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Pas facile d’être enfant
à hauts potentiels

5% des jeunes en feraient partie. 5% ? Cela veut dire un à deux élèves en moyenne par classe. On les dit « doués », « surdoués », « talentueux », « petits génies », etc. Certains le vivent très bien. D’autres souffrent de cette intelligence au-dessus de la moyenne, alors que leur corps reste celui d’un enfant. D’être en décalage avec les autres D’être souvent incompris. L’école, partenaire de leurs parents, s’y intéresse de plus en plus.

Pas facile d’être enfant à hauts potentiels - Thinkstock

Salle comble à Namur. Trois cents personnes inscrites. D’autres refusées par manque de place. C’est dire que le sujet occupe et préoccupe. Les enseignants, les directeurs d’école, les Centres Psycho-Médico-Sociaux (CPMS). Et… les parents. En première ligne face à ces enfants à qui tout semble promis, mais qui vivent parfois des souffrances multiples.
Première difficulté : apprendre à les connaître. Pour ce faire, la ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet, a commandé une recherche-action inter-universitaire (UCL, UMons, ULB). L’équipe de chercheurs vient de présenter ses résultats.

Un enfant à hauts potentiels n’est pas l’autre

Premier constat positif du professeur Jacques Grégoire : « En 2000, quand on a commencé à se pencher sur les surdoués, on nous demandait pourquoi il fallait s’intéresser à ceux qui ont déjà tout. Leurs souffrances étaient méconnues, voire niées. Dix ans après, on peut se réjouir d’un changement de mentalité et de regard à leur égard. »
Des choses ont aussi étaient mises en place. 2002 : des Centres d’écoute et d’accompagnement de jeunes à hauts potentiels ont été créés dans chaque université (Hélas, la crise est passée et ceux-ci ne bénéficient plus des financements nécessaires). 2005 : un site internet neutre a été ouvert. 2006 : des modules de formation sont proposés aux enseignants intéressés.
Victor Braconnier, chercheur à UMons, insiste sur le pluriel de… hauts potentiels. « Il s’agit de rendre compte de la complexité de la problématique. Les intelligences sont multiples et le Quotient Intellectuel (le fameux QI) n’est qu’un élément parmi d’autres dans leur identification. » Pour arriver à identifier un jeune à hauts potentiels et ses difficultés, plusieurs approches sont donc nécessaires et demandent une attention spécifique à chaque enfant.

Des solutions ?

Pour Jacques Grégoire, « ce dont souffre le jeune à hauts potentiels n’est pas un trouble médical. Il ne relève pas de la santé, mais nécessite un accompagnement pédagogique spécifique. Cela signifie que cet accompagnement relève des missions de l’école. » Le chercheur préconise donc l’intégration des enfants à hauts potentiels dans le système scolaire normal, en prévoyant des aménagements. « Car, comme le précise une éducatrice, l’apprentissage passe par l’affectif, plus encore chez ces enfants qui sont souvent rejetés par les autres, moqués même sur le chemin de l’école, découragés, solitaires. »
Parmi ces aménagements pédagogiques, il y a notamment les tâches-défis, le tutorat, la différenciation vers le haut, le « MOTIV’ELEV », le saut de classe, mais ce dernier doit être accepté par le jeune, ses parents, les enseignants et la classe d’accueil. Et bien suivi.
Une brochure très instructive, bourrée d’infos et lisible, vient d’être éditée à destination des écoles. Enseigner aux élèves à hauts potentiels aidera également les parents à mieux se situer par rapport à ces enfants qui les désorientent, à comprendre ce que l’école peut proposer à leur enfant.
Un hic cependant : toutes les écoles ne se sont pas mobilisées sur cette question. On l’a dit, les centres de référence manquent de moyens. De même pour les CPMS. De sorte qu’apparaissent de plus en plus d’intervenants, coachs, consultants, formateurs privés, qui proposent leurs services à des parents dépassés. Au prix fort. Tout le contraire d’une approche qui prône un accompagnement du jeune en partenariat avec l’école, le CPMS et le spécialiste éventuel.

Michel Torrekens – 11/06/2013

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