votre assureur.

On ne jette pas, on répare… pour les 8 à 14 ans

Le vélo a été abîmé dans la semaine : plutôt que de profiter du week-end pour aller en acheter un flambant neuf, vous avez décidé de passer au Repair Café du coin. Un concept né aux Pays-Bas et qui a fait des petits chez nous : des dizaines d’antennes ont ouvert à Bruxelles et en Wallonie.
Comment ça marche ? Vous débarquez avec un objet à réparer (appareil électrique, jouet, vêtement, vélo…). Un spécialiste le répare devant vous. Et même avec vous, en partageant son savoir. L’occasion pour votre enfant bricoleur et habile de ses doigts de devenir un as de la réparation.
Même principe, une fois l’an et exclusivement avec des jouets lors du week-end Boîtes à outils au Musée du jouet à Bruxelles. Cette année, ce week-end tombe les 11 et 12 juillet.
Vous avez d’autres objets dont vous ne vous servez plus et qui ne méritent pas de valser à la poubelle ou dans le parc à conteneurs ? Pensez aux Donneries, Give Box et Gratifera (foire gratuite). Plusieurs noms pour un même concept : se débarrasser d’objets dont on ne se sert plus et les donner à qui veut.

Pour faire la même chose près de chez vous

Vous êtes nombreux à interpeller le Ligueur pour savoir où donner les jouets dont vos enfants ne se servent plus. Et si vous mettiez sur pied une Gratifera dans votre quartier ou à l’école de vos enfants ? Des conseils :

► Après avoir trouvé un lieu et une date, rappelez le concept de la Gratifera à vos voisins, vos amis : « Amenez ce que vous voulez ou rien du tout, repartez avec ce qui vous plaît ». Pas d’échange d’argent, ni même de troc.
► Les objets à donner doivent être propres et en bon état.
► Limitez-vous éventuellement à certaines catégories d’objets : jouets, vêtements, livres, matériel de puériculture…
► La Gratifera est un événement ponctuel : pensez à ce que deviendront les objets qui n’auront pas trouvé de nouveau propriétaire. Une piste : les donner à une association comme les Petits Riens ou la Croix-Rouge.

Anouck Thibaut

Bons plans

 La culture pour pas cher

La grande majorité des projets que nous avons retenus pour ce dossier sont des initiatives relativement nouvelles. En matière de partage d’objets culturels, n’oublions pas les bibliothèques,ludothèqueset médiathèques (devenues Point Culture). Des bons plans pour le portefeuille, mais aussi souvent des lieux de rencontres et d’activités en tous genres. Et si vous preniez le pli de les visiter le week-end ?

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Y avez-vous pensé ? Les parents autour de vous se posent peut-être les mêmes questions, attendent les mêmes coups de pouce, cherchent des solutions similaires. Ils ont peut-être aussi des tas de bons plans à échanger avec vous, question de s’épauler les uns les autres. Car la grande difficulté qui rassemble actuellement pères et mères, c’est le manque de temps… Et quand s’ajoute à ça le manque d’argent, le quotidien, comme dirait nos préados : « Ça craint ! ». Est-ce pour alléger tout ça qu’une nouvelle économie, dite de partage et appelée aussi co-consommation, se met de plus en plus en place ?

 

Ma semaine « Co »

C’est quand on est aux prises avec le quotidien que l’on se rend compte le soutien qui nous manque. Et c’est alors qu’on se met à gamberger et à se dire : « Ah, si je pouvais  organiser avec ma voisine, ou encore les copains, quelque chose qui nous dépannerait ! ». Tout ça pourrait rester qu’un vœu et pourtant, sur le terrain, il y a de plus en plus de projets-coups de pouce qui se créent. Jugez-en plutôt…

 
 

Rentrons-nous dans une société du « Co » ?

Alexandra Balikdjian, psychologue de la consommation (ULB) ne possède pas de boule de cristal. Mais elle observe de près notre société de consommation et en étudie les évolutions. Que pense-t-elle des systèmes de co : co-voiturage, co-location, co-achat… bref, tout ce qui transformerait l’hyperconsommation en co-consommation. Faut-il préparer nos enfants à cette nouvelle manière de vivre ?

 

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