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Les bébés ont besoin... de souffler

Jadis, un gros bébé était un beau bébé. S'il était gros, c'est parce qu'il était bien nourri et bien soigné, que ses parents avaient les moyens de le nourrir et de le soigner. On pensait également que manger était le principal, si pas le seul besoin d'un enfant et le bébé était souvent limité à son tube digestif. Or, avant la naissance déjà, le bébé est bourré de compétences.

Les bébés ont besoin... de souffler

Le bébé peut pleurer de faim, parce qu’il est l’heure, parce qu’il n’a pas terminé son dernier biberon… Mais le bébé peut aussi pleurer de froid, de sommeil ou simplement parce qu'il a envie d'être cajolé ou parce qu'il est énervé : faut-il alors aussi lui donner le biberon pour le consoler ?
Le tout-petit qui reçoit à manger chaque fois qu'il pleure n'apprendra pas à nuancer ses besoins ni ses émotions. C’est comme s’il se disait : « Chaque fois que je suis mal, je reçois à manger ». Et plus tard, lorsqu’il se sentira un peu chiffonné, il fouillera le frigo à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent.
Mais, aujourd’hui, il y a d'autres manières de gaver les enfants : trop d'excitations, trop de cadeaux, trop de protection.

GAVÉS DE CADEAUX, GAVÉS D’EXCITATIONS
Avez-vous imaginé que lorsque vous allez chercher votre bébé après de longues heures à la crèche, et que, papa et maman rassemblés, vous voulez absolument profiter de lui au maximum avant l’heure du coucher, votre pauvre petit loup entame alors une seconde journée ? Vous jouez avec lui, vous chantez avec lui, vous lui faites faire des cabrioles… Vous l'emmenez partout, chez les copains, au resto, parfois même en soirée.
C’est bon pour lui, pour vous, de rire et de jouer ensemble, mais les bébés ont besoin d'avoir leurs heures de sommeil, leur temps de repos. La journée à la crèche a été, pour eux, pleine d'expériences et d'apprentissages. Ils ont besoin, le soir, d'un temps d'apaisement, de câlins tout doux pour se préparer à passer une bonne nuit.
Certains bébés sont gavés de cadeaux en tous genres, comme si les montagnes de peluches et de jouets dernier cri étaient un signe d'amour. Ça l’est d’ailleurs pour certains d’entre vous qui pensez compenser ainsi le temps que vous ne pouvez consacrer à votre enfant. Peut-être aussi retournez-vous en enfance et achetez-vous l’un ou l’autre jouet… d’abord pour vous. Quoi qu’il en soit, tous ces objets étouffent votre tout-petit qui ne sait plus où donner de la tête. Un peu plus de temps avec lui, un temps de qualité bien sûr, serait tellement bienvenu plutôt que les montagnes de joujoux.
Il y a aussi des enfants trop protégés, qui vivent dans un cocon loin du bruit et de l’agitation. À la maison, il faut enlever ses chaussures pour ne pas les réveiller, des barrières sont installées partout pour éviter la moindre chute et leur alimentation est sans surprise, toujours la même. Une vie aseptisée, en sorte ! Que vont-ils faire, ces pauvres bébés, en grandissant ? Ils risquent d’avoir peur du copain qui crie, du petit vélo sans pédales, du bruit, de l'eau, du chien, du chat…

PARENT DU JUSTE MILIEU
En le stimulant trop, en lui donnant trop, en le protégeant trop, vous croyez sans doute offrir le meilleur à votre petit. Tous ces « trop » sont probablement le reflet de votre peur de ne pas en faire assez, de ne pas correspondre à l’image du bon parent que l’on vous met, à tout bout de champ, sous le nez.
Or, vous l’êtes, ce bon parent, pourvu que vous soyez le plus naturel possible, ni dans le trop, ni dans le trop peu. Un parent qui permet à son petit de faire des expériences selon son évolution, ses compétences, un parent qui lui donne l’occasion de vivre des moments d'excitation et de fête sans excès…
Pour chaque enfant, le juste milieu est différent. Difficile de le trouver quand on a peur de mal faire, quand on a envie de donner à son enfant tout ce qu'on n’a pas eu et parfois même encore plus. Le psychanalyste Winnicott disait que les enfants ont besoin d'avoir des parents « suffisamment bons », pas des parents parfaits qui veulent trop faire pour leurs enfants.
C'est vrai qu'à l'heure actuelle, il est difficile de réussir à mener une vie de famille tranquille. La vie au boulot est trépidante, la société de consommation éreintante, les nouvelles technologies (GSM et Internet) absorbantes… Tout cela bouffe beaucoup de temps et rend finalement les parents peu disponibles pour des moments de détente. Des moments où ils pourraient observer leur enfant, le regarder grandir. Tout simplement.

Mireille Pauluis

EN PRATIQUE

  • Petit rappel : répondre aux pleurs du bébé uniquement par un biberon accentue le risque de faire de lui un adulte obèse.
  • À tester : au moment des retrouvailles après la crèche et le boulot, s'asseoir cinq ou dix minutes au salon ou dans la cuisine. On gagne un temps fou : les retrouvailles sont faites et la journée peut se poursuivre dans la tranquillité.
  • Le matin, faire une provision de câlins pour une séparation toute en douceur au moment de l’arrivée à la crèche.
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Le langage des pleurs

Les bébés nous disent beaucoup de choses sur ce qu'ils ressentent et ce qu'ils vivent tant à la crèche qu'à la maison. Ils ne peuvent évidemment pas encore le dire avec des mots. Alors, ils le manifestent dans leurs sourires, leurs pleurs, leurs comportements face à la nourriture, leur sommeil, leur agitation ou leur trop grand calme.

 

Quand trop de conseils vous font tourner la tête…

Un jour, on devient parent et c’est pour la vie. Et tous les jours de cette vie, il va falloir imaginer, inventer, s'adapter, évoluer car, tous les jours, cet enfant qui vous a fait parent va grandir, se développer, vous poser de nouvelles questions. Bien sûr, les études basées sur l’observation des enfants montrent que, dans les grandes lignes, ils passent tous par des stades assez prédictifs. Reste qu’il n’y a pas de réponses toutes faites aux questions que pose l’éducation de votre petit.

 

Quand le sommeil de bébé est sous haute surveillance

Après sa naissance, Elliot a dû rester hospitalisé pour raison médicale. À l’unité de néonatologie, il était d’office sous monitoring comme tous les autres enfants, mais un examen du sommeil a montré des anomalies et, après quelques semaines, Elliot est rentré à la maison sous surveillance cardio-respiratoire.

 

Elle ne veut plus me faire de câlins

Il y a peu encore, votre enfant se blottissait contre vous à la moindre petite contrariété, vous sautait dans les bras à la sortie de l’école et réclamait un gros câlin avant de faire dodo. Désormais, c’est du bout des lèvres qu’il vous fait un bisou. Qu’a-t-il pu bien se passer ? 

 
 
 
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