3/5 ans

Mon enfant est gaucher… comment l’aider

Napoléon, Picasso, Freud, Beethoven, Einstein... Ces illustres personnages ont tous en commun d’avoir marqué l’Histoire, mais aussi d’avoir été gauchers. Pourtant, leur prédisposition à l’intelligence semble être un mythe. À l’inverse des obstacles bien réels rencontrés par les gauchers, notamment à l’école.

Mon enfant est gaucher… comment l’aider - Thinkstock

Il est rare de voir des gauchers âgés de 70 ou 80 ans ou même de 60 ans. Il faut savoir que le fait d’être gaucher a longtemps été considéré comme un défaut à rectifier. La pratique consistait donc à attacher la main gauche de l’enfant dans le dos pour le forcer à utiliser la « bonne main ». Mais ne vous inquiétez pas, votre petit loup ne subira plus ce traitement barbare car, aujourd’hui, le fait d’être gaucher n’est heureusement plus vu comme une tare.
Deux observations pas très encourageantes pour nos petits gauchers, cependant : notre langage porte les traces de sa stigmatisation, notamment au travers d’expressions comme « se lever du pied gauche », « être gauche » ou encore « passer l’arme à gauche » qui sont toutes à connotation négative.
En pratique, la société est organisée pour les droitiers. Il existe toutefois de plus en plus d’outils adaptés aux gauchers et les enseignants sont spécialement formés pour mieux les accompagner dès la maternelle.

Ne rien forcer

Avant l’âge de 3 ans, votre enfant n’a pas encore déterminé sa latéralité, autrement dit son côté prédominant. Il apprend avant tout à coordonner ses mouvements et utilise indifféremment ses deux mains pour jouer, manger ou saisir des choses. Laissez-le faire, car ce n’est que vers 3 ans qu’il marquera une préférence pour un côté ou l’autre et que vous pourrez en tirer une réelle conclusion sur « sa bonne main ».
À ce titre, rappelez-vous qu’il apprend beaucoup par imitation. Prenez donc garde à ne pas l’influencer en utilisant la main droite face à lui, ce qui le stimulerait à utiliser la main gauche par effet miroir. S’il s’avère qu’il est effectivement gaucher, cela ne changera rien pour son développement moteur ou intellectuel, cela correspond simplement à une prédominance de l’hémisphère droit du cerveau. Ni plus ni moins.

L’encourager

« Je suis moi-même gauchère, donc je suis particulièrement attentive à cette particularité », explique cette institutrice maternelle. Heureusement, il ne faut pas nécessairement compter sur un corps professoral gaucher pour bénéficier d’une connaissance en la matière : tous les enseignants y sont aujourd’hui sensibilisés et formés.
Veillez simplement à informer l’institutrice de la latéralité de votre enfant le jour de la rentrée scolaire, ce qui permettra d’éviter tout malentendu. Le petit gaucher a besoin de plus de temps pour s’adapter au monde de droitiers qui l’entoure et donc d’un peu plus de patience et d’encouragement de la part des adultes qui l’encadrent. Aider l’élève à s’accepter comme gaucher, et donc différent de la majorité de ses camarades, ne sera que bénéfique pour son fonctionnement ultérieur.

Du matériel adapté

Ciseaux, stylos, taille-crayon, règle plate, cutter... il existe aujourd’hui des accessoires scolaires adaptés à l’usage du gaucher et qui permettront à votre petit de ne pas être contrarié dans son apprentissage. Et c’est une bonne nouvelle, parce qu’à l’heure où son développement est en pleine effervescence, il serait dommage de le frustrer. Il est assez difficile comme ça de devoir apprendre à découper une feuille, sans en plus devoir faire des exercices de contorsion avec ses doigts.
Les crayons de forme triangulaire faciliteront une bonne prise en main et des grips permettront aux doigts d’adopter la bonne inclinaison. Vous pouvez également anticiper la mauvaise habitude de pencher sa feuille vers la gauche, qui complique l’apprentissage de l’écriture, en veillant à positionner sa feuille de dessin avec le coin supérieur gauche plus haut que le coin supérieur droit.
Tout gaucher connaîtra la frustration de tacher sa manche gauche avec l’encre qu’il étalera en passant le poignet sur ses lettres fraichement tracées... Pas la peine donc d’en rajouter une couche ! Avec un peu d’entraînement et des paroles encourageantes, Choubidou deviendra un as de la calligraphie.

Julie Robin

Pas de panique

L’éCRITURE EN MIROIR

Il est fort probable que votre enfant se mette à écrire « en miroir » vers l’âge de 4-5 ans, autrement dit de droite à gauche. Il n’y a pas de quoi s’affoler pour autant, ce passage est courant et sans conséquence. Les droitiers ne sont d’ailleurs pas épargnés, même si les gauchers sont plus concernés.
Votre petit perdra cette mauvaise habitude en apprenant à taper sur un ordinateur, qui ne permet pas, lui, de se « tromper » de sens. Avant cela, n’hésitez pas à lui montrer le bon exemple en lui présentant des modèles de son prénom, puis des mots simples comme « papa » ou ceux vus en classe.

Pensez-y !

1re PRIMAIRE : LA BONNE PLACE !

Il n’y a rien de plus énervant pour un gaucher que de heurter du coude un obstacle lorsqu’il écrit, au même titre qu’il n’y a rien de plus irritant pour un droitier que de recevoir un coup de son voisin dans le flanc droit.
Pour éviter les prises de tête en classe, et surtout pour faciliter la vie de tout le monde, demandez au professeur de placer votre enfant à gauche du tableau et idéalement près de la fenêtre qui est généralement placée à gauche de la classe, pour éclairer le cahier des droitiers (eh oui, la majorité l’emporte). Il bénéficiera ainsi de plus de lumière et devra tourner la tête vers la droite, ce qui dérouillera sa nuque plutôt penchée vers la gauche en écrivant.
L’enseignant veillera également à redresser la feuille de l’élève au moment de l’apprentissage de l’écriture, puisque celui-ci aura tendance à pencher la feuille vers la gauche. Il positionnera les modèles à recopier du côté droit de la feuille ou en son centre pour lui éviter de repasser avec son poignet sur les lettres qu’il vient de tracer.

BON PLAN

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