Vie de parent

Pauline, une Mary Poppins des temps modernes

Passionnée. Voilà l’adjectif qui décrit parfaitement Pauline Mosseray. Passionnée de l’humain, sans doute, des enfants surtout.

► Cet article a été réalisé par des étudiant.e.s en Master 2 de la section Presse / Info de l'Ihecs, école de journalisme à Bruxelles. Dans le cadre du cours de "journalisme vivant", ces étudiant.e.s ont brossé les portraits de personnes dont le quotidien se décline au service des autres sur fond de crise sanitaire...

Pauline, une Mary Poppins des temps modernes

Mais qu’est-ce qui pousse une jeune femme presque trentenaire à continuer la garde d’enfants ? « Si je continue aujourd’hui alors que j’ai un salaire, ce n’est clairement pas pour l’argent. […] Mais ça me fait du bien au moral. ». Les enfants ont cette capacité à voir le monde qui les entoure sous leur propre spectre. Un spectre qui n’est pas celui que la société nous inflige. Pauline aime leur spontanéité, leur capacité à vous remettre les pieds sur terre. A leur contact, la gravité de vos tracas quotidiens s’envole.  

Son amour inconditionnel pour les mômes, elle le nourrit depuis son plus jeune âge. Du haut de ses 28 ans, Pauline est déjà forte d’une expérience de plus de dix ans. Elle a commencé vers ses quatorze ou quinze ans, en s’occupant d’enfants de son quartier. Aînée de sa famille, elle a aussi gardé ses frères et sœurs, bien qu’elle ne considère pas ça comme du babysitting à part entière.

Pauline adore les enfants. Elle ne sait pas l’expliquer, mais elle les adore. Et eux l’adorent aussi. Avec eux, il n’y a pas de demi-mesure. Soit on aime ces relations, on aime ces partages, et on comprend. Soit on n’aime pas, on ne les comprend pas et tout ceci nous paraît dérisoire.  

Un baby-sitting qui se professionnalise

Depuis toutes ces années, Pauline en a connu des enfants. Mais surtout, elle a assisté à l’évolution de la profession. Depuis toujours affiliée à la Ligue des Familles, elle devait originellement remplir un petit coupon en papier, qu’elle faisait ensuite compléter aux parents et qu’elle envoyait à la personne référente. Les formations, ce n’est que bien plus tard qu’elle dut s’y astreindre, alors âgée d’une petite vingtaine d’années. Sa première formation ne lui a pas apporté grand-chose, son expérience prenant le pas sur l’enseignement. Toutefois, elle n’hésite pas à souligner l’importance de la formation à propos des nouveau-nés, ayant été perdue la première fois qu’elle s’était retrouvée à langer un bébé. Où, diantre, se trouvent l’endroit et l’envers d’un lange ? Hormis cette question pragmatique, cela rassure surtout les babysitters et les parents. Une seconde d’inattention avec un enfant en bas-âge et la catastrophe peut rapidement s’imposer.  

Aujourd’hui, Pauline s’occupe régulièrement de quatre familles. Depuis deux ans, elle n’en accepte plus de nouvelles. Chercheuse en biologie, son emploi du temps est plus que chargé. Si l’on rajoute à cela les babysittings et le temps qu’elle aime passer avec son mari, il ne reste plus beaucoup de place pour s’octroyer de nouvelles gardes. Mais surtout, elle sait qu’elle ne pourra pas continuer cette activité pendant encore dix ans. Et le temps qui est nécessaire pour créer une vraie relation avec les enfants et les parents lui paraît trop important pour être négligé. « En arrivant dans une nouvelle famille, il y a toujours une période de latence, le temps que l’enfant t’accepte et que les parents aient plus ou moins confiance en toi. […] Avec les enfants que je babysitte toutes les semaines, il a quand même fallu un an pour qu’ils m’acceptent. Pas qu’ils ne m’appréciaient pas avant, mais c’était toujours dur de quitter maman et papa. » Ne sachant pas combien de temps elle pourrait assurer ce rôle de baby-sitter, elle préfère donc leur éviter de s’attacher à quelqu’un qu’ils ne verront peut-être plus.  

Une attention particulière au handicap

Parmi les enfants de ces quatre familles, Pauline s’occupe également d’un petit garçon sourd. Parlant quelque peu la langue des signes, ayant suivi une formation spécifique pour la garde d’enfants en situation de handicap, elle s’est retrouvée tout naturellement là-bas. Prendre soin d’enfants dans cette situation, elle y est habituée. Sa propre sœur, dont elle s’est occupée plus jeune, présente un handicap mental. Entourée d’enfants, Pauline le sera toujours. Bien qu’elle ne compte pas encore abandonner le babysitting, il viendra un jour où elle quittera ces enfants qui ont grandi avec elle. Le jour, où, elle-même en mettra au monde.

 

Solenne Deineko, Adeline Thollot, Sarah Lohisse & Salomé Parrot

Pauline et le covid

En ce temps de Covid, Pauline s’interroge sur la suite. Si les conséquences sur la santé mentale des adultes peuvent être dramatiques, les enfants ne sont pas en reste. Pauline croit sincèrement que la sociabilité est importante et ce, à tout âge du développement. Néanmoins, elle ne peut s’empêcher de se poser la question de savoir ce que deviendrait un enfant vivant avec pour seul contact social le cercle familial sur une période prolongée ? « Un adulte en retrait du monde, peut être. Tout simplement parce que l’on a certaines connexions neurologiques qui se créent tôt, dès l’enfance. Et que ces connexions ont besoin des contacts sociaux. » Pauline poursuit :  « On n’est pas faits pour vivre seuls, on est des êtres humains. »

Pauline observe aussi les enfants face aux mesures sanitaires. Les masques, la désinfection des mains, les gestes barrières, les enfants s’adaptent vite. Bien plus vite que les adultes même. Pauline est à la fois rassurée et inquiète, elle craint que ces réflexes ne deviennent la norme, car pour construire leur immunité, les enfants ont besoin d’être en contact avec des virus. Cette crise génère donc énormément de paradoxes notamment dans l’attention portée aux enfants.  

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