Vie de parent

Pilules sexy, ados en danger de mort

De l’ecstasy potentiellement mortelle circule en Belgique. Comment éviter que nos jeunes en consomment au risque de conséquences graves et fatales ?

Pilules sexy, ados en danger de mort

De nouvelles pilules d’ecstasy potentiellement mortelles ont été découvertes sur le marché belge. Ces nouvelles pilules, plus puissantes, ont une apparence plutôt sympathique : il y a le triangle bleu avec le sigle d’une marque de voiture, il y a la rouge incrustée du « S » de Superman, la Nintendo ou le papillon. Elles ont tout pour séduire nos jeunes.
Mais aussi mignonnes soient-elles, ces petites pilules peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. « Si une jeune fille de 14 ans ingurgite ne fût-ce qu’une de ces pilules, cela peut avoir des conséquences fatales », prévient le Belgian Early Warning System on Drugs (BEWSD).

Danger de mort

Ces comprimés contiennent une teneur anormalement élevée en MDMA, le principe actif de cette drogue dure. Hautement plus dosées, ces substances sont beaucoup plus dangereuses que les pilules d’ecstasy qui circulaient jusqu’à présent en Europe.
Un surdosage de MDMA peut provoquer de l’hyperthermie (surchauffe du corps) et perturber l'équilibre chimique du système nerveux ainsi qu’une déshydratation. En combinaison avec la chaleur des milieux festifs et de l’alcool, la consommation de ces pilules peut même entraîner la mort.
Les effets de ces pilules dépendant du poids et de la résistance de la personne, de l’endroit où le produit est consommé et des mélanges.
Aucun décès lié à une surdose de MDMA n’a encore été recensé en Belgique. Mais l’alerte est donnée par les institutions et les associations spécialisées dans la santé et prévention à la consommation de drogue. Il faut donc avertir nos jeunes de la présence de ces substances en Belgique, et de leur dangerosité.

Comment le mettre en garde sans qu’il m’envoie bouler ?

« Tiens, prends ça, tu vas voir, ça défonce ! » : c’est la petite phrase à laquelle notre jeune risque d’être confronté lorsqu’il sorte dans un bar ou en discothèque. Et pour ne pas s’isoler du groupe, il est susceptible de se laisser tenter par l’expérience. Il lui sera parfois difficile de ne pas suivre ses copains. Il ne voudra pas être le ringard qui ne partage pas les mêmes sensations que les autres.
« Idéalement, il ne doit pas consommer, mais c’est très difficile pour un jeune de résister à la tentation. On lui demande parfois une droiture morale qu’un adulte peut avoir du mal à suivre. La dynamique de consommation en  groupe est la même que pour l’alcool », soutient Antoine Boucher d’Infor Drogues. Avec le risque qu’il n’écoute plus son corps, ni ne sente pas le danger.
Pour éviter le risque d’accident, abordons le sujet avec lui ou elle, dès qu’il est en âge de sortir, afin de le ou la prévenir avec habileté et efficacité, tout en reconnaissant son droit d’appartenir à un groupe :

  • Évitons la collision frontale en lui balançant un « Tu ne dois pas prendre de drogue » : on risque de taper à côté. Il lui sera facile de répondre un « moi, jamais », surtout si on ne lui en a jamais proposé. Ce discours sera aussitôt contredit par celui des copains qui l’invitent à en consommer en lui disant que c’est sans danger.
  • Privilégions la discussion et anticipons : discutons-en avec lui ou elle, mine de rien, en lui demandant si on lui en a déjà proposé, « Comment tu ferais si on t’en proposait ? », « Comment vas-tu réagir ? », « Que penses-tu qu’on va pouvoir te dire pour te pousser à en consommer ? ». En parler le plus tôt possible permet aussi de ne pas tomber de (trop) haut (trop) tard, lorsqu’on découvre qu’il en consomme depuis longtemps et de mal réagir à ce moment-là.
  • Si notre jeune en parle, voire se confie, ne pas oublier de l’en féliciter. S’il en a consommé, on peut bien sûr sanctionner selon son degré de tolérance et d’ouverture, mais il faut avant tout l’aider à ne pas se laisser emporter dans l’engrenage, ce qui est bien plus difficile.
  • On évite de s’inquiéter de façon démesurée : tous les jeunes ne se laissent pas tenter par les drogues, douces ou dures.

Stéphanie Grofils

En savoir +

Comment les reconnaître ?

Il s’agit de comprimés avec des caractéristiques suivantes :

 

Si vous trouvez ce genre de comprimés dans votre région, contactez le

BEWSD.

Plus d'infos

Besoin d’aide ou de plus amples informations ? Renseignez-vous auprès d’Infor drogues et auprès d’Eurotox.

Faire analyser ses comprimés

Les pilules d’ecstasy hautement dangereuses ont été découvertes en région bruxelloise, grâce à un projet de l'association Modus Vivendi. L’asbl permet aux consommateurs de faire tester leurs drogues de façon anonyme et gratuite, afin de déterminer leur taux de MDMA. Les consommateurs peuvent venir déposer leurs comprimés chaque vendredi dans les bureaux de l’association Modus Vivendi, qui collabore avec Eurotox. Ils reviennent une semaine plus tard, récupérer leurs pilules et les résultats de l’analyse.

« Il ne s’agit pas de délivrer ou non un label de qualité puisque chaque drogue est mauvaise. Ni d’inciter à la consommation. C’est pour nous un outil de contact qui nous permet de rappeler aux consommateurs la loi à l’égard de l’usage des drogues, les dangers pour la santé », confie Catherine Van Huyck, la directrice de l’asbl.

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