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Les écoles libres seront-elles sacrifiées ?

La Communauté française envisage de geler les subventions de fonctionnement des écoles libres. Ce qui risque de handicaper la gestion quotidienne des établissements.

Les écoles libres seront-elles sacrifiées ?

Chauffage, réparation, bonne organisation de l’école d’un point de vue matériel, salaire des ouvriers et des secrétaires… Ces charges pourraient souffrir d’un manque de financement à court, moyen et long terme dans les écoles libres, communales et provinciales.

Les gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française doivent décider prochainement s’ils gèlent les dotations de fonctionnement des écoles appartenant au « réseau subventionné », dans la foulée des débats budgétaires pour 2013 et 2014.

La gestion quotidienne en souffrance

Le gel de ces subventions risque de handicaper davantage l’organisation des écoles secondaires libres. « Cet argent sert à la gestion quotidienne de l’école », s’inquiète-t-on au Collège N-D de Bonne-Espérance. Cet établissement, installé dans l’enceinte de l’ancienne abbaye éponyme, peine à suivre les dépenses liées à l’entretien des bâtiments, qui accueillent des classes de maternelle, primaire, secondaire, et un internat secondaire.

« Ça va poser problème. Les bâtiments ne sont pas adaptés pour être une école à la base. Donc les frais d’entretien sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs. Et rien qu’en chauffage, on consomme environ 230 000 litres de mazout par an », explique Madame Stéphane Lambotte, économe du Collège. Dans une moindre mesure, même les écoles « classiques » rencontreront des difficultés à entretenir leurs bâtiments.

Un traitement inégal

Au Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec), on tient à souligner que l’enseignement libre est déjà obligé de fonctionner avec des moyens très réduits. « On n’atteint même pas les 75% de dotations accordées aux écoles du réseau de la Communauté, pourtant prévus par l’accord de la Saint-Boniface (2001). Et dans le secondaire, le complément promis pour gérer les frais de fonctionnements ne seraient pas versés à terme », affirme-t-on au Segec.

 « Á court terme, la priorité est de respecter le décret de 2001 qui prévoit d’assurer à l’enseignement libre un subventionnement égal à 75 % de l’enseignement du réseau de la Fédération Wallonie-Bruxelles », rappelle Étienne Michel, le directeur du Segec. Il propose aussi à la Communauté française de faire réaliser « une étude indépendante » pour faire l’inventaire des différences de traitement entre les écoles libres et les écoles officielles.

Stéphanie Grofils – 23/09/2013

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