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Les papas aussi aiment pouponner

Concilier vie familiale et vie professionnelle, un challenge réservé aux mères ? Point du tout. Aujourd’hui, de plus en plus de pères éprouvent l’envie de passer du temps avec leur(s) enfant(s). Pas toujours simple quand on a un job prenant. À moins de prendre un congé parental…

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« Des 9 aux 15 mois de mon fils, j’ai pris un congé parental à mi-temps. Et je ne le regrette pas du tout. Ça m’a permis de créer une vraie relation avec lui. J’avais le temps de le conduire à la crèche le matin et d’aller le rechercher tôt l’après-midi. Ça me permettait aussi de le garder quand il était malade et d’assumer plus de tâches ménagères. Je le recommande pleinement, surtout à partir des 10 mois de l’enfant, quand il s’ouvre au monde extérieur », raconte Nicolas, papa d’un petit garçon de 20 mois. 

Prendre le relais de la maman…

Et chaque année, ils sont de plus en plus nombreux, ces papas qui, comme Nicolas, optent pour un congé parental. Si en 2000, ils n’étaient que 8 000 à le demander, en 2011, ils étaient dix fois plus ! Près de 76 000 travailleurs ont pris un congé parental cette année-là. Aujourd’hui, concilier vie familiale et vie professionnelle est une des grandes préoccupations de tous les parents.
Renaud aussi a fait ce choix peu après la naissance de chacune de ses filles, âgées aujourd’hui de 2 et 5 ans. « Aux 3 mois de mes filles, j’ai pris un congé parental. Cela coïncidait avec le retour au travail de mon épouse. Avec l’aînée, on a un peu improvisé. Quand elle a eu 3 mois, on n’avait toujours pas de crèche et on la trouvait très petite pour la laisser en collectivité. J’ai donc demandé un congé parental à mon employeur et je me suis occupé d’Inès en journée jusqu’à ses 6 mois. De temps en temps, je la confiais à ses grands-parents pour souffler ou prendre du temps pour moi. Pour la seconde, on a fait pareil. Et franchement, je trouve que c’est un bon deal. La maman donne tellement les trois premiers mois que j’étais heureux de prendre le relais. C’est clair que dix jours de congé de paternité, c’est peu pour un papa qui veut s’impliquer dès le début. Et comme les premières nuits sont souvent courtes, on n’est pas toujours très efficace au boulot. »

… ou rester en retrait

Mais ne généralisons pas trop vite : tous les pères n’ont pas forcément envie de pouponner leurs petiots. Certains préfèrent s’épanouir dans leur job ou leurs loisirs.
« Chez nous, c’est ma femme qui gère l’éducation des enfants. C’est un choix de couple. Moi je bosse, je ramène l’argent et je retape notre maison. Et elle a décidé d’être maman à temps plein. Ça nous convient tout à fait. Ma femme a toujours rêvé d’être maman. Et moi, même si j’adore mes fils, je ne me vois pas m’occuper seul d’eux tous les jours. Ils sont trop petits. Je me sens maladroit avec eux. Ce n’est pas mon truc. Gazouiller avec un bébé, c’est un peu comme parler à son rétroviseur. Je n’en vois pas l’utilité. Alors, un congé parental, c’est pas trop pour moi. Peut-être que je changerai d’avis quand ils grandiront, rien n’est définitif. Mais pas pour l’instant », nous confie Quentin, papa de deux garçons de 2 ans et 1 mois.
Et puis, il y a les pères qui s’organisent autrement pour pouvoir passer du temps avec leurs bambins. « Je suis indépendant, donc assez flexible dans mes horaires. Parfois, je fais des longues journées, même le week-end, et je ne vois pas mes enfants du tout. Ils partent alors avec leur maman en excursion ou vont visiter la famille. Et puis, d’autres jours, j’en profite à fond. Le mercredi, par exemple, je travaille souvent à la maison le matin et je passe l’après-midi avec eux, j’adore. Mais si je les voyais autant tous les jours, pas sûr que j’en profiterai de la même manière », explique Christophe, papa d’une petite fille de 1 an et demi et de deux garçons de 5 et 7 ans.

