Vie de parent

« Mais, Maman, c’est quoi un Gilet Jaune ? »

Les fêtes de fin d’années sont là et, avec elles, leur lot de longues discussions animées autour de la table. Or, nos enfants entendent tout et se posent parfois des questions sur les sujets d’actualité traités entre adultes. « Mais, Maman, c’est quoi un Gilet Jaune ? »… Que répondre à nos bambins ? Mireille Pauluis, psychologue de bon sens, nous donne des pistes.

« Mais, Maman, c’est quoi un Gilet Jaune ? »

Partir de ce que l’enfant connaît et de ses questions

« Pour aborder avec ses enfants un sujet aussi complexe que celui des Gilets Jaunes, mieux vaut partir de ce que l’enfant pense de la situation. Il peut, par exemple, être judicieux de lui poser les questions suivantes : 'Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? Qu’est-ce que ça te fait, qu’as-tu entendu sur le sujet ? Que t’imagines-tu là-dessus ?’. À partir de là, il faut essayer de lui donner des informations factuelles, de lui expliquer la situation objectivement. Le parent peut également donner son avis : en soulignant notamment des points qu’il trouve intéressants ou au contraire plus négatifs. »

⇒ S’adapter à son âge

« Si l’enfant a 4-5 ans, il faut essayer de s’adapter à ce qu’il connaît, par exemple en comparant ses propres moments de colère à celle des Gilets Jaunes. Lui dire : ‘Tu vois, quand toi tu es très en colère ? Les Gilets Jaunes, c’est une colère de plein de gens, qui ressentent une injustice et ont l’impression qu’ils ne sont pas écoutés’. Cela permet aussi d’aborder le problème des débordements et de faire la distinction entre la colère pacifique et les démonstrations de violence.
Si l’enfant est plus grand, on peut discuter avec lui et ouvrir le débat de manière plus large : lui expliquer que des milliers de personnes ne sont pas d’accord avec les décisions du gouvernement, analyser plus en profondeur quels sont les problèmes… Il est important de le ramener à des valeurs, de lui expliquer les enjeux, les avis divergents. »  

⇒ Ne pas avoir peur du débat

« ‘Tonton Jérôme pense ceci, Tante Justine cela ? Cela ne les empêche pas d’en discuter, de partager leurs points de vue, tout en s’aimant très fort’. Le débat fait avancer les choses : quand on reste dans le conflit ou qu’on se terre dans le silence, ça n’avance pas. Ce genre de situation est aussi une bonne occasion d’aider les enfants à ne pas avoir peur du débat et de la contradiction, à oser exprimer leur avis. Bien sûr, si le débat devient vraiment trop houleux, ce n’est peut-être pas l’idéal pour un repas de Noël… »

⇒ Créer des parallèles

« La réflexion peut d’ailleurs aller plus loin, en faisant un parallèle entre l’ouverture au débat et les Gilets Jaunes. En effet, dans le cas des GJ, comme le débat est bloqué, nous restons dans le conflit et cela finit par déborder. D’où l’importance de sensibiliser l’enfant à l’importance de l’ouverture, de la discussion et du dialogue. »

⇒ Le rassurer en restant dans la réalité

« Vis-à-vis d’un enfant, l’attitude la plus rassurante est de garder les pieds sur terre, de rester dans la réalité sans entrer dans l’exagération. ‘Oui, il y a des gens qui ne sont pas contents, ils l’expriment, et vont de plus en plus loin parce qu’ils ont l’impression qu’on ne les écoute pas’. Il n’est pas nécessaire d’exagérer les faits et de souligner la violence qui risquerait de les effrayer, sans raison. »

Maria-Laetitia Mattern

Paix aux hommes de bonne volonté

Et au delà des gilets jaunes. Comment vivre la délicate expérience de se retrouver et vivre ensemble pendant plusieurs jours ? Dans le dernier Ligueur de l'année 2018, le numéro 23, on vous donne plein de pistes pour que tout se passe pour le mieux. On estime qu'elle est là la magie des fêtes : une table qui débat, mais de façon apaisée.