Vie de parent

Mieux vivre ensemble...
entre frères et sœurs

« Tuez-vous, mais sans bruit ! », hurle la mère excédée par les disputes incessantes de ses deux gamins. C’est peu, deux ans et quelques mois de différence, et cet écart (un juste écart !) aiguise les rivalités. C’est que le droit d’aînesse, de nos jours, a disparu et chacun, chacune se sent l’égal de l’autre. On dit que les choses s’arrondissent avec l’adolescence… mais des sœurs, des frères restent encore ennemis longtemps, parfois même toute une vie. Aujourd’hui, les relations se compliquent… du moins c’est ce qu’on imagine quand se croisent sous le même toit sœurs, frères, demi-sœurs, demi-frères et « quasi » frères ou sœurs, ceux qui partagent la même adresse sans être du même sang. Et nous, les parents, nous sommes à la tête de cette petite entreprise avec la tentation parfois grande de mettre tout ce petit monde dans le même panier. Mais le premier ne veut pas qu’on fasse l’amalgame avec le deuxième. La petite dernière n’est pas pareille que la grande sœur. Chacun, chacune veut affirmer sa singularité, jusqu’à faire perdre parfois le nord à papa, à maman qui essayent vaille que vaille de prêter la même attention, la même dose d’amour, les mêmes exigences aussi aux uns et aux autres. Ah, le vivre ensemble des frères et sœurs ! On n’imagine pas combien les relations (ou l’absence de relations) vécues entre eux conditionnent leurs amitiés, leurs amours, le métier qu’ils investiront… N’est-ce pas d’ailleurs au cœur de la fraternité que chacun a appris à vivre et déjouer les conflits ? C’est pour cela sans doute que les psys de tout poil encouragent l’expression de l’agressivité, redoutant tout ce qui peut être violence larvée. Il n’y a donc plus qu’à reconnaître qu’on a détesté (ou qu’on déteste encore) tel frère, telle sœur, l’exprimer verbalement et tenter d’aider ses enfants à construire entre eux d’autres liens, un mieux vivre ensemble. Sans forcer l’amour… Ci-contre, quelques trucs pratiques à multiplier, enrichir… et à partager avec nous si vous le voulez bien sur redaction@leligueur.be

Mieux vivre ensemble... entre frères et sœurs

Grrr, un autre après moi !

Passer d’un à deux, c’est déjà tout un exercice de haute voltige. Mais quand l’aîné se met à manifester son mécontentement en faisant à nouveau pipi au lit, en se réveillant la nuit, en recrachant ce que vous avez cru cuisiner tendrement, en parlant « bébé », là, non, vous n’en pouvez plus. Et pourtant, ce sont les seuls moyens (qu’il n’utilise pas tous à la fois, rassurez-vous !) qu’il a trouvé pour exprimer le séisme que l’arrivée de son petit frère ou de sa petite sœur a créé dans sa vie (presque) paradisiaque. Comment l’aider et vous aider à dépasser ce cataclysme ? En étant patients et tolérants et en redoublant de marques d’affection. Les choses ne semblent pas passer ? Mieux vaut alors consulter un médecin.

Un deuxième tout en douceur

On peut préparer l’aîné à l’arrivée du nouveau bébé avec quelques petites attentions toutes simples. Comme cette maman qui, partie à la maternité, a laissé une lettre adressée à sa fille de 4 ans (le prénom était écrit en majuscules !) et un nouveau joujou. Dans la lettre, illustrée par une famille ourse composée de papa, maman et deux enfants dont un dans un berceau, elle écrivait qu’elle et papa étaient à la maternité, que le bébé pouvait prendre son temps pour arriver et que papa et maman l’aimaient très fort et étaient pressés de la revoir. Avec un post-scriptum : « N’oublie pas le doudou pour le petit frère ! ». Un doudou que la gamine avait choisi quelques semaines avant avec ses parents. Cerise sur le gâteau : un album avec les photos de la fillette à sa naissance… Tout simple, mais fallait y penser !

Sans frère et sœur, c’est pire !

