3/5 ans

Malade en voiture : comment l’éviter ?

Pâques approche à grands pas et certains d’entre vous prendront la route des vacances. Avec peut-être la crainte qu’à l’arrière de l’auto, vos marmots aient à nouveau le mal des transports. Pourtant, il existe des astuces et des traitements pour éviter la nausée. Petit tour d’horizon pour un voyage sans souci.

Malade en voiture : comment l’éviter ?

« M’man, j’ai mal au ventre, j’dois vomir ». Quel parent n’a pas entendu ces mots sur la route des vacances ? Douleurs gastriques, nausées, vomissements, pâleur, suées et sensation de mal-être : voilà le lot de votre enfant qui souffre du mal des transports.
Ces symptômes sont provoqués par les voyages en voiture, mais aussi en train, en bateau ou en avion. Le mal des transports (ou cinépathie) touche surtout les enfants. De nombreuses personnes - les plus jeunes mais les adultes aussi, les femmes plus que les hommes - semblent prédisposées au mal des transports. Difficile à l’heure actuelle d’expliquer pourquoi certains en souffrent plus que d’autres, mais on sait que la responsable, c’est l’oreille (voir ci-contre). Chez les enfants, l’immaturité du centre de l’équilibre serait une hypothèse pour expliquer leur propension au mal des transports.

Les bons réflexes

► N’installez pas n’importe où votre enfant sujet au mal des transports : la cinépathie étant en grande partie provoquée par les secousses et mouvements lors des voyages, il faut donc minimiser les turbulences. Comment ? En installant l’enfant là où les secousses sont les moins fortes : le siège à l’avant dans la voiture (ou celui du milieu à l’arrière), la place la plus au centre (car la plus stable) dans un avion ou un bateau. Si possible, aussi : on se met dans le sens du voyage.

► Conseillez à votre enfant de ne pas partir le ventre vide, mais de manger léger : un estomac trop rempli ou trop vide favorise les symptômes du mal des transports.

► Enfilez des vêtements amples qui ne compriment pas l’estomac : être installé confortablement durant le trajet permet de réduire le risque d’inconfort digestif.

► Conseillez à votre enfant de regarder droit devant lui, si possible en fixant la route loin devant. Pour ces mêmes raisons, on évite donc de lire ou de regarder un film. Les (jeunes) passagers qui souffrent facilement de nausées lors des trajets s’en rendent d’ailleurs rapidement compte.

► Évitez de trop chauffer la voiture et aérez régulièrement l’habitacle. On s’aère aussi régulièrement en faisant une pause : prendre un bol d’air frais sera aussi important pour le passager qui souffre de cinépathie que pour la personne qui est au volant.

► Évitez les odeurs fortes tels les parfums trop prononcés ou les sandwichs au camembert qui accentuent le mal des transports. Il en va évidemment de même pour la fumée de cigarette.

► Mettez vos enfants au lit tôt la veille du départ : on a tendance à se dire « Pas de souci, les enfants peuvent aller au lit plus tard, de toute façon, ils dormiront dans la voiture ». Erreur ! La fatigue, tout comme le stress, semblent être des facteurs aggravants du mal des transports. Tout le monde va donc au lit comme d’habitude, chauffeur compris, si possible : c’est la clé pour entamer le trajet reposé, en toute sérénité.

L’immaturité du centre de l’équilibre chez les enfants expliquerait leur propension au mal des transports

Les remèdes naturels

Le gingembre : cette plante est connue depuis l’Antiquité pour ses effets bénéfiques sur la digestion. L’explication ? Les gingérols - les substances actives contenues dans le gingembre - possèdent des propriétés anti-vomissements et sont aussi cholagogues : en bref, ces substances vont faciliter la vidange gastrique. On le sait peu, mais le gingembre devrait être incontournable dans une pharmacie de voyage. À acheter en pharmacie sous forme de comprimés (dès 3 ans) notamment l’Antimétil (Tilman) ou l’Eupep (BePharBel). Autre possibilité (dès 6 ans) : les gommes ou gélules molles à avaler, par exemple Emistyl (Therabel) ou Eupep (BePharBel). Et si une future maman a aussi le mal des transports, le gingembre n’est pas contre-indiqué et lui conviendra donc aussi.
Les huiles essentielles : le basilic, la menthe poivrée, le citron et le gingembre sont connus pour soulager les symptômes d’inconfort digestif. Ces huiles peuvent donc être utilisées sur la route des vacances en cas de mal de transport. Deux produits à vous conseiller parmi d’autres (pas avant 3 ans) : l’huile essentielle de gingembre (Pranarôm) ou le roller mal des transports (Puressentiel).
Prudence, cependant : on ne peut pas utiliser n’importe quelle huile essentielle à n’importe quel âge et n’importe comment. Certaines sont contre-indiquées chez les (jeunes) enfants, d’autres doivent être diluées avant utilisation. Demandez toujours conseil à votre pharmacien·ne.

