6/8 ans

On'est pas voleur à 6 ou 7 ans !

Mis devant le fait accompli, certains gamins nieront toujours avoir volé argent ou sucreries. Comment réagir alors en tant que parent ? Quelques pistes pour chercher à comprendre le pourquoi d’un tel comportement… parce qu’un vol, si petit soit-il, cache toujours une raison.

On'est pas voleur à 6 ou 7 ans !

Noah a 7 ans et ramasse les petites pièces qui traînent dans la maison. Il lui est même arrivé de chiper un billet dans le portefeuille de sa mère. Zoé, elle, affirme avoir trouvé un sachet de bonbons par terre, devant le magasin à côté de l’école. Et le lendemain, elle y trouve à nouveau une barre chocolatée. Tiens, tiens !
Comme un mensonge ou une désobéissance, un vol dit quelque chose à propos de ce que vit l’enfant. Quand il s’agit d’argent, savoir à quoi il utilise ce qu’il a chipé peut aider à voir clair ou en tous cas, nous donner une première piste pour comprendre.

Les raisons pour voler

Peut-être l’enfant manque-t-il de contrôle et sa pulsion est-elle trop forte ? Comme, par exemple, à la caisse d’un supermarché, face à ce tas de friandises à portée de main que justement maman refuse d’acheter. Comment y résister ?
Peut-être l’enfant chipe-t-il de l’argent pour s’offrir quelque chose dont il rêve ? Des bonbons, par exemple, des douceurs auxquelles il n’a pas accès ? Un comportement pas vraiment rare dans une famille très (trop ?) stricte à ce sujet.
Peut-être cherche-t-il aussi à se consoler d’une tristesse, d’un sentiment, d’une impression de n’être pas, peu ou moins « aimé » par les siens. L’objet volé est alors une compensation/consolation en même temps qu’une manière de dire : « Ça ne va pas, je ne reçois pas ce dont j’ai besoin ». Une impression vraie ou fausse mais réellement vécue et donc, à prendre très au sérieux par le parent.
Il existe également de petits provocateurs qui cherchent à vérifier où papa et maman placent la limite et pour cela, ils la bravent. Un petit vol serait-il permis ou sans conséquence ?
Certains enfants entre 6 et 8 ans (ou parfois plus) volent aussi pour faire des cadeaux ! Et donc pour faire plaisir aux copains, pour se faire aimer comme s’ils ne pouvaient être appréciés s’ils avaient les mains vides…
Enfin, ceux qui se sentent différents, trop différents des autres au risque d’être marginalisés essaient de compenser ce sentiment d’exclusion en s’appropriant, par exemple, du matériel scolaire, un vêtement, un jouet…

Voler… fait mal

Attention ! Un enfant de 6 ou 7 ans n’est pas un voleur et l’étiqueter comme tel est dangereux. « Il ne faut jamais identifier un enfant à ses actes, sinon on en fait un voleur, explique la toujours très actuelle Françoise Dolto parlant du vol. Le rôle de l’adulte est de rendre l’enfant responsable et non coupable. »
Alors, comment quand on est père ou mère, doit-on réagir ? Écoutons toujours la même Dolto : « On peut dire à l’enfant que celui qui a volé est ‘deux’ : l’un fait le vol et l’autre trouve que c’est honteux de l’avoir fait. C’est pour ça qu’il n’ose pas dire que c’est lui qui a volé dans un moment de faiblesse, ou qu’il n’a pas été capable de se retenir. »
Pour les parents, il s’agit de ne pas dramatiser, de ne pas terroriser l’enfant (pas question de parler de policier ou de prison !). Par contre, il faut rester clair et ferme : le vol est non admis, interdit. Et expliquer qu’il entraîne des conséquences désagréables pour tout le monde puisqu’il lèse toujours la personne volée. Très concrètement, cela signifie qu’un enfant sera triste de n’avoir plus ses cartes de jeu ou ses nouveaux marqueurs ou qu’un commerçant perdra de l’argent sur lequel il compte et qui lui revient de droit. Autre effet négatif : en famille comme en classe, on ne peut vivre en se méfiant des autres sinon l’ambiance devient insupportable !

Réparer

Plutôt que punir, il peut être plus efficace de proposer de réparer le tort commis. L’enfant lui-même peut chercher et proposer comment réparer : rendre l’argent s’il le possède encore, rembourser sur son argent de poche (s’il en reçoit), écrire ou dessiner des excuses, offrir un petit travail… Bref il peut se racheter, aux yeux de l’autre comme aux siens. Et quand c’est fait, acquis, on tourne la page, on n’en parle plus ! On fait à nouveau confiance ! Dernier conseil : rester discret. Discuter avec l’enfant se fait en face à face, pas devant un frère ou un cousin. Et pas besoin, non plus, que toute la famille, les amis et les voisins soient mis au courant !

Thérèse Jeunejean

Y avez-vous pensé ?

ET S’IL SE FAISAIT RACKETTER ?

Une explication à laquelle il faut penser, même si dans la majorité des cas de petits vols, ce ne sera, heureusement, pas la bonne…
Un enfant qui vole de l’argent à plusieurs reprises sans reconnaître les faits, voire en les niant, est peut-être un enfant racketté. Peut-être un caïd de la cour de récréation lui impose-t-il d’apporter tous les jours quelque chose ? Peut-être a-t-il peur de raconter ce qui se passe parce qu’il est menacé ? Une hypothèse à prendre en compte, surtout si l’enfant semble malheureux de son comportement, si cet argent disparaît régulièrement sans qu’on sache ce qu’il devient ou s’il paraît incapable aussi bien d’arrêter ses vols que de les expliquer.

Sur le même sujet

Il a volé l'iPod de son copain...

L'autre jour, des parents-lecteurs, inquiets, nous écrivaient : « Notre fils de 10 ans a volé l'iPod de son cousin. Il a mis un mois à nous l'avouer. Je ne crois pas qu’il est voleur, mais que lui dire? ». À l’heure où les machines les plus extraordinaires se multiplient, comment ne pas voir nos gamins et gamines fascinés par ces nouvelles technologies ? Et tentés, parfois, d’en « emprunter » l’une ou l’autre… Réflexion avec Mireille Pauluis, psychologue.

 

Troquer ses vignettes oui, vendre ses bracelets, non

Ils s’échangent leurs vignettes, troquent, complètent leurs collections. C’est normal et instructif dès la maternelle. Mais dans certaines écoles, les fameux « rainbow loom » se vendent. Et avant 12 ans, ils ne sont pas prêts à faire du business.