C’est bon d’être roi parmi les rois ou reine parmi les reines, mais à la fin, on tire un peu la langue à la recherche d’une fratrie quelle qu’elle soit. Surtout quand on se retrouve en face à face avec l’un ou l’autre parent quand ceux-ci sont séparés. Voilà pourquoi à cet unique et divin enfant, il est bon d’ouvrir de nouveaux horizons. En le mêlant le plus possible aux cousins, aux voisins, en invitant ses copains, en l’inscrivant dès que possible (dès 5 ans) à un mouvement de jeunesse ou à un club de sport. Et surtout d’être une maman légère, légère (ou un papa léger, léger) afin de ne pas profiter de votre tête-à-tête pour lui faire partager vos angoisses.

Partager ou non la chambre

Il y a des parents pour lesquels la question ne se pose pas, faute de place, si ce n’est qu’il y a une règle à respecter, si possible : un frère et une sœur ne devraient pas partager une chambre à la puberté. Pour le reste, on peut en discuter en famille, en fratrie et si vous voulez absolument avoir le dernier mot, tenez compte des tempéraments des uns et des autres.

D’unique à cadette

Vivre du jour au lendemain avec d’autres enfants alors qu’on était l’enfant unique et adoré est rude à vivre. Sans compter que dans les familles recomposées, l’enfant doit accepter d’autres gamins et gamines, mais aussi le compagnon. Quel chamboulement. La petite doit apprendre à composer, à partager… Tristesse ? Jalousie ? Inquiétude ? Tout à la fois sans doute. L’important ? Vous êtes sa maman (ou son papa) et vous le restez. Vous pouvez continuer, votre fillette et vous, à « faire des choses » ensemble, rien qu’à vous deux. L’important, c’est qu’elle puisse garder un espace bien à elle, privé, si pas une chambre, son lit, une armoire, des tiroirs. Des vêtements aussi, des jouets et des livres. Il faut qu’elle possède des choses à elle, pour pouvoir, éventuellement, les partager ensuite.

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Mieux vivre ensemble... en couple

Mieux vivre ensemble en couple, c’est oser la tendresse, la confiance, c’est oser l’amour. Autant d’ingrédients qui donnent une des meilleures recettes pour avoir des enfants épanouis qui grandissent bien. « Vous croyez encore aux contes de fées ? », interrogent, un brin sarcastiques, certains d’entre vous. Non, mais nous croyons que la vie de couple est un travail à plein temps et que ce qu’on y gagne mérite de s’y atteler. Celles et ceux qui sont seuls avec des enfants savent combien la solitude est dure à supporter sur la longueur. L’homme avec un grand H n’est pas fait pour vivre seul. Alors, face aux petits agacements, le bruit de la petite cuillère dans la tasse de café, la salle de bain toute éclaboussée, le feuilleton (bête, mais bête !) qu’il faut surtout ne pas rater, face à ces petites choses qui électrisent l’air conjugal, il est bon de respirer un bon coup, de s’ébrouer de toutes ses idées et images assassines et de se rappeler pourquoi elle, pourquoi lui. « Il faut revenir à ses fondamentaux », proposent les experts ès amour. Jean-Claude Kaufmann, sociologue, a publié chez Armand Colin tout un ouvrage sur la question intitulé : Agacements. Les petites guerres du couple. Quand on dépose tous ses « Je tiens à lui, à elle parce que », ça fait déjà un joli puzzle qui nous fait chaud au cœur et qui nous aide à redoubler d’énergie pour traverser la monotonie du quotidien.
Votre couple, malgré vos efforts, s’est quand même défait ? Retournez au commencement, revisitez l’histoire dans laquelle se sont ancrés vos premières passions, vos premiers projets et racontez-la à vos enfants. Partagez vos plaisirs, les entraîner dans vos rêves leur donne une force qui les pousse vers le futur. Ci-contre, des expériences que nous voulions partager avec vous. À vous de les multiplier, de les enrichir… et de les transmettre à votre tour sur redaction@leligueur.be

 

