Vie de parent

Ne tournons pas autour du pot,
parlons toilettes

À l’occasion de cette très sérieuse Journée des toilettes, mettons en lumière les sanitaires de nos petits à l’école. Vous nous dites régulièrement que vous êtes préoccupés par leur état déplorable. Vous nous apprenez que les enfants préfèrent se retenir plutôt que de braver ce champ de bataille immonde qui leur sert de toilettes. On en parle vite, en espérant que cet article ne finira pas aux…

Ne tournons pas autour du pot, parlons toilettes - © Question Santé

« Souvent, je fais demi-tour, c’est trop sale », s’horrifie Fleur, 9 ans. « Certains ne savent pas tirer la chasse ou alors ils font carrément à côté », complète sa copine Lola. Si vous nous lisez en mangeant, bon appétit. Nous aurions souhaité ne pas avoir à disserter sur l’état des lieux d’aisance, souvent dégoûtants, alors qu’il suffirait justement de ne pas tourner autour du pot.

Tel est le combat mené par la Fondation Roi Baudouin, porté entre autres par Yves Dario. Plutôt confiant : « On sent que ça frémit. La participation des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles est de plus en plus importante. Ça bouge. Au-delà de financer la rénovation des sanitaires, ce qui nous importe est d’améliorer la sensibilisation. De faire progresser cette question ». Sans mauvais jeux de mots, déroulons.

Au p’tit coin

Depuis 2013, le Fonds BYX géré par la Fondation Roi Baudouin, en collaboration avec l’asbl Question Santé et la Fédération Wallonie-Bruxelles, pataugent conjointement dans les différents lieux « d’incommodité » des écoles de nos petits. Rappelant au passage que tout enfant a droit au bien-être, l’intimité et la sécurité et qu’aller aux toilettes et s’hydrater sont des besoins de base à respecter.

Au total, 409 écoles sont soutenues par les fonds qui empochent 5 000 € pour les travaux nécessaires et bénéficient d’un accompagnement de l’asbl Question Santé. « L’état des toilettes à l’école n’incite pas toujours les élèves à s’y rendre régulièrement ou à boire suffisamment, ce qui peut entraîner des répercussions sur leur état de santé (infections urinaires, troubles de la miction…) et sur leur concentration en classe », répète Yves Dario.

Gare aux infections

Aux cliniques universitaires Saint-Luc, les médecins et les infirmières de la consultation d’urologie et de chirurgie digestive voient régulièrement des patient·e·s (jeunes et moins jeunes) se plaignant d’infections urinaires à répétition, de rétention, d’incontinence ou de constipation. Selon Axel Feyaerts, pédiatre urologue, bon nombre de ces problèmes trouvent leur origine dans la petite enfance... à l’école.

L’hygiène des sanitaires, le manque d’intimité, le manque de respect des consignes et, parfois, le fait de ne pas laisser sortir l’enfant de la classe quand il a un besoin pressant induit chez ces patients des comportements urinaires délétères. Le pli est vite pris : il suffit de ne pas boire, de se retenir toute la journée. Ce sont de très mauvaises habitudes, car la vessie se dilate et le muscle distendu n’arrive plus à se contracter pour se vider entièrement. Les résidus d’urine stagnants génèrent alors des infections.

          10 trucs à surveiller         

La vigilance s’impose. Vous-même, parents, pouvez mener l’enquête. Infrastructures, aménagements, logistique, organisation, usages : le Ligueur a sélectionné 10 recommandations de la campagne de la Fondation Roi Baudouin.

► Favoriser l’accès : prévoir plusieurs petites unités de toilettes, 1 WC pour 10 filles ou 20 garçons, 1 urinoir pour 20 garçons.
► Respecter l’intimité : séparer les WC des filles et des garçons et installer une cloison pour séparer les urinoirs des WC. Prévoir des portes fermées de haut en bas.
► Veiller au bien-être : équiper les toilettes de planches, goupillons et poubelles (certaines jeunes filles sont déjà réglées en primaire).
► Promouvoir la propreté : placer du carrelage et des cuvettes suspendues pour faciliter le nettoyage, qui sera quotidien.
► Éviter les angoisses : privilégier des verrous à loquet, plutôt que des clefs qui coincent.
► Soigner la convivialité : installer miroirs, patères et lampes automatiques. Chauffer un minimum.
► Prévoir des grands dérouleurs de papier toilette dans chaque cabine et veiller au réapprovisionnement.
► Encourager le lavage des mains : privilégier les grands bacs, le savon liquide et les sèche-mains électriques.
Responsabiliser : sensibiliser les enfants au respect des lieux.
► Éviter les embouteillages : instaurer, si possible, des récréations décalées.

La rédaction

Ne tournons pas autour du pot

Des informations à propos de l’état des sanitaires, il y en a encore plein à connaître.
N’hésitez pas à les consulter sur le très bon site de la campagne Ne tournons pas autour du pot que vous pouvez même consulter avec vos enfants.