Les grands-parents se racontent : jouer avec les petits-enfants

Êtes-vous un grand-parent jouette et si oui, quels sont vos jeux fétiches ? Datent-ils de votre enfance ou choisissez-vous plutôt le jouet dernier cri ? En inventez-vous avec vos petits-enfants ? Peut-être jouez-vous à saint Nicolas en offrant des jeux sans nécessairement mettre la main à la pâte parce que les activités ludiques, ce n’est pas vraiment votre truc. La santé de vos petits-enfants, leur confort vous préoccupent davantage. Rencontre avec Gabrielle, Christian, Annie, Tiana et les autres… en cette veille de Saint-Nicolas.

Les grands-parents se racontent : jouer avec les petits-enfants

► Thierry, 62 ans
Quand mes petites-filles viennent chez nous, cela va de soi qu’on va jouer.
Le temps nous manque ? Nous sommes priés d’annoncer que « la salle de jeux » est fermée !

Thérèse, 66 ans, le temps devant soi
Moi aussi, je joue depuis toujours avec mes petits-enfants qui ont aujourd’hui 14 et 10 ans. J’ai trois armoires pleines de jeux et j’en achète encore l’un ou l’autre à la brocante. Mes petits-fils passent en coup de vent ? Je laisse tout tomber pour faire avec eux une petite partie de Set ou de Speed, deux jeux basés sur l’observation et la vitesse. Contents, ils repartent aussitôt et je reprends mon activité abandonnée pour la cause…

Frédéric, 69 ans, complice
Nous aussi, on donne beaucoup de temps au jeu. Nos petits-enfants attendent ça. Plus ils grandissent, plus c’est intéressant. On apprend à mieux les connaître… Ma petite-fille Clara, 10 ans, est maligne comme un singe. Quand elle voit que je perds, elle est prête à partager son jeu, par gentillesse sûrement, mais aussi par intérêt : elle veut que le jeu dure le plus longtemps possible ! Je fais comme si je n’avais pas compris le stratagème…

Paulette, 65 ans, une pensée pour chacun
La semaine dernière, nous nous sommes tous retrouvés en vacances dans un gîte. C’était moi, la mamy, qui était responsable des soirées-jeux. J’ai cinq petits-enfants, j’ai fait un sac de jeux de manière à ce que chacun ait son préféré, papy compris. Le puzzle pour Elliot, 6 ans, le Stratégo pour Noé, 9 ans, le Mito pour Charlotte, 10 ans, le Rummykub pour Elise, 14 ans, La cité perdue pour Marion 17 ans. Et les échecs pour papy et son fils. J’aurais bien pris le Rummykub des lettres dont je raffole, mais personne ne veut jouer avec moi !

Jeanne, 56 ans, à ses dépens
Mes petits-enfants adorent les jeux où l’on doit dessiner comme le Pictionnary. Mais ce qui les fait vraiment rire, c’est ma totale incompétence pour le dessin. Le vrai jeu, c’est moi qui essaie tant bien que mal de griffonner une vache, par exemple…

Annette, 59 ans, observatrice
J’avoue ne pas trop aimer les jeux de société. Un défaut sans doute pour une grand-mère. Par contre, je n’ai aucun problème à laisser de l’espace à mes petits-enfants pour jouer à se déguiser, par exemple, avec mes vêtements et mes chaussures. J’aime les regarder heureux, pris par les histoires qu’ils inventent à n’en plus finir. Leur bonheur m’apaise.

Marinette, 69 ans, pour de vrai
Mon petit-fils, 5 ans, ouvre chaque semaine son restaurant dans ma cuisine. Il sort tout ce qu’il y a comme casseroles dans mes armoires, les aligne sur une table basse et prépare son menu toujours fait de frites, de spaghettis et de mayonnaise. Je suis sa cliente la plus fidèle. Et dire que ma fille s’échine à lui cuisiner des carottes, poireaux et autres légumes qu’elle va acheter dans un magasin bio !

Jérémie, 63 ans, joue le jeu
Ça m’amuse de les voir imiter les grands ! Quand ils jouent à la dînette, j’en rajoute toujours un peu : quelques raisins dans l’assiette, de la confiture dans le poêlon, du pain sur la planchette et le goûter (pour du vrai, celui-là) est prêt. Tout ça dans la dînette de leur tante, quand elle avait leur âge !

Christian, 71 ans, créatif
Nous avons une cabane au fond du jardin. À chaque visite, quand le temps le permet, mes petits-fils, 7 et 9 ans, s’amusent à sortir tout ce qu’on y entasse. Je me suis pris au jeu et je rajoute régulièrement l’une ou l’autre chose. Le grand carton de la nouvelle télé, par exemple. J’attends de voir ce que cette boîte va devenir et chaque fois mes petits-fils me bluffent ! C’est fou, l’imagination qu’ils déroulent. La « pièce montée » est alors gardée précieusement jusqu’à la prochaine visite… où l’on jettera la chose pour raison de moisissures. (Rires)

Christine, 64 ans, impatiente
Je n’aime pas trop jouer. Pas de chance, mon petit-fils, 4 ans, ne sait pas rester deux minutes seul devant sa plasticine ou devant tout autre jeu. À tout moment, il m’appelle. C’est un peu de trop !

