3/5 ans

Objectif : faire pipi comme les grands

Pour la première rentrée scolaire de notre enfant, fini le derrière rembourré par un lange. Place aux slips ou petites culottes. Si la transition n’a pas encore été faite, il n’est pas trop tard. À condition que votre enfant soit prêt… et vous aussi !

Objectif : faire pipi comme les grands

J-15 pour la rentrée des classes. La première rentrée de votre petit chéri ? Pour la liste des fournitures scolaires, la boîte à tartines à ouverture facile ou la gourde qui ne fuit pas, vous pouvez encore vous y prendre à la dernière minute. Pour l’abandon du lange, par contre, il est grand temps de s’y mettre.
« Les parents y pensent souvent trop tard, la veille de la rentrée. Alors, c’est la cata car leur enfant est brusqué. Or, ça doit se faire de manière tout à fait relax, nous explique Flore, puéricultrice en maison d’enfants. On peut d’abord présenter le pot sous forme de jeu, laisser l’enfant s’asseoir dessus… Ça ne doit pas être une contrainte, il ne faut surtout pas forcer l’enfant et profiter d’une période cool, les enfants ont besoin de temps. Ils réagissent différemment face au pot et à son contenu. Certains sont curieux, d’autres effrayés de ce qui sort de leur petit corps et qui disparaît dans la toilette. Les livres aident pas mal à dédramatiser (cf. encadré). »

Encourager sans en faire trop

La réaction des parents peut aussi jouer un rôle dans cette étape du développement de l’enfant. L’enfant découvre un nouveau pouvoir. S’il se retient d’aller aux toilettes, on l’encourage, quand il lâche tout dans le pot, ses parents le félicitent.
« Moi, je conseille aux parents de faire une fête incroyable à leur enfant pour son premier caca dans le pot », nous dit Nathalie. Pourquoi pas la première fois, mais sans tomber dans le travers de récompenser chaque petite crotte, bien sûr.
Donc, on le prend avec le sourire et, s’il fait beau, on profite de la fin de l’été pour laisser courir notre petit les fesses à l’air ou en slip sans couches. Ainsi, il peut sentir quand le pipi arrive et quand il est là. « Le lange est trop confortable aujourd’hui, nous confie Nathalie, puéricultrice en classe d’accueil, l’enfant ne sent pas qu’il a uriné dedans, comment comprendre le mécanisme dans ces conditions ? », poursuit-elle.

Un jour il est prêt, sans l’avoir appris

Sans lange, l’enfant peut reconnaître la sensation qui précède son envie d’uriner et aller sur son pot juste à temps, à condition qu’il soit physiquement prêt, bien sûr.
« Aujourd’hui, on ne parle plus d’apprentissage de la propreté mais d’un contrôle des sphincters », précise la professionnelle de la petite enfance. L’enfant n’a rien à apprendre. Un jour, souvent entre 2 et 3 ans, il est physiquement prêt à contrôler ses sphincters et c’est le début d’une vie sans couches.
Comment savoir si l’enfant est prêt ? Un petit truc : regardez s’il est capable de monter tout seul les escaliers en marchant. Cette étape du développement moteur de l’enfant correspond en général à celle du contrôle des sphincters.
« Souvent, on ‘sent’ quand un enfant est prêt, ajoute Flore. Dans notre maison d’accueil, l’enfant demande alors à aller aux toilettes comme les plus grands. Quand il est prêt, ça peut aller très vite. Ça prend une semaine, parfois deux jours. Mais il faut que les parents aient bien fait cette transition dans leur tête aussi. Quand on enlève les couches, si on est en voiture, il faut être prêt à s’arrêter avec le petit pot en cas de besoin pressant. Dans un magasin, on va parfois devoir sortir à toute vitesse face à un pipi urgent. »
Coordination indispensable, donc. Toutes les personnes qui passent du temps avec l’enfant doivent savoir qu’il est sans couche pour lui proposer fréquemment d’aller aux toilettes et l’accompagner sur le trône.
Et puis, à la rentrée, on fait le point avec la nouvelle institutrice. « Beaucoup d’enfants viennent à l’école sans être propres et les parents n’osent pas le dire. Or, ce n’est pas anormal de ne pas être propre à 2 ans et demi. Et rien ne sert de mentir aux institutrices », déclare Nathalie, puéricultrice en classe d’accueil dans une école bruxelloise. Si un enfant arrive dans notre école avec un lange, je le lui enlève directement, en lui expliquant : tu as 2 ans et demi, tu es grand maintenant et, à l’école, on fait pipi dans un petit pot. Si je vois que c’est trop dur pour l’enfant après deux jours, je lui laisse son lange l’après-midi après la sieste pour une transition plus en douceur. Mais dans les écoles sans puéricultrices, quand l’instit est seule, c’est impossible pour elle de gérer un enfant qui n’est pas encore propre. Elle ne peut pas laisser les autres enfants en plan. »
Dans ce cas, leur rentrée est alors repoussée et les parents doivent parfois se décarcasser pour trouver une solution pour les garder le temps que leur enfant passe des journées au sec. Courage, il vous reste encore deux semaines…

Estelle Watterman

Ils en parlent...