Les traitements

Les solutions homéopathiques : certains produits permettent de lutter contre le mal des transports en voiture, tels les petits comprimés sublinguaux de Cocculine (Boiron) qui sont indiqués pour toute la famille. À prendre en préventif, la veille du départ et le jour du voyage. Ou encore en curatif, dès que la nausée surgit.
Pour les voyages en avion, par contre, on optera plutôt pour les granules de Borax 9 CH.
Les médicaments : le dimenhydrinate est un antihistaminique qui n’est désormais plus utilisé pour ses propriétés antiallergiques, mais pour ses effets antiémétiques : il va donc soulager efficacement les nausées et vomissements. Disponible en pharmacie sous forme de petits comprimés à avaler (on vous conseille R-calm de Vemedia), il peut être donné aux enfants de 2 à 8 ans et même aux plus grands ainsi qu’aux adultes. Gare à la posologie, qui varie selon les âges : dans tous les cas, ne pas dépasser 4 comprimés par 24 heures. Les inconvénients ? Il entraîne de la somnolence (à éviter donc, si on s’apprête à prendre le relais du chauffeur) et est contre-indiqué en cas de grossesse et d’allaitement.

Et pourquoi pas l'acupression ?

En médecine traditionnelle chinoise, un point d’acupression permet de soulager les nausées et les vomissements : ce point se situe à exactement trois largeurs de doigt au-dessus du pli du poignet, entre les deux tendons. Des bracelets anti-nausées, en vente notamment en pharmacie, utilisent cette technique pour soulager les symptômes du mal des transports (on vous recommande le Sea-Band pour enfants). Son efficacité fait débat, mais l’avantage de cette méthode issue de la médecine non-conventionnelle est de ne présenter aucun effet secondaire. À vous de la tester et d’en juger.

Charlotte Costenoble

Zoom

Quand l'oreille perd la tête

L’oreille est un organe assez complexe et qui a de nombreux rôles : formée de plusieurs parties (externe, moyenne et interne), elle va collecter et traiter les sons. L’oreille est donc l’appareil de l’audition, mais pas seulement : elle joue aussi un grand rôle dans l’équilibre du corps. En effet, l’oreille interne est responsable de la perception de la position du corps dans l’espace : grâce à elle, le cerveau comprend si le corps est immobile ou en mouvement.
En temps normal, l’oreille interne renseigne donc le cerveau des changements de direction et des accélérations. Lors des transports terrestres, maritimes ou aériens, il y a beaucoup de mouvements. L’oreille interne est surstimulée et envoie au cerveau une grande série d’informations. Ce flux inhabituel de stimulations entraîne, chez certaines personnes, les symptômes du mal des transports. Mais le mécanisme du mal des transports serait plus complexe que ça. La fonction de l’équilibre est assurée par l’oreille interne mais aussi par la vision et la proprioception (perception, consciente ou non, des différentes parties du corps assurée par les muscles, les ligaments, les cellules nerveuses).
Bref, l’équilibre dépend de nombreux facteurs. Chacun envoyant au cerveau une information quant à la position actuelle du corps. Lors des transports, ces nombreuses informations (parfois contradictoires) peuvent perturber le cerveau qui a du mal à les gérer. Le mal des transports pointe alors le bout de son nez.

En savoir +

Avant de prendre la route

Deux articles à lire pour que votre trajet en voiture se passe au mieux :

Moins de victimes sur la route, mais restons prudents, avec des conseils pour prendre la route en toute sécurité.
Route des vacances : comment occuper vos gamins ? avec des idées de jeux (à emporter) ou à improviser en cours de route.

Elle en parle...

Trois enfants, trois galères

« Chacun de mes enfants a baptisé au moins une fois la voiture d’une bonne couche de vomi. C’est arrivé parfois au bout de cinq minutes de trajet, parfois juste à l’arrivée. Avec des réactions en cascade des autres passagers. Une horreur. Le remède, ça a été l’homéopathie et la fameuse Cocculine. Une dose la veille du départ, au petit déjeuner et en chemin et, hop, mes ouailles voyagent le cœur léger ! »
Arsène, 42 ans, papa de trois enfants de 2, 5 et 9 ans