Sylviane, 66 ans, fatiguée
Moi non plus je ne suis pas une grande joueuse. Est-ce pour cela que mes petits-enfants qui ont 5 et 7 ans et demi, m’épuisent ? Que ce soit sur le trampoline ou le toboggan, dans leur bain ou dans leur chambre, je dois tout le temps les regarder, tout le temps les écouter. Quand je n’en peux plus, je les mets devant un dessin animé pour souffler un peu.

Martine, 64 ans, souvenirs, souvenirs…
Le goût pour le jeu dépend peut-être de ce qu’on a vécu dans son enfance. Je me souviens que je jouais au Nain jaune avec ma grand-mère et à l’Halma, un jeu de stratégie, avec mon père.

Paul, 72 ans, pour les plus grands
Jouer avec les plus petits à Spiderman ou aux pirates, c’est rigolo, mais pas trop longtemps. J’avoue préférer m’adonner aux jeux plus codifiés avec mes aînés.

Claude, 63 ans, inquiet
Ma petite-fille de 5 ans se raconte énormément d’histoires quand elle joue. Et moi, j’avoue que je laisse traîner mes grandes oreilles à son insu car elle ne demande pas que je l’écoute. Comme elle est enfant de parents séparés depuis peu, je suis particulièrement attentive à ses états d’âme. La fois passée, elle jouait avec ses peluches et remettait en scène ce qu’elle avait vécu les dernières heures : quitter maman pour rejoindre papa. Ce n’était pas très drôle, il y avait beaucoup de tristesse dans ses paroles. Je ne suis pas intervenu, mais j’en ai parlé à mon fils quand il est venu la rechercher

Mathilde, 61 ans, instit dans l’âme
On sait tellement peu de chose sur ses petits-enfants qui fréquentent des lieux qui nous sont inconnus. Pourquoi ne pas profiter de cette possibilité de savoir comment ils vivent au quotidien l’école, les activités extrascolaires ? Et puis, à travers le jeu de société surtout, on peut suivre leur évolution, comprendre la manière dont ils raisonnent, s’ils ont confiance en eux, s’ils peuvent s’armer de patience…

Myriam Katz

Zoom

Le marché du jouet vous aime bien

Selon une enquête de l’Institut d’étude NPD faite en France en 2012, 90 % des grands-parents achètent au moins un jouet chaque année et le budget qu’ils y consacrent reste stable. Gageons que vous, les grands-parents belges, vous êtes tout aussi généreux. Mais qu’achetez-vous ? Pour en savoir plus, le Ligueur a rencontré Anne qui tient au sud de Bruxelles, un magasin de jouets appelé joliment À vos souhaits. Elle le confirme : vous êtes des clients plutôt ouverts, prêts à prendre le temps de tester le jeu ou le jouet… et à vous laisser séduire. Anne s’emploie d’ailleurs à vous ouvrir de nouveaux horizons.

► Cherche Playmobil : « Beaucoup de grands-parents entrent dans la boutique et demandent des Lego ou des Playmobil. Ils ne prennent guère de risques, leurs petits-enfants seront toujours ravis de compléter leur gamme. Mais j’essaie quand même de les rendre plus audacieux, de se tourner vers des jeux de construction, de société qui font tout autant marcher l’imagination de l’enfant. Et ça marche ! Les papys et mamys sont ravis de découvrir autre chose que ce qu’ils connaissaient… »

► Tout sauf l’écran : « D’autres grands-parents entrent dans la boutique franc battant en sachant pertinemment bien ce qu’ils veulent : éloigner à tout prix leurs petits-enfants des écrans, du moins chez eux. Et, ô paradoxe, lorsque je leur montre un jeu de société, certains se retrouvent déconfits : ‘Ah mais… je dois jouer avec lui, alors ?’. Je crois qu’ils réagissent ainsi parce qu’ils manquent plus de temps que d’entrain à jouer. Je les entraîne alors vers des jeux rapides dont les règles sont faciles. »

► Belle-mère terrorisée : « Les belles-mères qui craignent le mécontentement de leur belle-fille sont, à mon grand étonnement, nombreuses. Là, c’est quitte ou double. Soit, ces grands-mères rient en m’écoutant et se lâchent, bien décidées à offrir ce qui leur plaît, soit elles sont pendues au GSM en écoutant le prescrit de leur belle-fille. Évidemment, j’obtempère. »

► Tout est pédagogique : « Enfin, il y a les grands-parents préoccupés par les apprentissages qui se font piéger par les jeux pédagogiques. Si je réussis à capter leur attention et à les mettre à table autour de l’un ou l’autre jeu, ils ont vite compris qu’à partir de tout jouet, de tout jeu, l’enfant peut apprendre mille choses : par exemple, respecter la règle, attendre son tour, supporter de perdre… À la fin de la démonstration, ils sont pressés de jouer avec leur petit-fils ou leur petite-fille. Et moi, j’ai gagné (sans mauvais jeu de mots !) ma journée ! »