« Ma fille n’était pas encore propre à la rentrée passée pour aller en accueil. Heureusement, la crèche a pu la garder encore deux mois jusqu’à ce qu’elle soit prête »
Véronique, maman de Lisette, 3 ans et demi

« Je n’ai pas dû préparer ma fille à se passer de langes avant l’école. Après une semaine de vacances chez ses grandes cousines de 4 et 5 ans, elle a décidé de devenir grande elle aussi. Et hop, sans langes et sans tutte d’un coup ! »
Richard, papa pas peu fier de sa grande fille

 « Mon fils portait encore des langes quand il est entré à l’école. La puéricultrice de la classe lui a très vite enlevé son lange, même s’il se mouillait. J’ai dû apporter du linge de rechange et accepter cette idée. C’est une méthode assez radicale, mais en deux semaines, William était propre. À la maison aussi, il était fier d’aller sur son petit pot, sauf pour faire caca, il voulait encore un lange. Heureusement, c’est passé. »
Célia

« Pour Achille, l’abandon des couches s’est fait assez naturellement. En vacances au soleil, il se baladait en maillot sans lange. Quand son pipi coulait, il nous disait ‘Pipi’ et on essayait de vite l’emmener sur son petit pot ou, à défaut, au dessus d’un évier. Un jour avant son bain, il courait tout nu dans la maison, il a attrapé son pot en forme de petit bateau et a uriné dedans, tout fier. C’était clair, il était prêt à se passer de langes. Je l’ai applaudi, amusée, en lui expliquant qu’il avait un beau pot rien que pour lui ! Depuis, il est en slip la journée, sans accident. Le plus dur a été de convaincre mon mari de ne plus mettre de langes à notre fils ‘au cas ou’. »
Élise, maman d’Achille, 2 ans et demi

« Depuis que Tanguy tient assis, on le met sur son petit pot le matin à côté de son papa pendant que je prends ma douche. Résultat, à 1 an, il faisait déjà son caca du matin dans son pot. Parfois, quand quelqu’un va aux toilettes, il l’accompagne, sur son pot. Donc, ça entre petit à petit dans ses habitudes mais il n’est pas encore tout à fait prêt. »
Tamara, maman de Tanguy, 2 ans.

En pratique

Quel matériel ?

Pour réussir à se passer de langes, il faut donc :

  • Être zen (ça tombe bien, on est encore un petit peu en vacances).
  • Un petit pot (1 € en brocante, à peine plus en magasin, gratuit dans le grenier d’une copine ou de mémé). Le top : un petit pot avec couvercle et pot séparé pour ne pas mettre du pipi partout quand on le vide dans la toilette. Veillez aussi à ce qu’il ne soit pas trop haut afin que les pieds de l’enfant touchent le sol, c’est plus confortable. Certains optent pour le réducteur de toilettes, mais parfois il colle aux fesses de l’enfant et il glisse.
  • Un lot de slips ou de petites culottes de rechange. À prendre toujours dans son sac, avec le pantalon, le short ou la jupe de rechange aussi, bien sûr.
  • Des vêtements faciles à enlever tout seul pour l’enfant. Le top ? Un pantalon avec élastique que l’enfant peut abaisser et remonter tout seul. À éviter : les braguettes et boutons pas simple à refermer avec des petits doigts, les salopettes qui mettent trop de temps à s’enlever ou dont les bretelles tombent dans le pot et les robes à jupons qu’on ne peut pas relever tout à fait et qui finissent trempées.
  • Une serpillière. Soyons honnêtes, les premières fois sans langes ne sont pas toujours complètement dans le petit pot.
  • Un peu de patience et de l’humour.
     

À BOUQUINER 

Parce que les livres accompagnent l’enfant, lui expliquent ou mettent des mots sur ce qu’ils vivent… et puis aussi parce que certains aiment bien bouquiner aux toilettes ;-)

  • De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, de Werner Holzwarth et Volf Erlbrukh, éd. Milan. Un chouette livre pour parler des crottes avec humour.
  • Zaza va sur son pot, dans la série de l’âne Trotro de Bénédicte Guettier, Gallimard jeunesse.
  • Tout le monde y va, Émile Jadoul, Casterman. Un classique.
  • Le grand voyage de monsieur Caca, d’Angèle Delaunois et Marie Lafrance, éd. 400 coups. Livre rigolo qui explique le trajet d’une bouchée de pomme que l’on croque jusqu’à son grand plongeon dans la cuvette.

Bon à savoir

ET LA NUIT ?

La propreté nocturne s’acquiert en général un peu plus tard que le contrôle des sphincters en journée.
Un bon indice pour savoir si votre enfant est prêt : regardez sa couche le matin. Si elle est sèche, c’est qu’elle est devenue inutile.
Tous les enfants ne passent pas leur nuit de la même façon. Certains se réveillent plusieurs fois et doivent faire pipi, d’autres dorment d’une traite…
Si votre enfant se réveille la nuit pour faire pipi, vous pouvez dans un premier temps l’accompagner sur son petit pot.
Patience, il n’est pas rare qu’un enfant ne soit sec la nuit que vers 5 ans.