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Mon enfant chauffe : que faire ?

Même si la fièvre est une réaction naturelle de l’organisme pour l’aider à lutter contre les infections, cette montée de la température fait souvent peur. Quels sont les signaux qui doivent vous alerter ? Et quels sont les bons réflexes et les médicaments pour contrer la fièvre ? Réponses dans cet article.

Mon enfant chauffe : que faire ?

La fièvre, cette réaction physiologique du corps, accompagne fréquemment les maladies banales des enfants comme le rhume, la rhinopharyngite, l’otite. Premier bon réflexe, si vous pensez que votre petit·e a de la fièvre, comme nous le rappelle Élise Costenoble, pédiatre à l’Hôpital des enfants de Liège : « Toucher le front de son enfant pour savoir s’il a de la fièvre n’est pas une méthode assez précise. Pour en avoir le cœur net, il est important de prendre sa température à l’aide d’un thermomètre. »

40°C : pas nécessairement grave

Que faire si le thermomètre indique que votre jeune malade a de la fièvre ? Tout dépend de son âge. Chez le nourrisson (moins de 3 mois), plus de 38°C constitue une urgence médicale : il faut consulter un pédiatre sans tarder afin de s’assurer que la fièvre ne soit pas d’origine bactérienne.
Après l’âge de 3 mois, par contre, si l’enfant est en bon état général, inutile de courir immédiatement chez le médecin en cas de fièvre (au-dessus de 38,5°C). Tant que la fièvre diminue après la prise de médicaments, on peut attendre 24 à 48 heures sans inquiétude.
Élise Costenoble rappelle encore : « Il faut toujours évaluer l’état général de son enfant en dehors du pic de température. En effet, personne n’est bien avec de la fièvre. Si l’état général de l’enfant est mauvais en dehors des pics de fièvre, cela doit vous alerter ». Autre précision du médecin : la hauteur de la température ne doit pas inquiéter. La température d’un enfant peut facilement monter à 40°C dans le cas de simples affections virales : ce n’est pas du tout synonyme de gravité.
Encore une fois, si la fièvre répond bien au paracétamol ou à l’ibuprofène (voir ci-dessous) et que l’état général est bon, rien ne sert de s’affoler. On attend et on consulte si ça dure trop longtemps ou si ça s’aggrave.

QUEL THERMOMÈTRE CHOISIR ?

Chez le bébé, la prise de température par voie rectale est préférable étant donné qu’elle est plus précise. On vous conseille les thermomètres à embout flexible, plus faciles et sûrs d’utilisation. Au-delà de 5 ans, on peut prendre la température sous la langue ou sous l’aisselle.
Que penser des thermomètres à infrarouge (frontal ou auriculaire) qui prennent la température sans contact ? Faciles d’utilisation, ils sont très pratiques dans certains cas : ils permettent, par exemple, de prendre la température chez un enfant endormi sans le réveiller. Important : si, après la prise de température avec ce type de thermomètre, l’enfant présente de la fièvre, il faut confirmer la valeur indiquée avec un thermomètre digital. En effet, la prise de la température interne du corps reste plus précise.

BONS RÉFLEXES EN CAS DE FIÈVRE

► Enlevez les couches superflues de vêtements (ou de couvertures) afin que la chaleur puisse s’évacuer plus facilement du corps de l’enfant. Il faut toutefois agir sans excès et ne pas vouloir le refroidir trop vite à tout prix.
► Proposez à votre enfant de boire le plus souvent possible et, si possible, plus que d’habitude. Si nécessaire, optez pour la boisson que l’enfant accepte le plus facilement.
► Évitez de trop chauffer la chambre de votre enfant (maximum 19 à 20°C).
► Donnez un bain tiède à votre enfant (la température de l’eau doit être inférieure de deux degrés à la température de son corps) car cela peut l’aider à faire baisser sa fièvre. Mais attention, le bain peut augmenter son inconfort. Une alternative : placez des linges frais au niveau de ses grosses veines et artères (plis de l’aine, front…) pour refroidir son corps et son sang.

Bon à savoir : en cas de fièvre, un enfant refuse souvent l’alimentation solide, ce qui n’est pas très inquiétant. Par contre, le fait qu’il refuse de boire est plus problématique. Les signes suivants doivent vous alerter car ils peuvent indiquer que votre enfant se déshydrate : absence d’urines dans le lange ou de larmes quand votre bébé pleure, fesses moins rebondies, visage creusé…

MÉDICAMENTS POUR CALMER LA FIÈVRE ?

Au-delà de 38°C, on va utiliser un médicament antipyrétique. Choisir la bonne forme médicamenteuse est important. Chez l’enfant, on préfère les sirops ou granulés à prendre par la bouche. Les suppositoires sont à éviter car la résorption (et donc l’efficacité du produit) par voie rectale est très variable. Cependant, ils restent pratiques lorsque l’enfant vomit.

Le paracétamol : le meilleur médicament contre la fièvre chez les enfants. Il est efficace dans la plupart des cas, avec un très faible risque d’effets indésirables. Gare, par contre, à la prise d’une dose excessive (posologie : 15 mg/kg jusqu'à 4 x par jour). Il est donc important de garder le paracétamol hors de portée des enfants afin d’éviter une intoxication accidentelle. Autre conseil glissé par Élise Costenoble : « Lorsqu’une pipette-doseuse est fournie avec un sirop, il ne faut pas l’utiliser pour une autre marque car les doses ne correspondent pas nécessairement ».
L’ibuprofène : le second choix de médicament contre la fièvre chez l’enfant. Contrairement au paracétamol, cet anti-inflammatoire possède de nombreux effets secondaires (inconfort digestif, ulcère) et de contre-indications (varicelle, zona, problèmes rénaux…). En cas de varicelle, l’ibuprofène doit être évité car il pourrait, de façon exceptionnelle, être associé à de graves infections cutanées. L’ibuprofène (7-10 mg/kg/prise, 3x/jour maximum sans dépasser 1,2 g/jour) sera utilisé chez l’enfant en cas de forte fièvre ou si le paracétamol n’a pas fait d’effet.

Important : l’aspirine est contre-indiquée avant 12 ans. Pourquoi ? Chez les enfants qui ont la grippe ou la varicelle, ce médicament peut provoquer le syndrome de Reye, une maladie très grave, parfois même mortelle.

Ch. C.

En bref

Quand appeler le médecin ?

Avant l’âge de 3 mois : dans tous les cas, lorsque la fièvre monte, même si votre bébé n’a pas l’air malade.

Après 3 mois :

► Si la température ne baisse pas dans les deux heures après avoir donné un médicament (à condition d’avoir donné la bonne dose).
► Si votre enfant présente un des signes suivants : vomissement ou diarrhée constants, mal d’oreille persistant, raideur du cou, forte irritabilité, respiration difficile ou sifflante.
► Si votre enfant est inactif ou somnolant, s’il a des taches sur la peau ou fait des convulsions.
► Si la fièvre va et vient pendant plusieurs jours.

En savoir +

Les convulsions hyperthermiques

Avant 5 ans, une montée de fièvre peut s’accompagner d’une crise de convulsions. Elle ne dure que quelques instants mais est très impressionnante : tout d’un coup, votre enfant est secoué par des spasmes musculaires généralisés avant de retrouver assez rapidement son état normal. Pas de panique : dans la très grande majorité des cas, cette crise de convulsions hyperthermiques est sans conséquence. Par contre, après une telle crise de convulsions, il est important de consulter immédiatement un médecin afin de s’assurer que la fièvre ne résulte pas d’une autre affection sérieuse.