Vie de parent

Nom de maman ou nom de papa ?
Même combat

Une maman pourra bientôt donner son nom de famille à son enfant. La loi pourrait être d’application dès l’automne 2013. Une belle avancée en matière d’égalité homme-femme.

Nom de maman ou nom de papa ?  Même combat

Fini l’héritage systématique du nom de papa à son enfant. Très bientôt, les tout jeunes parents seront libres de donner le nom de famille du père ou de la mère à leur nouveau-né, ou une combinaison des deux, comme en Espagne et au Portugal. Ils pourront, dans ce cas de figure, choisir quel nom précédera l’autre. Bien sûr, si la famille a opté pour une formule déterminée lors de la naissance du premier enfant, les petites sœurs et petits frères recevront automatiquement le même nom. Les noms de famille existants ne pourront pas non plus être modifiés et resteront tels qu’ils sont.

Ce projet de loi de la ministre de la Justice Annemie Turtelboom devrait donc mettre fin à la discrimination dont sont victimes les mamans, et rompre avec une tradition vieille de 800 ans. Il faut dire que la Belgique a été rappelée à l’ordre par l’Europe pour discrimination. Elle rejoindra désormais le groupe des pays européens qui jouissent de la plus grande liberté en ce qui concerne le choix du nom de famille, comme le Luxembourg, la Grèce et la France qui ont des législations comparables.

T’as le nom de qui toi ?

La Ligue des familles salue cette avancée dans l’égalité entre les hommes et les femmes. « Cette possibilité de véritablement choisir ensemble le nom de sa petite tête blonde évitera la stigmatisation de l’enfant sur la base du seul nom, dans le cas où il n’y a pas de père ou si l’enfant n’est pas reconnu par le père », souligne Michaël Verbauwhede du service d’études de l’association.

La nouvelle loi pourrait être approuvée, et donc mise en application, dès l’automne 2013. Mais pas question de revenir sur son choix ou d’appliquer  la loi alors que l’enfant porte déjà le nom de son papa depuis plusieurs mois ou quelques années. Le projet de loi ne sera pas rétroactif. Reste à voir si les papas cèderont facilement ce petit « privilège » à leur compagne, au risque de voir leur nom de famille menacé de disparition. Les amateurs de généalogie, eux, n’ont qu’à bien se tenir.

Stéphanie Grofils

« Il n’est pas prêt à lui donner mon nom »

Quand j’ai entendu ça, j’ai fait une blague à Martin, disant que je voulais que mon nom soit donné au bébé. Il n’a pas trouvé ça drôle du tout. Pour lui, ça doit être le nom du papa. On a pensé à lui donner nos deux noms. Ca, Martin voulait bien. Mais finalement, on ne voulait pas l’handicaper à vie avec un nom trop long. Martin est assez traditionnaliste. Il n’est pas prêt à accepter ça. Pour lui, le bébé portera le nom de Descy. Moi, avant, j’étais convaincue que si c’était possible, je voudrais absolument donner mon nom de famille à mon enfant. Si mes cousins n’avaient pas eu de petits garçons, permettant la continuité des Luniaux, je me serais battue pour qu’il porte mon nom, je pense. Mai ce sera un petit Descy. En plus, on a déjà choisi le prénom et ça sonne bien avec Descy, pas avec Luniaux.
Emilie, future maman