3/5 ans

Pas besoin de mille joujoux
pour amuser Loulou

Il pleut, il neige des cadeaux. Saint Nicolas, père Noël, grands-parents… tous semblent se donner le mot en cette période de fêtes. Et les enfants reçoivent parfois beaucoup, beaucoup, de jeux. Tellement que certains s’en lassent rapidement pour retourner jouer de la batterie avec des casseroles et une louche, à moins qu’ils ne préfèrent chevaucher l’aspirateur. Eh oui, sans jeux, nos enfants s’amusent aussi et grandissent.

Pas besoin de mille joujoux pour amuser Loulou

Trop de jeux, trop de stimulations seraient néfastes pour nos enfants. C’est une des grandes vérités que Céline Alvarez clame dans son livre Les lois naturelles de l’enfant (Les Arènes). Proposer des jeux à son enfant, c’est bien, à condition de ne pas le noyer. « La notion de ‘richesse’ de l’environnement ne doit en aucun cas s’apparenter à un trop-plein, écrit-elle. Ce qui fera réellement la richesse de l’environnement pour l’enfant, ce n’est pas la quantité mais la qualité des activités qu’il propose (…) Exit, donc, les jouets de toutes les couleurs qui sonnent de toutes parts et possèdent dix textures différentes. Adieu les écrans, dessins animés au débit d’images rapide, tablettes et télévision. Si l’enfant reste devant tous ces objets les yeux grands ouverts et le cœur battant, c’est certainement plus par sidération que par contemplation. Ne nous étonnons pas ensuite de le voir pousser des cris et de ne plus se satisfaire de rien. Son cerveau est habitué à la sur-stimulation et son attention a beaucoup de difficultés à se focaliser ». La sur-stimulation pourrait même conduire les enfants à des comportements agités.

Sans écran, pas besoin de Ritaline

Une étude a testé des enfants souffrant d’un trouble du déficit de l’attention. Pendant quatre mois, des jouets et écrans ont été supprimés de leur environnement pour laisser plus de temps à des activités en nature ou simplement à la rêverie. Les résultats furent surprenants : après quatre mois, 68 % des enfants n’avaient plus aucun trouble de l’attention ! Même la Ritaline, encore souvent prescrite pour calmer des enfants agités, ne fait pas de si bon résultats.
Épurer son environnement, faire le tri dans les jeux et les activités, une vraie bonne idée à appliquer chez soi. « Chez nous, Lucas et Maëlys se lassent très vite de leurs jeux, raconte Delphine, leur maman. On est dans un cercle vicieux. Ils délaissent leurs puzzles, on en rachète de nouveaux, ils s’en lassent après quelques jours, jouent un peu avec leurs Playmobil et s’en lassent aussi. Alors, on traque en brocante le moindre bonhomme en plastique pour compléter la collection. Et on remplit notre intérieur jusqu’à saturation. Un jour, j’en ai eu marre de tout ce brol. J’ai monté la moitié des jeux au grenier quand les enfants n’étaient pas là. Ils n’ont pas trop remarqué le changement au moment même. Mais, surprise, quand on est monté chercher les décorations de Noël, il y a quelques jours, mon fils est redevenu tout fou en retrouvant ses vieux jeux ! Du coup, on en a remonté d’autres pour faire de la place et on a redescendu les anciens. C’est comme si saint Nicolas était passé deux fois cette année ! ».

Des jeux comme les grands… ou avec eux

« Ici, c’est avec la télécommande qu’Henry joue le plus. Pourtant il a plein de super jeux rien que pour lui », raconte Sophie, maman d’un petit gars de 2 ans. C’est tout à fait normal. Cet enfant est dans l’âge du jeu symbolique. Il veut faire comme les grands, il observe ses parents et les imite avec un balai, une casserole, un marteau ou même un vrai smartphone posé à sa hauteur.
Les jeux des parents ont l’air tellement plus intéressant que ceux des enfants… Et si en plus, ça attire les parents et que ça leur donne envie de jouer avec leur bambin, c’est gagné ! Car, dans le fond, on n’a pas besoin de tant de jouets que ça pour bien grandir. Un peu de temps partagé entre parents et enfants, posés, sans écran, pour jouer avec ce qui nous tombe sous la main, découvrir et partager des activités ensemble et peut-être même ressortir une chanson de Noël du fond de notre mémoire… ça se rapproche un peu du bonheur, non ?

Estelle Watterman

À faire

Des activités quotidiennes peuvent devenir des jeux…

Voici quelques activités chouettes à faire chez soi, sans jeu, avec du matériel « maison », qui apprennent plein de choses aux enfants.

  • Ouvrir et fermer des boîtes, des flacons ou des cadenas.
  • Visser et dévisser des boulons pas pointus.
  • Découper du papier avec des vrais ciseaux à bouts ronds.
  • Plier du papier ou du tissu. C’est peut-être même l’occasion de préparer ensemble de jolies serviettes qui décoreront la table lors des fêtes.
  • Remplir et vider des pots sans tout mettre à côté… La concentration et la psychomotricité fine de l’enfant sont mises à l’épreuve. Une activité reproductible avec de nombreux ustensiles et dans de nombreux endroits : bac à sable, bain…
  • Balayer ou faire les poussières. Pour les petits, c’est bien plus un jeu qu’une corvée. Si vous leur proposez un plumeau, ne visez pas l’efficacité mais l’amusement.
  • Deviner des objets dans un sac à mystères, les yeux fermés, juste en les palpant.

Et si vous voulez plus d’idées, filez voir les fiches pédagogiques du site de Céline Alvarez.