Vie de parent

Pas de session d'examens en juin dans l’enseignement officiel

C’est le journal Le Soir qui a lancé l’info ce lundi: il n’y aura pas de session d’examens de fin d’année pour les élèves de l’école officielle gérée par Wallonie-Bruxelles Enseignement. Celui-ci est le pouvoir organisateur de près de 500 établissements scolaires et internats dans le réseau officiel. Il vient de prendre sa décision: la priorité sera donnée à l’apprentissage.

Pas de session d'examens en juin dans l’enseignement officiel

Voilà qui va alléger le stress de nombreux élèves. En juin, ils ne devront pas passer d’examens. La session est annulée. Il y a néanmoins des exceptions pour cette mesure qui ne concerne que le seul enseignement officiel cornaqué par WBE. Ainsi, les 6e secondaires devront se plier aux examens, mais sur une session qui devra être plus courte qu’à l’accoutumée.

Maintenues aussi les évaluations certificatives ou sommatives. Les CE1D, CEB et CESS seront donc bel et bien programmés. Il pourra aussi y avoir des évaluation « diagnostiques » qui sont censées situer les élèves et qui sont purement indicatives (bref non traduites en chiffres dans le bulletin).  

Maximiser le temps d'apprentissage

Interrogé par la RTBF, Julien Nicaise, l’Administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement s’explique :« Il y avait des avis mitigés mais finalement, nous avons pris la décision de maximiser le temps d’apprentissage jusqu’à la semaine du 20 juin ». Julien Nicaise ajoute : « Il peut toujours y avoir des évaluations continues dans le cadre de l’horaire normal hebdomadaire. »

Il y a quelques jours, dans une circulaire, la ministre Caroline Désir avait donné des balises, des pistes pour la fin de l’année. Elle conseillait notamment de « privilégier au maximum les temps de cours et d’activités didactiques durant la période qui mène à la fin de l’année scolaire ». Elle pointait aussi le besoin de réinventer les évaluations rappelant que, « particulièrement pour l’enseignement secondaire, les évaluations ne doivent pas nécessairement prendre la forme d’une session d’examens avec suspension des cours et que des formes alternatives peuvent être mises en place. »

Et dans l'enseignement catholique?

Qu’en est-il du côté de l’enseignement libre ? Du côté du Segec (le Secrétariat général de l’enseignement catholique), on affirme aussi avoir entendu l’appel de la ministre mais on trouve que renoncer à toute forme d’évaluation, ce n’est pas une bonne solution, « qu’organiser des évaluations, cela a du sens, ne fut-ce que pour permettre aux élèves de se situer.»

Soulignons que contrairement à WBE, le Segec n’est pas un Pouvoir organisateur en soi, il regroupe plusieurs pouvoirs organisateurs d’écoles qui ont une certaine latitude dans leur façon de fonctionner. Au Segec Christian Carpentier, porte-parole du Segec, résume la situation : « Nos trois mots d’ordre, ce sont la bienveillance, le discernement et la confiance dans les équipes éducatives. La bienveillance, elle rejoint les préoccupations de ministre telles qu’évoquées dans sa circulaire. Le discernement, il permet de prendre en compte le contexte exceptionnel traversé depuis plus d’un an. Quant à la confiance dans les équipes éducatives, elle est essentielle, ce sont ces équipes qui connaissent le mieux les lacunes, les points forts, les besoins de leurs élèves. »

« Le Covid n’a pas frappé tous les établissements de Wallonie et de Bruxelles de la même façon.»

Au Segec, on relève que prendre une mesure uniforme n’est peut-être pas la meilleure de choses. « Le Covid n’a pas frappé tous les établissements de Wallonie et de Bruxelles de la même façon. Parfois même au sein d’une même école, il y a des différences. C’est donc l’équipe éducative qui, en fonction d'une situation spécifique, peut juger au mieux de la pertinence des évaluations et de la manière dont il faut mener celles-ci. » Chaque PO du réseau libre utilisera donc sa liberté d’action en fonction des difficultés et des besoins identifiés en interne.   

T.D.

La fédération des parents de l’officiel satisfaite

À la FAPEO (Fédération des Associations de Parents de l'Enseignement Officiel), on ne cache pas sa satisfaction de voir les sessions d’examens supprimées. « La proposition de WBE est une proposition innovante », lance Joëlle Lacroix, à la Coordination du secrétariat général.  « C’est un autre regard sur les différentes possibilités d’évaluer les élèves. Dans le même temps, on est un peu déçu que les autres réseaux (communal, provincial…) n’affichent pas le même enthousiasme. On sent qu’il y a des écoles qui restent dans le « on a toujours fait comme ça ». Il faut vraiment penser le système autrement. Cela fait des mois et des moi que les pédagogues en parlent. »

Cette optique de penser les examens autrement, Joëlle Lacroix la projette à long terme. Pas uniquement dans le cadre de la crise sanitaire. « Je le répète, on trouve qu’il y a un caractère innovant intéressant.  On est loin des arguments entendus comme : « Si les élèves n’ont pas de sessions d’examens, s’ils n’ont pas de points, ils ne seront pas motivés ». Ça, c’est la logique de la pédagogie bancaire. Il faut faire le pari qu’on peut apprendre autrement. »

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Si le Comité de concertation de mercredi a donné son feu vert pour un retour à l’école dès ce lundi, une question demeure en suspens : comment les fins d’années scolaires vont elles s’organiser concrètement ? Entre présentiel à réévaluer et questionnements autour des examens de fin d’années, les débats s’annoncent soutenus. Dans ce cadre, la ministre vient de diffuser une circulaire pour donner des pistes aux écoles.