Vie de parent

Parents inspirés :
Lorenzo Deux dédramatise
le confinement en chanson

Le Ligueur a décidé de soutenir les artistes et de mettre en avant les parents qui mettent en scène leur quotidien, toutes disciplines confondues. C’est Lorenzo Deux, avec ses chansons sur le confinement, qui nous a inspiré l’idée. Il paraît donc logique d’inaugurer ce rendez-vous hebdomadaire avec cet interprète bruxellois au flegme cartoonesque. Gageons que beaucoup d’entre vous risquent de se retrouver dans son récit - chanté dans la plus pure tradition de la chanson française, avec justesse et humour - qui frise le ras le bol.

Parents inspirés : Lorenzo Deux dédramatise le confinement en chanson

Il a le regard dense et plein d’amour d’un cocker. Une attitude placide absolument pas travaillée. Il retouche ses lunettes avant chaque phrase, à laquelle il réfléchit profondément. Il s’autoproclame piètre guitariste, mais reconnaît volontiers qu’il travaille le plus sérieusement du monde ses propres compos. « Enfin, si on me demande de jouer du Led Zeppelin à la guitare, j’en serai incapable ».

Ce père de famille de deux enfants de 3 et 11 ans a écumé pas mal de scènes du pays. Des premières parties d’artistes de la trempe de Matthieu Boggaerts aux appartements ou jardins des copains, l’homme aime promener ses chansons et les partage bien volontiers à qui veut les entendre. Le public est souvent conquis, nous a-t-on assuré aux quatre coins du pays. Il sort bientôt un album autoproduit que l’on a hâte d’entendre. Pour l’heure, on voulait en savoir plus sur ses astucieux chants de confinement qui ont embarqué toute sa base de fidèles, dont vous allez à coup sûr élargir le cercle.

Il paraît qu’à l’aube du premier confinement, en mars dernier, vous étiez ravi. Pouvez-vous nous raconter ?
Lorenzo Deux :
« En effet, à l'annonce du premier confinement en mars dernier, je dois avouer qu'égoïstement, j'avais accueilli la nouvelle avec enthousiasme. J'avais un plan : faire l'équivalent de mon travail habituel en deux ou trois heures et profiter du reste de la journée pour faire de la musique, enregistrer mon album et glandouiller. Je savais bien que mes enfants seraient présents, mais - un peu naïvement -  je voyais ça comme un détail, persuadé qu’ils s’occuperaient seuls. » 

Un plan sans accroc, mais on imagine qu’il ne s’est pas déroulé comme prévu…
L. D. : « Donc, les tout premiers jours se sont passés exactement comme je l’avais imaginé. J'ai eu le temps d’écrire une chanson, je l'ai diffusée sur les réseaux sociaux suite à un défi lancé par mon ami Benjamin Daoust (l’ingénieux co-scénariste de la Trève NDLR), lui aussi coincé avec ses enfants : chanter le confinement avec des mots imposés. J’ai fait participer les auditeurs et auditrices en les mettant au défi de débusquer les mots imposés. Un succès !  Les jours passant, je me suis dit que j'allais en composer une autre. Mais, très vite, mes espoirs d'une vie pépère à la maison ont commencé à s'évanouir. Vivre à quatre dans un appartement, en ayant chacun un programme chargé à réaliser, travail pour les parents, cours à distance pour mon fils de 10 ans, jouer et avoir besoin d'ami·e·s pour ma fille de 3 ans, c'était quand même assez chaud. »

D’où l’idée de traduire cette réalité en chanson ?
L. D. :
« Oui, j'avais mon sujet de chanson. J'ai écrit le texte sous forme de conversation entre les enfants et leur père et j'ai voulu le traiter avec humour pour dédramatiser les choses, les voir avec un regard rieur. Je voulais aussi un peu me plaindre et me faire plaindre en étant bien conscient qu'il y avait bien plus grave dans la vie. Je me suis rendu compte que les autres parents y ont trouvé un écho et que cette distance humoristique a été un peu cathartique autour de moi. C’était d’ailleurs la seule ambition de cette chanson. »

Yves-Marie Vilain-Lepage

Vous aimez Lorenzo Deux ?

Retrouvez tout son fabuleux univers sur sa page bandcamp.

PARTICIPEZ

Vous êtes, vous aussi, un parent inspiré ? Vous en connaissez ? N’hésitez pas à venir agrémenter ce rendez-vous hebdomadaire que l’on vous proposera tous les vendredis matins sur la page facebook du Ligueur et sur le site. Notre seul critère de sélection : que la chanson, le texte, le dessin, la photo, la peinture, la pièce de théâtre… ce que vous voulez, évoque la parentalité. Envoyez-nous vos œuvres à redaction@leligueur.be

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