Mieux vivre ensemble... à la maison

Nous avons l’impression que nous passons la majorité de notre temps ailleurs qu’à la maison. C’est sans doute vrai en semaine… si nous décomptons la nuit. Il n’en reste pas moins que c’est sur ce territoire-là que nous pouvons faire bouger les choses pour qu’elles tournent plus rond. Décider, par exemple, de faire une chose après l’autre et pas tout en même temps. D’accord, c’est un sacré exercice, de la haute voltige même, quand nous passons en revue tout ce que nous devons boucler en un peu moins de deux heures, le soir au retour de l’école. Les devoirs s’ils ne sont pas terminés (et ça arrive souvent !), le souper (avec légumes frais, s’il vous plaît), le bain pour le plus petit (les grands se débarbouillent comme ils peuvent) et au milieu de tout ça, garder un œil sur l’écran du plus grand qui surfe allègrement, être attentive à votre deuxième (ou attentif pour le papa, mais c’est rare qu’il soit sur le pont à cette heure-là !) qui essaie tant bien que mal de vous dire combien sa récré fut pourrie pendant que le plus petit s’accroche à votre jambe pour jouer « un peu ». Ouf ! Comment faire pour donner du temps pleinement dédié à l’un, à l’autre jusqu’ à l’heure du coucher ? Quelques propositions ci-contre. À vous de les multiplier, de les enrichir… et de les partager avec nous sur redaction@leligueur.be

 

Mieux vivre ensemble... hors de la maison

Il y a d’abord l’école, la grande affaire, votre grande affaire ! Elle peut vous intimider (mauvais points, profs en fureur, punitions… c’est fou, ces mauvais souvenirs qui reviennent parfois à la surface au moment où vous en franchissez le portail) ; elle a parfois un goût amer d’injustice qui vous met en colère (pourquoi sanctionner mon gamin et pas le reste de la classe ?), elle vous emplit d’angoisse au moment où vous déposez votre petit sans pouvoir dire à l’institutrice les deux mots qui vous auraient apaisé … Bref, l’école vous met rarement en joie tant le souci de la réussite vous met la pression (et sur l’enfant aussi !). Et pourtant, en face de vous, il y a des femmes, des hommes - les profs donc - qui ne souhaitent qu’une chose, la réussite de votre enfant. Pourvu qu’ensemble vous puissiez faire alliance pour que cela se fasse autant que faire se peut dans le bien-être.
Il y a ensuite la gestion du quotidien avec votre ex, la coexistence pacifique avec vos voisins, l’attention portée à ceux qui vous sont fidèles, vos amis… En ces temps troublés, nous pensons que l’insouciance et les plaisirs personnels devraient davantage laisser place à la collaboration et à la participation de chacun avec chacun. La vie en serait vachement facilitée. Et pourquoi ne pas s’y essayer tout de suite ? Nos premières propositions ci-contre. À vous de les multiplier, de les enrichir… et de les partager avec nous sur redaction@leligueur.be

 

Avoir une sœur rend plus heureux

La psychologue Maryse Vaillant, coauteur avec Sophie Carquain de l’ouvrage Entre sœurs (Albin Michel), commente les résultats d’une étude irlandaise selon laquelle les sœurs nous aideraient à exprimer nos émotions et à accéder ainsi au bonheur. Vraiment ?

 

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Marion a 4 ans. Son papa et sa maman ont déjà été mariés une première fois et ont des enfants plus grands. Le papa a un fils de 11 ans, Léo. La maman a deux filles, Laura, 7 ans, et Anaïs, 9 ans. Mais comment Marion s’y retrouve-t-elle ? Comment chaque jeune membre de cette tribu recomposée se positionne-t-il face à Marion ?

 

Une chambre pour deux enfants : comment faire ?

Un déménagement ou la famille qui s’agrandit, voire se recompose, et, hop, vos deux enfants vont désormais occuper la même chambre ! Comment emménager au mieux cet espace pour que chacun s’y sente bien ? On revisite la question en compagnie de Maud Roegiers, maman et créatrice de meubles pour enfants. Conseils, trucs et astuces pour grande maison ou tout petit appartement.