Vie de parent

Ne détricotons pas les allocations familiales !

Pour répondre aux exigences européennes, la Belgique a revu une nouvelle fois son budget à la baisse… et, alors que les responsables politiques avaient pourtant promis de ne pas y toucher, s’est attaquée aux allocations familiales. Les chiffres le prouvent, sans elles, le nombre d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté passerait de 15 à 26 % ! 

Au risque de se répéter, les allocations familiales contribuent à maintenir l’équilibre budgétaire des familles avec enfants et à combattre le risque de pauvreté.
Or, on nous dit aujourd’hui que « le pire a été évité ». Comme à chaque mesure de réduction prise, devons-nous nous résigner au moindre mal ? 
À cela, la Ligue des familles répond : « Non ! ». Car le grignotage a commencé. Outre la prime de rentrée, ce sont aussi les suppléments d’âge qui ont été « lissés » (sans que nous ne disposions de plus de précisions au moment d’écrire ces lignes) ! 

Prime de rentrée rognée : impact lourd

En ce qui concerne la prime de rentrée, si les réductions annoncées épargnent heureusement les allocataires sociaux, elles touchent néanmoins de nombreux enfants dont les parents ne roulent pas sur l’or.
Il suffit de prendre l’exemple d’une famille où l’un des parents travaille au salaire minimum (1 200 €) et l’autre à mi-temps (600 €) ou via des intérims, ce qui est loin d’être un cas de figure exceptionnel, pour se rendre compte de la difficulté dans laquelle se trouvent de nombreuses familles alors qu’elles n’entrent pas dans la catégorie des allocataires sociaux (C’est d’ailleurs pour cette raison que la Ligue insiste pour que soient pris en considération dans les suppléments sociaux alloués aux allocations familiales de base non pas le statut socioprofessionnel des parents, mais bien leurs revenus). 
Les dépenses de rentrée constituent une charge importante pour la plupart des parents, même si elles ne résument pas l’ensemble des dépenses scolaires d’une année. Il convient en effet de rappeler que l’enseignement obligatoire est loin d’être sans coût direct pour les parents, malgré les textes légaux tendant à assurer sa gratuité ! (Rendez-vous dans le Ligueur du 14 août pour découvrir notre enquête sur les coûts scolaires). L’incident que nous relatons concernant les non-remises de CEB met en lumière, une nouvelle fois, ce problème de frais scolaires (voir ci-dessous : Parents fautifs, enfants sanctionnés ?). 
Quant au lissage des suppléments d’âge, nous ne disposons pas de détails de la mesure au moment de mettre sous presse. Mais il est à craindre qu’il ne se fasse pas dans le sens de l’intérêt de l’enfant. Il s’agirait donc dans ce cas d’un manque à gagner mensuel pour toutes les familles dont les enfants ont plus de 6 ans. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions. 

Allocations familiales : nos propositions

Rappelons que la Ligue des familles a fait dans le passé des propositions visant à octroyer un montant identique en matière d’allocations familiales de base pour chaque enfant, et ce, quel que soit son rang dans la fratrie. Notre proposition aboutissait à augmenter de manière substantielle le montant des allocations familiales pour le premier enfant, de manière légère pour le deuxième, et à le diminuer quelque peu pour le troisième et les suivants par rapport à la situation actuelle. Nous désirions également que les familles monoparentales et les familles nombreuses à faibles revenus soient davantage soutenues.
Nous avions également envisagé, avec les marges budgétaires dégagées par un scénario qui supprimait l’allocation de rentrée, d’investir une enveloppe de 120 millions d’euros pour améliorer différents services collectifs de soutien à la parentalité : l’accueil de la petite enfance, l’accueil extrascolaire, la vraie gratuité de l’école obligatoire, la réduction du minerval et l’augmentation des bourses d’études.
Dans le contexte économique actuel, toucher aux allocations familiales et entreprendre de les détricoter est une décision qui va impacter négativement le quotidien des familles et des enfants. La Ligue des familles va donc se mobiliser dans les mois à venir afin d’enrayer cette tendance qui risque de s’amplifier dans le contexte institutionnel actuel. 

Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles

PARENTS FAUTIFS, ENFANTS SANCTIONNÉS ?

En cette fin d’année scolaire, certaines écoles ont fait très fort dans leur volonté de récupérer leurs deniers : elles ont refusé de remettre à des enfants leur certificat d’étude de base au prétexte que les parents n’avaient pas honoré toutes leurs factures de frais scolaires !
Des enfants se sont donc vus stigmatiser devant leurs camarades de classe pour une erreur commise par leurs parents et ce, alors même qu’ils avaient réussi leur année scolaire. Cette manière de procéder, illégale, va à l’encontre des droits les plus élémentaires des enfants et de leur respect. On ne peut que déplorer que ceci soit appliqué par ceux-là mêmes qui sont chargés d’inculquer aux enfants le sens de la justice et de l’équité.