Vie de parent

Les grands-parents,
les maillons essentiels

Quelle grand-mère n’a pas exprimé sa joie de retrouver chaque mercredi ses petits chéris à la sortie de l’école ? Les vacances, c'est l’occasion pour les grands-parents d’entrer en scène au quotidien ! Mais les relations trigénérationnelles, voire plus, sont-elles forcément faciles ?

Les grands-parents, les maillons essentiels

« Lorsque je n'étais pas encore grand-père, confie Gérard, je m'amusais de voir des amis renoncer à leurs activités hebdomadaires en scandant :Je ne peux pas cette semaine, j'ai mes petits-enfants !’. Aujourd’hui, je me rends compte combien c'est vrai. » Pour Gérard et Marie-Noëlle, les petits-enfants sont leur priorité. Week-ends, vacances, toutes ces occasions sont des aubaines. Mais pour que ce temps partagé soit de qualité, il vaut mieux fixer ensemble des règles du jeu. Cela permet à chacun de vivre ensemble en évitant le plus possible de tomber dans le laxisme sous prétexte qu'ils ne les voient pas souvent.


« On décide ensemble de l'heure du petit déjeuner, en fixant une limite même si ce sont les vacances et qu'on se repose. On laisse plus de libertés sur le repas de midi où chacun peut picorer à sa guise. Par contre, le repas est pris ensemble, en famille, tous les soirs. Passer des vacances avec ses petits-enfants, c'est le moyen d'établir ou de renforcer l'existence d'un lien individuel avec eux. Mais il ne s'agit pas de se substituer à l'autorité des parents ou de critiquer les règles de vie qu'ils ont ensemble. Ce n'est pas notre rôle ».

Diversité des relations

Trop jeunes, trop occupées, trop indépendantes, certaines mamys actives ne s’imaginent pas une seule seconde en « mamys gâteaux ». Bien qu’elles n’aient rien contre leurs petits-enfants, elles ne souhaitent pas leur consacrer leurs mercredis et leurs week-ends, jouer les taxis ou les cantinières…

À 50, 60 ans, elles sont de plus en plus nombreuses à oser dire qu’elles ne veulent pas être grand-mère ! Comment expliquer ce phénomène ? Il existe une diversité et une infinie variété des relations possibles avec les petits-enfants. Il est vrai qu’en cinquante ans, la représentation des grands-parents s’est totalement modifiée : les petits vieux ont été remplacés par des seniors hyperdynamiques. Mais ces deux images sont sans doute excessives.

Le rôle qu'on leur donne

Dans la réalité, ils disposent rarement de cette joyeuse liberté que l’on imagine : ils remplissent souvent le rôle qui leur est en fait dévolu par les parents. D’ailleurs, entend-on encore un « Cela te ferait-il plaisir d’avoir les enfants ce week-end ? », au lieu du désormais classique « J’aurais besoin que tu me les prennes… » ?

Explicitement ou implicitement, les grands-parents sont délégués auprès de leurs petits-enfants par les parents à qui, normalement, ils - et particulièrement la grand-mère - rendent des comptes de ce qui se passe. S’ils peuvent avoir autorité sur leurs petits-enfants, c'est toujours en référence aux désirs des parents.

Une distance imposée

Nicole, 61 ans, mère de deux enfants et grand-mère, a décidé de ne pas (trop) s’occuper de ses trois petits-enfants. Décidé ? Disons que, très vite, les rôles ont été distribués. « Ma fille donne une éducation extrêmement sévère à ses deux enfants. Le contraire de ce qu’elle a vécu avec moi. Je l’admire et, dans le même temps, je pense qu’elle est trop carrée. Elle ne tient absolument pas à ce que j’intervienne dans leur éducation ». Peur ? Règlement de compte entre mère et fille ?

« Bien que nous travaillions ensemble, il y a beaucoup de non-dits entre nous. La sphère intime couple-enfants n’est quasiment jamais abordée. Je ne lui en veux pas du tout. Bien sûr, je vois mes petits-enfants comme roue de secours logistique. Ils savent que je les aime beaucoup malgré la distance instaurée par leur mère. Je ne cherche pas à m’opposer à ma fille. Mes petits-enfants me connaissent. Ils me montrent de l’affection que je leur rends lors des anniversaires et des fêtes. Je leur donne des cadeaux, je les emmène au cinéma. Rien que du divertissement… quand j’ai le temps. »

Corinne Le Brun

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Les grands-parents, disponibles à n’importe quel prix ?

« Louison est malade et, vendredi, il y a journée pédagogique à l'école des enfants.
- Téléphone à Mamy et profites-en pour lui dire qu'on aimerait prendre un petit week-end à deux les 25 et 26.
- Je ne sais pas si elle sera libre…
- Elle ne travaille pas, elle peut toujours s'arranger. Et puis, cela lui fait plaisir qu’on fasse appel à elle… »