Vie de parent

Ola Hop, co-voiturage version enfant

Vous avez le sentiment de courir dans tous les sens pour conduire votre petit à son école ou à son club. Vous vous dites que ces questions de transport sont un stress permanent et que c’est dur de s’organiser avec vos homologues parents. Voici qu’arrive la plateforme Ola Hop. Encore à l’état de projet, cet outil parental 2.0 va peut-être vous changer la vie. Ou tout du moins vous la faciliter.

Ola Hop, co-voiturage version enfant

L’idée a germé dans la tête d’un couple, Frédérique Dotremont et Fabrice Caustur, parents de deux enfants. Le constat est simple : eux comme leur entourage souffrent d’un problème de mobilité et de toute l’organisation qui en découle. Alors, Et pourquoi ne pas faciliter cette composante majeure de la problématique parentale ? Frédérique Dotremont revient sur son idée pertinente de maman qui a les mains dans le cambouis… et le pied sur l’accélérateur.

Pouvez-vous nous expliquer de quel besoin est né Ola Hop ?
Frédérique Dotremont : « L’idée, c’est de mettre en relation et optimiser les trajets de façon totalement gratuite. Tout est parti d’un constat : à partir de deux enfants, l’organisation parentale devient un véritable stress. Les horaires sont tout simplement ingérables. J’ai observé mes copines mamans. Et j’ai compris alors que les parents sont prêts à s’organiser, il manque juste l’outil pour. Alors, avant d’agir, j’ai voulu mener une enquête pour être sûre que ce constat s’étendait à autre chose que mon entourage. Résultat, en une semaine j’ai reçu plus de 700 réponses à mon questionnaire. 40 % des parents trouvent qu’il y a un problème de mobilité. Les petites solutions implicites, pour la sortie de l’école, les stages ou le club de sport, ne couvrent pas tous les besoins. Il faut donc s’organiser de manière explicite. »

Comment comptez-vous vous y prendre prendre ?
F. D. : « Le principe ? Le parent donne quelques informations sur son agenda. Du type : 'Je suis à tel collège, j’ai deux places dans ma voiture à telle heure'. La plateforme coordonne les besoins. Mais, attention : tout doit se faire de manière anonyme. Notre volonté, c’est bien sûr de protéger l’identité des parents et celle des enfants. L'idée, c’est qu’ils se coordonnent et communiquent par la suite en messages privés. Pour le moment, le projet est en cours. Mais ça va très vite. Nous allons procéder à des essais, nous lancer, nous ajuster et optimiser la plateforme. Ce qui serait fantastique et qui nous ferait gagner du temps, ce serait d’avoir le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles, le label et l’expertise d’acteurs de terrain. »

Et bien sûr, vous vous doutez bien que les questions autour de la sécurité des enfants vont être l’enjeu décisif de votre projet...
F. D. : « Évidemment. Au départ, je tablais sur tout le spectre parental. J’étais parti pour ouvrir directement la plateforme aux mômes de 3 à 18 ans. Je suis maman et parfaitement consciente qu’on ne laisse pas ses enfants au premier inconnu, comme ça. Aujourd’hui, mon idée c’est de commencer de façon réaliste, avec les 12-18 ans. Après, selon l’ampleur, nous élargirons pas à pas la tranche d’âge. Au niveau de la sécurité, je table vraiment sur les principes de confiance et de proximité. 'Mes enfants sont dans le même club', 'On s’est déjà croisé au collège'. Les parents vont évidemment se mettre en contact au préalable pour s’organiser. Et le petit plus, c’est que ce sont les enfants qui vont évaluer les conducteurs. Aux automobilistes qui ont l’habitude d’utiliser leur GSM, ou de cloper au volant, gare à vous, les petits seront impitoyables ! Les ados sont acteurs autant que les parents dans cette histoire. D’ailleurs, l’application leur est ouverte. Ma fille de 14 ans va au ciné, elle se connecte via son smartphone et regarde qui peut la ramener à la maison. Toujours sous la validation des parents, bien sûr. Il reste des détails à organiser, mais je crois en ce projet et j’espère, en tant que maman qu’il va vite voir le jour (en août 2016 selon les prévisions) et que les parents vont s’en saisir. D’après notre enquête, 80 % des parents sont favorables à ce principe. Alors pourquoi s’en priver ? »

Yves-Marie Vilain-Lepage

 L’enquête Ola Hop en quelques chiffres

  • 72 % des parents sondés passent entre 1 et 6 heures par semaine au volant.
  • 61,4 % dénoncent un réseau de transport inadapté.
  • 38 % pointent un manque d’alternative.
  • 32 % déplorent l’absence d’un système de navettes partagées entre parents.
  • 34 % des personnes interrogées sont prêts à convoyer les enfants 4 à 6 fois dans la semaine.

Cette enquête est réalisée auprès de 717 personnes interrogées, elle est donc à considérer plus comme une estimation qu’une tendance. Source.

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