6/8 ans

Les porteurs de poux, ces mal-aimés à l'école

Malgré vos précautions et vos consignes, votre enfant n’a pas résisté à la tentation d’essayer le nouveau bonnet Spiderman de son copain de foot. Et le voilà qui se gratte frénétiquement. Catastrophé, vous vous imaginez déjà devoir prendre congé pour garder votre petit contagieux à la maison. Rassurez-vous…

Les porteurs de poux, ces mal-aimés à l'école

Si les mises à l’écart - parfois longues, favorisant retard scolaire, sentiment de rejet chez l’enfant et stigmatisation de la maladie - côté école étaient systématiques par le passé, elles ne sont plus permises aujourd’hui. Depuis juillet 2011, la Fédération Wallonie-Bruxelles a instauré de nouvelles règles plus strictes en matière d’éviction de l’enfant contaminé.

  1. Le nouvel arrêté dit que seul l’enfant porteur de poux ou de lentes « de manière chronique » peut être écarté de l’école.
  2. Cette décision ne peut être prise qu’à l’initiative du Service de Promotion de la Santé à l’École (PSE), et seul un médecin de ce service peur décider de renvoyer l’enfant chez lui. Une telle décision émanant du directeur de l’établissement scolaire ou de l’un de ses professeurs serait dès lors illégale.
  3. L’écartement ne peut pas dépasser trois jours, un maximum qui sera indiqué si votre enfant est objectivement « colporteur de poux » de manière persistante. Par ailleurs, celui-ci pourra réintégrer la classe (avant trois jours), dès qu’un médecin attestera l’absence de poux, ou qu’une infirmière ou médecin du PSE aura constaté qu’un traitement aura été appliqué et qu’il n’est plus porteur de poux. À noter également que la responsabilité de l’établissement scolaire sera engagée puisque son PSE devra accompagner et encadrer les parents par de l’information autour de la prévention et dans le traitement. Ces informations ont été transmises à tous les acteurs concernés (pouvoirs organisateurs, centres de médecine scolaire et psycho- médico-sociaux ou PMS), les parents ne pourront donc pas faire mine de ne pas être au courant.

N’IMPORTE QUI, N’ IMPORTE OU, N’IMPORTE QUAND
Vous voilà donc armés face à un potentiel directeur d’école récalcitrant.
En Belgique, on estime que 10% des écoliers sont porteurs de poux. Il faut savoir qu’ils s’attaquent à n’importe qui, n’importe quand et à n’importe quel âge. Qu’ils ne sont pas porteurs de maladies, n’ont pas d’effets négatifs sur la santé, mis à part la gêne des démangeaisons. Et qu’ils n’ont rien à voir avec l’hygiène.
Que votre enfant se lave les cheveux une fois par semaine ou une fois par mois n’influence absolument pas le risque d’infection, de quoi tordre le cou à de nombreux préjugés sur ces bêtes indésirables. Non, les porteurs, ou plutôt devrions-nous dire les « victimes » de poux, ne sont pas des personnes plus sales que les autres ! Mais lorsque le problème se présente, la situation devient très vite source de tensions, notamment entre parents.
« Je vous avoue que depuis que nous ne pouvons plus écarter les enfants infectés, le problème est devenu récurrent » confie Étienne Crousse, directeur de l’École Notre-Dame de la Paix, à Schaerbeek. « Les parents ne sont pas tous aussi assidus dans le traitement, et les enfants traités sont rapidement réinfectés. Résultat des courses, les parents fâchés s’en prennent les uns aux autres. Les enfants de 5 à 8 ans - la tranche la plus concernée par le problème - ne se rendent pas vraiment compte de la situation, heureusement. Par contre, les professeurs savent lesquels sont porteurs, et prennent inévitablement leur distance, ce qui n’est évidemment pas idéal. »
Une réalité problématique d’autant plus injuste, que pour des raisons encore inconnues, ces bestioles montrent une préférence très nette pour certaines têtes, même au sein d’une même famille.

Julie Robin

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