Une question de temps

Un peu malgré lui, Cédric trouve aussi du temps en semaine pour découvrir son nouveau rôle de papa. « Je suis en préavis… donc, j’ai d’office un jour de congé par semaine. Ça m’angoisse un peu de perdre mon job, car on a un emprunt à rembourser et que ma femme est en congé de maternité. Mais au moins, je peux passer du temps avec elle et notre bébé. Et ça, c’est plutôt positif », déclare ce papa depuis douze jours.
Si les pères semblent en général plus impliqués qu’avant dans leur sphère familiale, ils ne sont pas pour autant à l’abri d’un coup de mou ou d’une envie d’ailleurs… Et pour certains, c’est paradoxalement le congé parental qui leur permet de souffler. C’est le cas de Jean-Pierre, que sa femme dénonce gentiment : « Mon mari a pris un congé parental… mais pas pour s’occuper de nos enfants, au contraire. Il avait besoin de voir autre chose que son quotidien de papa, de prendre un peu de temps pour lui. Il est donc parti un mois à l’étranger pour réaliser un vieux rêve. Il voulait faire du trekking en montagne ». Partir est parfois une autre manière de se ressourcer pour revenir plus disponible pour ses enfants…

Estelle Watterman

AUTANT SAVOIR

Le congé parental, comment ça marche ?

En Belgique, pour tout enfant né ou adopté après le 8 mars 2012, chaque travailleur - père ou mère - a droit à un congé parental de 4 mois à temps plein, 8 mois à mi-temps ou 20 mois à 1/5e temps. Ce congé peut être scindé en blocs d’un mois pour un congé à temps plein, en blocs de deux mois pour des congés à mi-temps ou en blocs de 5 mois pour des congés 1/5e temps.
Petit bémol pour les enfants nés avant le 8 mars 2012, le congé parental est plus court. Il peut durer 3 mois en temps plein, 6 en mi-temps ou 15 en 1/5e temps.
Ce congé est valable jusqu’aux 12 ans de chaque enfant, avec un prolongement jusqu’aux 21 ans des enfants porteurs d’un handicap.

Un congé, c’est bien, mais est-ce payé ?

Oui, un peu. L’ONEM verse environ 700 € par mois pour un congé temps plein, 325 € pour un congé mi-temps et 110 € pour un congé 1/5e temps. Vous pouvez trouver les indemnités précises pour chaque situation sur le site de l’ONEM.

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Le congé parental est passé de 3 à 4 mois depuis le 1er juin dernier. Il permet à certains travailleurs d’interrompre leur travail ou de réduire leur temps de travail pendant une certaine durée. Il est accordé à chaque parent pour chaque enfant. Mais tous les parents sont-ils concernés ?

 

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Quand trop de conseils vous font tourner la tête…

Un jour, on devient parent et c’est pour la vie. Et tous les jours de cette vie, il va falloir imaginer, inventer, s'adapter, évoluer car, tous les jours, cet enfant qui vous a fait parent va grandir, se développer, vous poser de nouvelles questions. Bien sûr, les études basées sur l’observation des enfants montrent que, dans les grandes lignes, ils passent tous par des stades assez prédictifs. Reste qu’il n’y a pas de réponses toutes faites aux questions que pose l’éducation de votre petit.

 

Au bonheur des pères

Pour Jean Le Camus, professeur émérite en psychologie à Toulouse et auteur de l’ouvrage Un père pour grandir (Éd. Robert Laffont), les pères ont trouvé une nouvelle dimension de leur masculinité dans le contact avec le jeune enfant. Lequel bénéficie pleinement de cette double présence, paternelle et maternelle, source de stimulations différentes.

 

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