Vie de parent

Pas de bourse
pour les étudiants trop pauvres

Des étudiants trop pauvres pour bénéficier d’une bourse d’études… cela semble absurde et pourtant, ça existe. La réforme des allocations d’études mise en place en 2016 montre ses failles aujourd’hui : 1 200 étudiants dont les revenus familiaux se situent sous le seuil minimum n’ont pas reçu de bourse d’études pour l’année 2017-2018. La Ligue des familles, la FEF et le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté dénoncent une défaillance du système.

Pas de bourse pour les étudiants trop pauvres

Une maman vit avec ses quatre enfants. Deux font des études supérieures et elle a besoin d’une bourse d’études pour pouvoir payer les études de ses grands. Problème : elle n’entre pas dans les bonnes cases de la réforme de 2016 pour les allocations d’études car elle gagne trop peu ! Elle travaille dans sa ferme en tant qu’indépendante. Ça lui permet de subvenir à ses besoins, de produire la nourriture pour sa famille et de tirer quelques revenus de la vente des récoltes de sa ferme. Elle atteint l'équilibre budgétaire comme cela, mais peu d’argent circule entre ses mains. Trop peu d’argent. Donc pas de bourse d'études octroyée. Bien qu’anonymisée, cette histoire est vraie. Les étudiants n’ont pas eu d’autre choix que de travailler à côté de leurs études pour les payer.
La FEF, la Ligue des familles et le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté réclament la suppression de ce seuil de revenus minimum. « L’introduction d’un seuil minimum de revenus pour obtenir une bourse d’études est un vrai problème pour les familles les plus précaires. Elles se trouvent présumées coupables de fraudes alors que les bourses d’allocations d’études ne devraient pas être faites pour repérer des fraudeurs », déclare Delphine Chabbert, secrétaire politique à La Ligue des familles.

91 % sur le carreau

« Concrètement, 1 200 étudiants demandeurs de bourse d’études pour l’année académique 2017-2018 n’ont rien reçu. Seuls 9 % des demandeurs dont le revenu est sous le seuil ont reçu une allocation d’études l’année passée. 91 % des étudiants sur le carreau, c’est énorme », dénonce Maxime Michiels, président de la FEF.
Delphine Chabbert ajoute : « Cette défaillance des soutiens publics pour l’accès aux études se répercute directement sur les familles. Ce sont souvent les parents qui doivent pallier l’absence de soutien public… s’ils le peuvent. Sinon, leurs enfants doivent arrêter leurs études. Déjà que la bourse d’allocations a des plafonds très bas et que le montant est versé en fin d’année, parfois avec du retard… Ajouter ce système qui exclut des jeunes, ça ne va pas du tout ».
En attendant que les discussions en cours dans plusieurs organes de consultation et au sein du cabinet du ministre Marcourt aboutissent, les étudiants sous le seuil de revenus qui se sont vu refuser une bourse d’études peuvent toujours introduire un recours auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Estelle Watterman

Act now !

Et en ligne, la FEF a lancé une pétition pour la réduction du coût des études et le refinancement public de l’enseignement. Pour signer, suivez le lien ;-)