Vie de parent

On ne passe plus
de repas en famille

Un parent sur trois regrette de ne pas passer assez de temps à table en famille. Cette tendance inquiète. Dans une majorité de foyers, aucun repas quotidien n'est pris en famille. Nous la jouons à l’Américaine, où la table à manger a même disparu de la déco intérieure. Alors quoi ? On s’inquiète ? Non. Mais on peut essayer de redresser la barre avec les bons conseils d’Annie Xhonneux, diététicienne pédiatrique qui a bien voulu passer à table.

On ne passe plus de repas en famille

Tout part d’une enquête sur les habitudes des familles à table, menée auprès de 1 400 parents et enfants pour le compte de ColliShop (Groupe Colruyt). Tendance alarmante : la table est de moins en moins utilisée par les familles. Est-ce vraiment embêtant ? Oui.
Le journaliste du Ligueur le plus gourmand résume bien l’enjeu : « Chez nous, la table reste le socle, la valeur commune. Ça commence en cuisine, où chacun y va de sa botte secrète pour ravir des papilles chaque année plus redoutables. Puis il y a le repas, où plutôt la succession de repas… ». Un vecteur familial, l’assiette ? Bien sûr. Mais qu’est-ce qui pousse les familles belges à bouder l’art de la table ?

Adieu, table à manger

Le témoignage de Maëlle, maman solo de deux ados de 15 et 19 ans, résume une tendance bien de notre époque :

Nous n’avons pas mangé autour d’une table depuis deux ans. Mais, curieusement, on mange plus sainement devant la télé avec un plateau-repas de légumes vapeur et du poisson, par exemple, qu’à table où l’on s’empiffre pendant des heures. La déstructuration raisonnable, c’est possible ?

Annie Xhonneux, diététicienne pédiatrique :

On mange n’importe quoi, n’importe comment, on ne prend plus les repas à table. Sur ce point-là, les parents ne doivent jamais baisser les bras, ils doivent montrer que le repas peut être un moment d’échanges, notamment autour de la nourriture. C’est important de maintenir le contact. J’insiste sur le fait que ça ne doit pas être un moment de conflit. Aux parents de donner le bon exemple. Si on mange devant la télé, avec une bouteille de soda, de façon non équilibrée, l’ado reproduit ça.

La solution ? Le deal

Et pourquoi pas un bon compromis à la belge ? Un petit deal, oui. Mais surtout, expliquez pourquoi, quelle est la bonne fréquence, la bonne quantité par rapport à ses activités, ses besoins :

► Un bon petit déjeuner se fait à base de pain. Pourquoi ne pas négocier une tartine avec une garniture variée, type confiture, fromage ou jambon. Et si c’est respecté, en contrepartie, on autorise une fois par semaine un peu de cette célèbre pâte chocolatée ou du beurre de cacahuète.

► Au dîner. Se méfier de tout ce que l’on peut trouver aux abords de l’école. En cause, tous les sandwichs bourrés de mayonnaise. Là encore, il est possible de définir une fréquence. Un repas équilibré chaque jour de la semaine à base de sandwich baguette ou miche grise maison, comme on dit à Liège, dans lequel est glissé tout un tas de crudités et de garnitures variées et un fruit comme dessert. Le tout contre un dürüm par semaine avec les copains, entre deux activités sportives.

► Le goûter est un repas trop souvent oublié par les parents. En fonction de la dépense physique, un simple fruit ne fera pas l’affaire. Pourquoi pas un peu de muesli, un riz au lait, un pudding, une tasse de lait chaud avec du cacao, bref, un en-cas plein de sel minéraux et de calcium. À adapter en fonction des besoins et des goûts. Quant aux sodas ou autres jus sucrés, difficile de les interdire. Par contre, vous pouvez les limiter à un verre par jour, celui du goûter, en faisant promettre à l’ado qu’il ou elle ne grignotera pas jusqu’au souper.

► Au souper, bien assis autour d’une table, on commence par un bol de soupe et une assiette variée avec légumes, féculents, protéines (dont du poisson une ou deux fois par semaine). Et le week-end, vous pouvez autoriser une petite soirée burger ou pizza le week-end devant un bon film familial. Évidemment tout ceci, c’est dans le meilleur des mondes. Aux parents qui nous lisent et qui sont très loin du compte, ne frémissez pas. Tous ces changements ne peuvent se faire en une fois. Observez simplement quelques règles simples et procédez par un ensemble de petits objectifs palpables : que des fruits soient consommés le plus possible, qu’il y ait de l’eau à table, que le petit déjeuner devienne obligatoire. Une bonne alimentation passe par une bonne qualité de vie faite de mouvements et de bonnes nuits.

Y.-M. V.-L.