Parents inspirés : tout ça,
c’est la faute à Calogero

Durant le confinement, Nicolas et sa fille Lyudmilla (un peu moins de 9 ans à l’époque des faits) ont sorti une chanson explosive et sautillante sur le virus. Un morceau qui reste toujours un excellent antidote contre l’adversité sanitaire. Allez, on bouge !

Parents inspirés : tout ça, c’est la faute à Calogero

Le rendez-vous téléphonique est pris en matinée. C’est que l’après-midi, Nicolas (alias Stephen O’Maltine) va participer au mixage de l’album d’un des groupes dans lesquels il est impliqué. Le nom du band ? Miss Tetanos. Au seul nom du groupe, on se doute que le trio en question ne fait pas dans la guimauve. Miss Tetanos, c’est plutôt du disco-punk à tendance cold-wave / krautrock. Bref, du solide qui fait suer sur les pistes de danse.

Dès lors, on est plutôt surpris d’apprendre que si Nicolas est devenu un « parent inspiré » durant le confinement, c’est grâce à ... Calogero qui est à Miss Tetanos, ce que Michel Delpech est aux Sex Pistols.

Durant le confinement, tu as réalisé une vidéo avec ta fille que je vois (re)passer régulièrement sur les réseaux sociaux. Comment s’est déroulée cette histoire ?
Le déclencheur, c’est un message posté par un des professeurs de Lyudmilla sur la page Facebook de la classe. On était au début du confinement. L’horreur. Tout le monde chez soi. Pas le droit de se déplacer. Les enfants privés d’école. Puis là, ce professeur qui poste une vidéo de Calogero confiné. Le chanteur interprétait une chanson mélancolique à fond qui évoquait les rues désertes, l’isolement… J’avais écrit un commentaire comme quoi Calogero voulait nous enterrer pour de bon et que je trouvais ça déprimant. Je me suis vu répondre qu’il en fallait pour tous les goûts. J’ai réfléchi. Et je me suis dit, c’est vrai. Allez hop, on va créer un truc, de la zique, quelque chose de drôle. Cela m’a motivé à fond.

Et donc, ce truc drôle, tu l’as fait avec ta fille ?
Elle n’avait pas encore 9 ans à l’époque. Pour mener à bien le projet, j’ai ramené tout le matos du local de répétition à la maison : batterie, basse, guitare, carte son, ordi, micros… J’ai commencé par improviser un rythme de batterie un peu disco. Puis j’ai ajouté une basse. Là, Lyudmilla a commencé à travailler sur le texte. On griffonnait sur un bout de papier tout ce qui nous passait par la tête. Elle a essayé de chanter sur le morceau et ça donnait super bien. On a travaillé dessus une semaine.

Puis il y a eu la vidéo ?
Et là encore, c’est l’école qui a été le déclencheur. Les profs avaient lancé un appel pour faire des petits trucs, genre vidéo rigolote en famille. Alors là-dessus, on s’est dit, on va mettre des images sur la musique. On s’est amusé à se filmer en train de sauter dans le jardin, puis Thomas (voir épisode 2 des parents inspirés) a effectué le montage.

Quel souvenir garde Lyudmilla de l’aventure ?
C’est amusant parce qu’elle m’en parlait justement il y a un jour ou deux. Une maman de l’école l’a encore félicitée pour le clip vidéo. Faut dire que c’est un peu devenu la starlette de l’école. Tout le monde a vu la vidéo et a accroché. Style : sur le temps de midi, les surveillants mettaient ça dans le réfectoire. Les gamins chantaient et dansaient chez eux là-dessus. Il n’y a pas longtemps, Lyudmilla a exprimé le souhait de remettre le couvert. Elle apprend à jouer du piano et elle m’a demandé si on ne pouvait pas faire quelque chose autour de ça. Un de ces quatre, oui, il faudra qu’on s’y remette. Pour elle, je me dis que cela doit être cool de découvrir cet aspect-là de la musique. Comment on construit un morceau, comment on crée, loin de la rigueur du solfège, de l’académie qui est centrée sur l’exécution, la restitution.

Cela a changé vos rapports père/fille ?
On a toujours été un peu complice. Je fais des trucs un peu loufoques, elle aime bien. Là, ce qu’on a développé, c’est le côté plus « collaboration ». Cette chanson, c’est vraiment quelque chose de collectif. On avait des discussions sur les paroles, sur la façon de chanter. Elle venait avec son avis, moi avec le mien. Une vraie collaboration quoi, où il fallait trouver un consensus.

Tu vois ça comment avec le recul ?
Une chouette expérience, marquée par cet esprit de collaboration justement. Puis, c’est un souvenir. Ce qui est fou c’est qu’elle avait un peu moins de neuf ans à l’enregistrement. Aujourd’hui, elle en a neuf et demi. Lorsque je la vois sur la vidéo, c’est bizarre, je revois ma petite fille. En quelques mois, elle a tellement changé. Ça devient une vraie petite préado.

T. D.

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