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Les dangers du binge drinking

Quand lesjeunes font la fête, ils boivent de l’alcool. Ils en consomment parfois à outrance. Ce peut être dangereux pour leur self-contrôle et pour leur activité cérébrale à long terme.

Les dangers du binge drinking - Thinkstock

Quel que soit la période ou le prétexte, nos ados et étudiants font la fête… en buvant de l’alcool. Et l'alcool et ses effets peuvent être dangereux. L'état d'ébriété peut conduire à des incidents. Le jeune Thomas, étudiant en troisième année à l’UCL, est décédé après une soirée bien arrosée, en chutant d’un pont. Son père a même écrit une lettre ouverte à tous les guindailleurs pour les sensibiliser aux conséquences de l'acool.

Bon, rien ne sert de les en empêcher. Leur interdire de sortir ou de consommer de l’alcool risquerait de renforcer encore leur désir de se cacher pour boire et de consommer des alcools forts à l’abri des regards. Autant tolérer, et pour peu qu’on ait encore quelque chose à dire, les sensibiliser aux effets de l’alcool et du binge drinking, non seulement sur la possession de ses moyens, mais aussi sur le cerveau.

On ne perd pas de neurones, mais...

Le binge drinking consiste à boire rapidement de grandes quantités d’alcool, avec pour objectif affiché d’arriver aussi vite que possible à un état d’ébriété avancé. Le phénomène, aussi appelé « biture express » est très fréquent chez les jeunes et conditionné par un contexte de fêtes ou de vie estudiantine.
Mais voilà, il semble que le binge drinking, même « modéré » - l’absorption d’une dizaine de bières, une à deux fois par semaine - aurait déjà des effets très néfastes sur le cerveau. « Il y a un ralentissement des activités du cerveau durant les tâches de mémoire. Le cerveau fonctionne moins vite et moins intensément », observent Pierre Maurage (UCL) et Salvatore Campanella (ULB).
Qu'on ne se méprenne pas avec les conséquences, bien plus graves, de l'alcoolisme. Le binge drinking reste social et n'occasionne pas de « trous » dans le cerveau, comme on l'entend parfois à tort. « Il n'y a pas de pertes de neurones, ou de lésions (disparition de substance cérébrale), comme c'est le cas dans l'alcoolisme », tient à souligner Pierre Maurage, de l’Unité des neurosciences cognitives de l’UCL.

Les effets persistent après les guindailles

Par contre, plus on commence à boire tôt, plus l’impact sur le cerveau est important. « Les effets sont les mêmes sur les cerveaux en maturation, mais sont plus intenses et plus rapides sur ceux des plus jeunes », explique le chercheur, en parlant des 15-18 ans.
Mais quel que soit l'âge, les effets de l’alcool ne s’arrêtent pas le lendemain au réveil. Pour les deux chercheurs, des dysfonctionnements cérébraux importants peuvent apparaître après seulement 9 mois de consommation excessive d’alcool. « Il y a toujours des effets dus à la consommation d’alcool les mois qui précèdent : moins de capacités à se concentrer, à mémoriser… Les effets persistent dans le temps même lorsqu’on n'en consomme plus », précise Pierre Maurage. Mais on ne sait actuellement pas combien de temps.
Inutile de penser qu’on est prêt à affronter le blocus et les examens avec toutes les capacités d’un cerveau frais et dispo. Si nos jeunes boivent pendant toute l’année, les effets néfastes de l’alcool demeurent pendant la période des examens. Nos étudiants adeptes du « Je guindaille l’année, je m’arrête en mai » peuvent donc revoir leur copie.

Stéphanie Grofils

Quelques chiffres

  • 7 adolescents sur 10 consomment de l’alcool (Solidaris-RTBF-Le Soir) ;
  • 4 % des ados interrogés admettent qu’ils auraient besoin d’aide pour arrêter de boire ;
  • l’alcool serait responsable d’un décès sur quatre, chez les 15-34 ans, en France ;
  • c’est à partir de 10 ans que les jeunes goûtent à l'alcool pour la première fois (Crioc).

En savoir +

Retrouvez ici la lettre ouverte du papa de Thomas décédé après une soirée trop arrosée.

Retrouvez ici l’étude du CRIOC sur les jeunes et l’alcool.

Découvrez ici tous les outils et actions de l'asbl Univers Santé sur la consommation d’alcool par les jeunes.

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