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Les idoles des jeunes font la pub de l’alcool

Des clips visionnés par les ados sur YouTube font l’apologie de l’alcool. Comment prévenir les jeunes alors que même leurs stars préférées font du placement de produits ?

Les idoles des jeunes font la pub de l’alcool

Pharell Williams, Beyonce, Robin Thicke… Ils en sont fans. Et leurs idoles, ils les imitent. Les annonceurs l’ont bien compris et sollicitent les artistes au placement de produits dans leurs clips. Sur Youtube, les images incitant les adolescents à boire de l’alcool et à fumer pullulent.
« Ce média est beaucoup plus utilisé par les plus jeunes. L’image de l’alcool et du tabac y est présentée de manière positive et comporte parfois même les marques que les producteurs veulent mettre en avant, indique une étude britannique. Les jeunes exposés à des images ou des descriptions de contenu qui évoquent l’alcool ou le tabac seront plus enclins à commencer une consommation de ces produits. »
Ces clips seraient visionnés cinq fois plus par les adolescents que par les adultes. Ce sont les filles âgées de 13 à 15 ans qui y seraient les plus exposées, d’après les résultats de l’étude.

Aucun contrôle

S’il existe un contrôle de ces images pour les films, rien ne régule les clips diffusés sur internet. Ces vidéos, faisant l’apologie de l’alcool surtout, circulent librement, sans frontières, et se partagent facilement. Les images, vues et revues, font alors leur chemin dans la tête des ados.
« Les placements de produit dans ces clips sont d’une efficacité redoutable, réagit Martin de Duve, porte-parole du réseau Jeunes et alcool. Ces vidéos jouent énormément sur les émotions : sexualité, désir, puissance… Les jeunes y sont plus sensibles car le cortex pré-frontal de leur cerveau, siège de la raison et de l’inhibition, est encore immature. Les publicités ont donc plus d’impact sur eux. »

Question de santé

Les adolescents, en quête d’identité, se retrouvent vite entre potes au night shop pour tester le produit, l’adopter peut-être, et cultiver ainsi leur image de jeune « trop stylé ». Mais les ados aiment aussi dépasser leurs limites. Et lorsqu’il s’agit d’alcool, l’excès peut nuire à leur santé.
« Les jeunes sont plus vulnérables à une série de produits, dont l’alcool », rappelle Martin de Duve. L’alcool peut en effet abîmer le cerveau des jeunes de manière irréversible.

Dialogue et esprit critique

Bon, rien ne sert de les empêcher de sortir ou de consommer de l’alcool. Soyons réalistes et cohérents. Autant tolérer, modérément, tout en ouvrant le dialogue :

► les éduquer à l’esprit critique à l’égard de ces images en admettant que les adultes aussi sont des consommateurs et ont des comportements influencés par le marketing et la publicité.
► parler avec eux des effets de l’alcool, non seulement sur la possession de ses moyens, mais aussi sur le cerveau.

Stéphanie Grofils

Éducation et lobby

Petite découverte en cherchant à contacter les professionnels de la prévention à la consommation d’alcool chez les jeunes : derrière le site educalcool.be se trouve la Fédération belge des Vins et Spiritueux rassemblant les producteurs, conditionneurs, importateurs, distributeurs, aussi bien les petites et moyennes entreprises que les multinationales.

Ils rappellent quand même quelques règles importantes aux jeunes :

  • Ne pas dépassez vos limites même si vos potes vous y incitent et évitez les excès.
  • Avant 16 ans, ne buvez jamais de boisson contenant de l’alcool, parce que toute consommation peut ralentir ou stopper le développement de certaines zones de votre cerveau.
  • De 16 à 18 ans, vous avez le droit d’acheter et de consommer de la bière ou du vin, mais sachez que deux ou trois verres sont suffisants pour vous amener à un état d’ivresse où vous ne contrôlerez plus les événements.
  • Votre cerveau peut subir des lésions irréversibles si vous vous adonnez au « binge drinking » (boire beaucoup très vite).
  • Jusqu’à 18 ans, s’abstenir est la meilleure chose à faire. Au pire, si vous prenez une unité de bière ou de vin, passez immédiatement après à des boissons non alcoolisées. Et si vous ne vous abstenez pas, assurez-vous au moins que vous êtes en bonne compagnie, avec des amis sûrs.

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