6/8 ans

Lire : pour le plaisir, grandir
et construire

Chez les plus jeunes, l’initiation à la lecture peut prendre diverses formes. Album, BD, roman, magazine, sur papier ou en digital, peu importe la forme pourvu que les enfants y prennent du plaisir et puissent grandir avec les mots.

Lire : pour le plaisir, grandir et construire  - Thinkstock

« Dans ma classe de vingt-six élèves, les enfants ont entre 6 et 7 ans, explique Laurent Duchêne, enseignant de primaire en milieu urbain. Si je devais faire une grille d’évaluation de leur niveau de lecture, j’aurais quelque chose de complètement hétérogène. J’ai un élève qui lit déjà des romans destinés aux 9-10 ans, un autre pour qui les livres n’existent pas, un lecteur quotidien de journaux. Bref, il y a de tout. Là-dedans, ce qui m’intéresse, c’est qu’ils lisent. J’essaye d’expliquer aux parents que leurs gosses doivent simplement voir des mots : c’est super important pour la suite de leur scolarité, à la fois pour l’orthographe et pour le vocabulaire. »
Mais l’intérêt de la lecture ne s’arrête pas là. Les livres, ça sert aussi à rencontrer d’autres personnes, d’autres paysages, d’autres coutumes etc., qu’on ne connaît pas. Cette ouverture sur le monde est pour l’enfant une porte d’entrée vers l’apprentissage de la citoyenneté.

Des images gravées

« À l’entrée en primaire, les enfants arrivent parfois d’une toute petite maternelle de village où tout le monde se connaît. La notion de communauté est alors très forte chez les enfants, mais avec une vue très restreinte. Les copains leur ouvrent un peu les yeux sur autre chose et je crois que les livres ont aussi cette vocation, souligne Laurent Duchêne. Au contraire de la télé, qui est dans l’immédiateté, la lecture permet de graver plus d’images et plus longtemps. L’avantage avec les livres, c’est que les publications sont tellement nombreuses qu’on arrive toujours à trouver un support qui va intéresser les enfants. Par exemple, j’ai pris l’habitude de commencer mon premier cours de géographie avec un atlas illustré plutôt rigolo. On fait le tour des pays d’origine de chacun, on regarde où on se situe à l’échelle nationale. C’est un premier contact avec le livre et je sais désormais que ça a un réel impact. Ça crée un contact positif qui incite les élèves à feuilleter cet atlas et donc à se familiariser avec les livres et donc, à court terme, avec la lecture. »

L’amour des mots

Tourner les pages, apprivoiser les mots et les images, y mélanger le plaisir et la connaissance, rassembler des gens, faire parler, inventer, c’est tout cela, la lecture. L’intérêt pour les enfants est évident, mais encore faut-il qu’il y ait des « passeurs » pour les y intéresser. Il y a en premier lieu les parents qui, par la lecture d’histoires, créent le premier lien avec la lecture. Puis, il y a les enseignants, prescripteurs de lecture plus ciblée, mais essentielle à l’apprentissage de l’amour des mots.
Et puis, il y a les passionnés, comme ceux du Prix Bernard Versele. Chaque année depuis trente-cinq ans, ils sélectionnent des petits bijoux de littérature de jeunesse. Répartis en « chouettes » selon le niveau de lecture, ils sont à consommer sans modération par leurs qualités, tant sur le fond que sur la forme. N’hésitez pas à aller à la découverte de la sélection 2017 et des lauréats 2016 !

Romain Brindeau

En savoir +

Fifty-One International, partenaire du Prix Versele

Fifty-One International a été créé en 1966, en Belgique. Son objectif principal est simple : mener des actions en faveur des plus démunis et de l’enfance de manière générale. Pour cela, des clubs, où se retrouvent des compagnons bénévoles, existent dans différentes villes. Ce service à la communauté est totalement apolitique, acommercial et ouvert à tous.
Depuis cette année, le District 101, le district francophone, est partenaire du Prix Versele. Un engagement qui se traduit par la mise à disposition d’une somme de 10 000 € destinée à multiplier le nombre d’exemplaires de la sélection Versele disponibles pour les différents publics.
« On est vraiment dans du gagnant-gagnant, explique Jean-Claude De Gheest, Gouverneur du District 101 (ndlr : le 101 est le district francophone, le 102 le néerlandophone). C’est un moyen de faire vivre ce Prix Versele, qui entre parfaitement dans nos actions destinées à l’enfance et de mobiliser nos bénévoles, puisque chaque club a participé pour apporter son écot. Cette première est une réussite et je m’en réjouis ! »
Plus d’infos : www.fifty-one-d101.be - info@fifty-one-d101.be

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