Vie de parent

Moins de sous pour les parents
et pour les écoles !

Les sous ! C’est sans doute la grande préoccupation de cette rentrée scolaire avec la diminution de l’allocation de rentrée et l’impact sur le portefeuille des parents, mais aussi la diminution des budgets de fonctionnement qui va compliquer la vie des directions et des enseignants. Une bonne nouvelle au milieu de tout ça : des rythmes scolaires réaménagés au profit du soutien scolaire.

Moins de sous pour les parents et pour les écoles ! - Thinkstock

Allocation de rentrée réduite : quel impact pour les parents ?

Le 1er juillet 2013, le gouvernement fédéral annonçait sa volonté de diminuer l’allocation de rentrée de 15 % en 2013 et de 30 % en 2014. La Ligue des familles s’est fortement opposée à cette mesure. Dans la foulée de cette annonce, la Ligue a réalisé un sondage auprès de vous, parents, via internet et Facebook. Vous êtes 2 500 à nous avoir répondu. À la question : « D’après vous, quel est l’impact de cette mesure sur votre budget ? », la plupart d’entre vous ont confirmé que l’impact sera lourd ou appréciable.
C’est que, malgré le principe de base de la gratuité de l’enseignement, l’école est source de frais : tout le matériel n’est pas fourni gratuitement et le matériel à acquérir augmente avec le niveau d’enseignement.
Pour faire face aux frais de rentrée, vous receviez un supplément au mois d’août qui variait en fonction de l’âge de l’enfant. Voici comment ce montant (non-indexé) va évoluer dans le temps :

Âge

Allocation
de rentrée

2012

Allocation
de rentrée
2013

Allocation
de rentrée
2014

0-5 ans

27,06 €

22 €

20 €

6-11 ans

57,44 €

50 €

43 €

12-17 ans

80,41 €

70 €

60 €

18-24 ans

108,25 €

95 €

80 €

 

Pour votre enfant en maternelle, le montant de l’allocation de rentrée de 2012 ne suffisait, en moyenne, qu’à payer 69 % de la liste de matériel. En 2014, l’allocation de rentrée ne suffira plus qu’à payer, toujours en moyenne, que la moitié de cette liste.
Si l’on prend les enfants en primaire, le montant de l’allocation de rentrée de 2012 - 58,59 € - suffisait à couvrir les 40 €, montant moyen de la liste de matériel demandée par l’école. La vingtaine d’euros restants était utile pour couvrir partiellement les autres frais de rentrée (abonnement de piscine, vêtements, cartable, trousse, etc.). En 2013, si votre liste et les prix n’augmentent pas, le montant sera encore suffisant. Mais en 2014, ce sera tout juste : le montant de l’allocation de rentrée ne sera plus que de 43 €. Dès lors, il vous faudra rogner davantage sur d’autres budgets pour pouvoir acheter le cartable ou les vêtements du mois de septembre.
Cela se corse pour les élèves de secondaire. En ce qui les concerne, l’allocation de rentrée était en 2012 juste suffisante pour payer, par exemple, un forfait photocopies de 75 € (le maximum autorisé) et quelques stylos-bille (pour 7 €). En 2014, si l’école vous réclame 75 € de photocopies, le montant de l’allocation de rentrée (60 €) ne vous permettra plus de payer que 80 % de ce montant… S’ajoute à cela l’abonnement scolaire pour les transports en commun qui n’est plus gratuit au-delà de 12 ans.
Ces chiffres doivent, bien entendu, être multipliés par le nombre d’enfants que vous avez.
La diminution de l’allocation de rentrée a donc un impact sur votre portefeuille. Cette mesure concernant l’allocation de rentrée, qui n’était déjà qu’un maigre ballon d’oxygène par rapport à l’ensemble des frais accumulés à la rentrée des classes, touche plus particulièrement les ménages à revenus modestes. Seul point positif : les allocataires sociaux y échappent.
Au-delà de l’allocation de rentrée, il y a les allocations familiales qui restent menacées dans le contexte institutionnel et économique actuel. La Ligue reste en alerte.

Réduction des frais de fonctionnement pour les écoles

Sans rentrer dans les explications techniques, signalons que les gouvernements régional et communautaire ont prévu de diminuer les budgets de fonctionnement alloués aux écoles organisées par la Fédération Wallonie-Bruxelles et de geler l’augmentation des frais de fonctionnement prévue pour les écoles secondaires subventionnées. La mesure, étalée sur trois ans, épargne certes directement les professeurs dont on préserve le nombre et les salaires. Mais, quand on connaît l’état délabré de certains locaux et établissements scolaires et les notes importantes de chauffage dans les écoles, on ne peut s’empêcher de penser que la mesure aura des répercussions sur la qualité de l’enseignement et le bien-être des enseignants comme des élèves. Rappelons qu’une enquête menée en 2008 auprès d’élèves du 1er degré du secondaire révélait que 30 % de ceux-ci ne trouvaient pas leur classe confortable et pointaient également l’inadéquation des locaux dans lesquels ils prennent leurs repas, les équipements inadaptés ou obsolètes, etc.

Une petite avancée en matière de rythmes et de soutien scolaire 

La Communauté française vient récemment d’autoriser les écoles à réduire leurs heures de cours de 50 à 45 minutes pour leur permettre de récupérer 5 minutes par heure de cours. Avec la somme de ces 5 minutes, l’école a le temps d’organiser un soutien scolaire en son sein. L’idée est intéressante, mais elle demande des adaptations dans la pédagogie des professeurs (et peut-être dans les programmes de cours) afin qu’ils ne se voient pas contraints au forcing pour faire « rentrer » toute la matière à voir dans les 45 minutes restantes. Ce changement doit donc être intégré dans un projet pédagogique global et nécessite un engagement des professeurs et de la direction.
Certaines écoles qui ont déjà expérimenté ce principe obtiennent des résultats positifs en termes de réussite scolaire. Cette mesure a en tout cas le mérite de permettre des expériences allant dans le sens d’un meilleur soutien aux apprentissages et d’encourager l’innovation pédagogique.

Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles, en collaboration avec Michaël Verbauwhede

Sur le même sujet

Fournitures, voyages, cantine, garderie, soutien scolaire… Ce que vous coûte une rentrée scolaire

Sans doute avez-vous déjà fait une grosse partie des achats pour cette rentrée scolaire. Avec quelques soupirs (c’est chaque année la même chose !), avec l’une ou l’autre crampe à l’estomac (aïe, le portefeuille !), mais avec beaucoup d’émotions aussi quand votre petit arbore fièrement son nouveau cartable ou que votre plus grande glisse sa calculette dans son sac à dos, prête à affronter sa première secondaire. Mais vos frais pour cette année d’école ne sont pas clôturés. À travers son enquête du coût de la rentrée scolaire, la Ligue des familles vous invite à partager l’expérience d’autres parents et, à cette occasion, vous indique quand il est possible de modérer vos dépenses et surtout si ces dépenses sont légales.