Vie de parent

Nos ados soulèvent un petit coin
de la Toile

Y a-t-il pareil fossé entre vous et vos ados ? Quand les médias vous expliquent que vos jeunes sont déjà en train de muter et que les connexions dans leur cerveau ne sont plus tout à fait les mêmes que les vôtres, il y a de quoi ressentir un léger vertige. Au Ligueur, nous avons voulu en avoir le cœur net. Un de nos journalistes est parti, son bâton de pèlerin à la main, à la rencontre de vos ados. Une immersion dont il rapporte quelques précieuses paroles.

Nos ados soulèvent un petit coin de la Toile

Pas de traitement grammatical ou de syntaxe pour ces témoignages recueillis auprès des 13-20 ans. Nous voulions vous les livrer bruts… et ils le sont. À tel point qu’une nouvelle question a traversé notre rédaction : ces ados parlent-ils toujours la même langue que nous, les adultes ? Mais ceci est un autre sujet pour un prochain dossier…
Autre précision : nous avons appelé « Web », tout ce qui touche au numérique, terme que les ados emploient très rarement. D’ailleurs, et nous en avons été très étonnés, la plupart d’entre eux parlent de « l’internet », une sorte de mise sur piédestal. À quand le pluriel majestatif ?
Enfin, tout au long de ces pages, nous avons cherché ce qui pourrait vous être encore familier chez votre ado, histoire d’un peu vous rassurer sur l’éloignement tant craint de celui ou celle qui reste quand même toujours la chair de votre chair !

Ouf, les ados s’ennuient toujours !

À l’inquiétude émise par sa mère à propos de son jeune frère qui traîne les pieds, Yacine répond : « Mais c’est normal qu’il soit déprimé, à 20 ans, on s’ennuie ! », c’était il y a quinze ans, peut-être plus. Aujourd’hui, les ados s’ennuient toujours, particulièrement en classe, mais c’est via les outils numériques qu’ils en témoignent. L’écran est donc une fenêtre de plus par laquelle ils essaient de fuir cet ennui… qui les rattrapent tout aussitôt, car « il est moins un sentiment qu’une ‘disposition’ », commente le philosophe François Roustang.

Ouf, les ados ont encore besoin des copains !

Même si cette vie amicale se joue en grosse partie aujourd’hui en ligne et est amplifiée, activée, il n’en reste pas moins que la froideur de l’écran pousse encore et toujours les jeunes à préférer se voir « en vrai ». Les amis restent le centre de leur vie (et le mobile n’est qu’un moyen de se rassembler plus rapidement), c’est à eux qu’ils s’identifient et avec eux qu’ils apprennent les choses de la vie. À vous parents de jouer des coudes pour trouver un interstice entre eux et vous y glisser. Rien de changé par rapport à votre propre jeunesse.

Ouf, les ados cherchent comme jadis à éviter de (trop) penser !

Même bouleversements intérieurs, même malaise pour l’ado d’aujourd’hui. Si ce n’est que ces manifestations qui sont souvent plus corporelles que cérébrales trouvent dans les objets numériques un exutoire sur mesure qui induit toute une gamme de manipulations qui sont des réactions essentiellement d’abord motrices.
Ainsi rassurés (oui, vos jeunes vous ressemblent encore un peu) vous voilà prêts à entrer dans l’univers adolescent 2015-2016. Bon voyage !

Myriam Katz

Nos invités

Pour nous aider à décrypter les propos des jeunes, des experts proches des thématiques abordées - école, violence, sexualité, rumeur - et pour lesquels le monde numérique n’a plus de secret. Par ordre d’entrée en scène :

  • Christophe Butstraen, médiateur scolaire, auteur de Internet, mes parents, mes profs et moi, De Boeck.
  • Jean-Marie Gautier, psychologue, Université de Liège.
  • Aurore Van de Winkel, conseillère en gestion des rumeurs et e-réputation.

Pour la dernière thématique : l’ado, le web et les parents, nous avons ouvert nos colonnes à des pères et mères car qui connaît mieux ses enfants si ce n’est eux.