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Non, vous n’êtes pas toute seule !

Votre tout-petit est né. Loin du cocon de la maternité et de la présence rassurante des infirmières, vous voilà à la maison, la tête encore à l’envers, un peu abandonnée… Ou plutôt perdue, parce que surinformée. Les copines sont au boulot et vous n’avez pas forcément envie d’appeler votre mère : bref, personne n'est là pour calmer vos angoisses et c'est un peu la galère. Pas de panique, les doulas sont là ! 
 

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Petit zoom sur ce phénomène émergent chez nous, en compagnie d’Eléonore Bronne, doula stagiaire de son état. Diplômée en psycho, Eléonore travaillait aux RH (ressources humaines) d’une grosse boîte jusqu’à la naissance de son premier enfant. Et c’est le déclic. Elle plaque son boulot et décide de s’investir dans le domaine périnatal.

Partager rires et larmes

Tombée par hasard sur le concept de doula, elle se lance dans l’aventure et s’en félicite encore aujourd’hui. Une de ses jumelles de 3 mois dans les bras, elle explique : « La doula a toujours existé. Auparavant, c’étaient les mères, grand-mères ou tantes, l’entourage féminin sans étiquette particulière. On apprenait entre femmes comment accoucher ou allaiter, tout ça se faisait naturellement. De nos jours, notre mode de vie laisse certaines femmes très seules. » Conseiller, soutenir, accompagner, partager rires et larmes, les doulas constituent, d'une part, une réponse à ce lien social qui s’effiloche, et d'une autre, une réaction à la surmédicalisation. « De plus en plus de femmes recherchent des moyens de renforcer l'aspect humain. Les gens en ont marre des grossesses surmédicalisées parce qu'on veut tout contrôler. »

Carte routière plutôt que GPS

Loin d’être réservées aux naissances 100% naturelles, une doula accompagne  les parents sans interférer avec leurs décisions et évite à tout prix de se substituer aux gynécologues, sages-femmes ou infirmières («Chacun son boulot !»). La charte de l’Association francophone des doulas de Belgique (AFDB) stipule d'ailleurs clairement qu’aucun acte médical ne peut être pratiqué par une doula et va jusqu’à refuser d’accompagner une maman qui n’est pas suivie par un gynécologue ou une sage-femme. Au-delà de ces précautions médico-juridiques, le service est entièrement personnalisé, tant dans l’organisation que dans la pratique. On peut faire appel à une doula une seule fois ou demander des contacts réguliers. Il n’existe pas de cadre prédéfini à son action, ni but précis, ni résultat à atteindre et c'est au parent, principalement la mère,  d'aborder les sujets qui le tracassent.
Pour mieux faire comprendre ce concept aux contours flous, Eléonore sort sa panoplie de métaphores automobiles : «La doula, c’est le petit coup d’huile dans le moteur, l’amortisseur qui aide à encaisser les chocs. Mieux qu’un GPS, qui dicte une route à suivre, la doula est une carte routière, que le parent consulte à sa guise, libre d’emprunter le chemin qu’il veut ou de faire des détours, mais aiguillé par quelqu’un de bien renseigné.»
Petite précision, les prestations des doulas sont évidemment facturées et le tarif conseillé varie de 30 à 60 € par rencontre. Pour les bourses les plus  modestes, la présidente de l’AFDB, Sandrine Tirlo, assure que le prix ne doit pas constituer un frein et que divers arrangements sont envisageables.

Mathieu Nguyen

TÉMOIGNAGE

 Noémie : « Je voulais être apaisée… »

Pour ma troisième grossesse, je ne voulais pas revivre un accouchement impersonnel et très médicalisé. C'est là que la doula –concept est entrée en jeu. Avec son aide, j’ai préparé et présenté un projet d'accouchement différent à ma gynéco. Ma doula a servi d'intermédiaire entre elle et moi, tout en me répétant que seule la gynécologue était aux commandes. Finalement,  elle m’a rappelé que mes envies avaient leur place lors de mon accouchement et donné un rôle actif à mon mari. J'ai d'ailleurs refait appel à elle à la naissance. J’étais persuadée de ne jamais pouvoir m'en sortir avec trois enfants. Elle m'a réconfortée, a relativisé mes peurs, même les plus terre-à-terre.   

EN BREF

Dou… quoi ? ‘Doula’, du grec δούλη, servante. Un nom à consonance exotique qui désigne la personne accompagnant les jeunes parents, pendant la grossesse et les premiers mois du bébé.
Pour quoi faire? Aider, conseiller, soutenir, ou tout simplement écouter. Sans aucune intervention de type médical, mais en complément des gynécos et sages-femmes.
Ça s’adresse à qui ? Contrairement aux idées reçues, les doulas accompagnent tous les parents, et pas seulement les fans de pratiques new age, adeptes des bio-grossesses et des fricassées de placenta.
Ça marche ? Plusieurs études américaines avancent des résultats significatifs, notamment lors de l’accouchement, mais au-delà des enquêtes, les doulas semblent récolter une belle unanimité auprès des parents qui les ont contactées.
L'AFDB (association francophone des doulas de Belgique) regorge d'infos utiles et propose un répertoire de doulas certifiées.

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Quand trop de conseils vous font tourner la tête…

Un jour, on devient parent et c’est pour la vie. Et tous les jours de cette vie, il va falloir imaginer, inventer, s'adapter, évoluer car, tous les jours, cet enfant qui vous a fait parent va grandir, se développer, vous poser de nouvelles questions. Bien sûr, les études basées sur l’observation des enfants montrent que, dans les grandes lignes, ils passent tous par des stades assez prédictifs. Reste qu’il n’y a pas de réponses toutes faites aux questions que pose l’éducation de votre petit.

 
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