12/15 ans

Les premières règles vécues… côté papa

Votre fille vient d’avoir ses premières règles ! Pour elle, c’est un moment important fait de douleur, de fierté et d’angoisse tout à la fois. Pour certains d’entre vous, c’est (un peu) la panique, pour d’autres juste de l’embarras. Pour tous, c’est une « affaire de femme ». Comment la gérer quand on est papa solo ?

Les premières règles vécues… côté papa  - Thinkstock

Les papas organisés…

Jean a tout prévu. Après une longue discussion sur le sujet avec la mère de Noémie, 11 ans, il s’est organisé. Désormais sa fille transporte dans son sac à dos une petite trousse de toilette qui comprend tout ce dont elle pourrait avoir besoin en cas d’urgence : quelques serviettes, une petite culotte de rechange, des lingettes parfumées… « Ça le rassure, explique Anne-Valérie, la maman de Noémie. Visiblement, il n’a pas envie d’être pris de cours. Il m’a d’ailleurs demandé de discuter de tout cela avec notre fille, ce que j’ai fait. C’est vrai qu’en préparant ses petites serviettes, je me suis rendu compte qu’elle ignorait comment les mettre et les faire tenir ! J’ai donné le mode d’emploi. Heureusement, car jamais Jean n’aurait été à l’aise avec ce genre de discussion ! »

Les papas qui improvisent

Olivier, 48 ans, se souvient : « Le côté théorique ne me faisait pas peur, expliquer ce qui se passe dans son corps, le pourquoi… Pas de souci avec ça. Mais quand je me suis retrouvé un soir d’été avec Manon qui m’a annoncé qu’elle était indisposée, je lui ai fait mon numéro de superpapa qui gère. En fait, j’ai filé à la pharmacie de garde la plus proche pour demander conseil ! Comme je sentais que Manon ne savait pas trop elle-même ce qu’il lui fallait, je lui ai acheté plusieurs marques et plusieurs tailles ! C’était plus facile pour moi d’en parler avec une ‘professionnelle de la santé’, en l’occurrence une inconnue, qu’avec ma propre fille. Même avec sa mère, je n’avais pas abordé le sujet, il y avait comme une gêne. Je crois qu’en vieillissant, on devient moins pudique et plus à l’aise. Aujourd’hui, je pourrais beaucoup plus facilement parler de sujets aussi intimes avec ma fille. »

Les papas psy

Mathieu estime que tout ce qui touche au corps de sa fille est « affaire de femmes ». « Pour moi, le dialogue avec la maman est important. J’en ai beaucoup parlé avec elle pour être prêt quand ça arrivera à Odile, notre fille. Je ne me vois pas trop lui expliquer du comment on met une serviette ou un tampon, c’est trop intime. Par contre, la savoir physiquement mûre me donne envie de la mettre en garde, de lui parler de contraception, du sida, des garçons… C’est mon côté protecteur, sûrement ! »

Karin Mantovani

TÉMOIGNAGE

« Lara et Alix, deux copines de classe : Mon papa était tellement flippé qu’il a acheté des protections énormes, on aurait dit des langes, se souvient Lara, en éclatant de rire. Le mien pareil, renchérit Alix. Comme ça me gênait, je n’avais rien dit, mais c’était horrible, c’était beaucoup trop grand et j’étais persuadée que tout le monde le voyait. Après, j’ai pris l’habitude de faire ce genre d’achat avec ma mère et de prendre une boîte avec moi quand j’allais chez mon père. Je crois que ça rassurait tout le monde. »

POINT DE VUE

Cathy Montoisy, infirmière au centre pms libre de Wavre 1

« C’est un sujet que l’on aborde régulièrement au cours des animations organisées en 6e primaire dans les écoles. On commence par projeter un petit film qui s’appelle Qu’est- ce qu’il m’arrive ? et qui explique les changements physiologiques du corps. Les filles et les garçons assistent à cette animation séparément. Après, la discussion varie selon les questions que les enfants amènent… C’est l’occasion pour nous d’expliquer ce que sont les règles, ce phénomène tout naturel. Il arrive que certaines jeunes filles abordent la question de façon plus pratique, mais ce n’est pas systématique. Je peux d’ailleurs rassurer les parents sur le fait qu’aujourd’hui, il n’y a plus jamais de jeunes filles qui ignorent tout des règles, comme ce pouvait être le cas il y a vingt ans. Ce n’est plus un tabou. On essaie de programmer cette animation avant la semaine des sports d’hiver, par exemple, ou avant un voyage scolaire. On se dit que, comme ça, les filles sont préparées ‘au cas où’… Cela dit, je pense que les enfants en parlent aussi chez eux, peut-être plus aisément avec une femme, mais les papas peuvent aussi faire ça très bien. Cela dit, si une fille sent de la gêne chez son père, elle n’abordera pas le sujet avec lui, mais avec une personne qui sera plus à l’aise. »

EN PRATIQUE

Conseils sur mesure pour papas

  • Veillez à ce que votre fille ait une petite trousse avec tout ce qu’il faut au cas où… si l’idée d’aller acheter vous-même ce genre de chose au magasin vous dérange.
  • Prévoyez une séance « mode d’emploi » avec la maman ou une autre personne de sexe féminin.
  • Expliquez à votre fille que tout le matériel est là au cas où… sans imposer de longues discussions sur le sujet.
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