Vie de parent

Plus jamais isolé·e·s

« Pandémie », « confinement » et, maintenant, « déconfinement ». Trois mots que l'on avait jusqu'alors à peine prononcés dans nos vies et qui se sont imposés comme des réalités. Réalités compliquées pour beaucoup de parents. Réalités d'autant plus douloureuses pour les parents solos. Elles surtout, ils plus rarement, sortent de ces deux mois lessivé·e·s, angoissé·e·s, avec un sentiment d'invisibilité. Et si nous leur apportions (un peu) d'invincibilité ?

Plus jamais isolé·e·s

Depuis le début de cette crise, notre volonté, au Ligueur, est d'être le reflet de toutes les situations, de toutes les difficultés qu'une maman, un papa, leurs enfants, peuvent éprouver. Une donnée écrasante ressort : si, d'ordinaire, les parents solos se sentent peu pris en compte, ils ont le sentiment, depuis le début de cette crise, de n’être ni entendus, ni écoutés. Nous ouvrons donc ce dossier avec leurs témoignages pour donner à voir ce qu’ils ont enduré.

Alors on sort

Notre volonté est de permettre aux un·e·s et autres de repartir du bon pied, de se reconnecter à la société, de trouver les ressources nécessaires. Les enjeux sont de taille. Après l'épreuve de force du confinement pour les parents solos, il est impératif de ne pas passer à côté de toutes les attentes que le déconfinement suscite. Comment peut-il être vécu dans les meilleures conditions possibles ? Quelles sont maintenant les priorités ? À quelles portes frapper ? En un mot, comment demander et trouver de l'aide ? Les pages qui suivent balayent le champ des possibles. Avec l'appui de parents et de professionnel·le·s, nous envisageons quelles peuvent être les solutions, comment trouver les bonnes interlocutrices, les bons interlocuteurs et trouver le courage de solliciter son réseau.

Moi, mon enfant – mon enfant, moi

Au-delà de la vie en société et des conditions matérielles, pour de nombreuses familles monoparentales, se pose aussi la question de l'équilibre familial. C'est vrai, quel cap donner au clan, après cette longue période tumultueuse ?

Certains parents nous expliquent qu'il ressort malgré tout du bon de ces deux mois écoulés. D'autres évoquent les dégâts collatéraux pour les enfants. Comment récupère-t-on de tout cela ? Là encore, nous nous appuyons sur un maximum d'expériences que l'on nous rapporte tous les jours pour dégager les questions essentielles et tenter d'y répondre au mieux.

« L'homme le plus pauvre est une femme »

Enfin, nous refermons les pages qui suivent avec la clairvoyance, le bon sens militant et solidaire de Christine Mahy du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté. Depuis toujours, elle alerte l'opinion en exposant que l'homme le plus pauvre est une femme. Une femme avec enfants, pourrions-nous compléter. Elle nous livre son analyse et les grandes lignes qui vont nous permettre de retrousser nos manches. Et nous devons nous y tenir. Inventer. Écouter. Trouver des idées. Pour la relance économique ? Non. Pour notre humanité. Nous ne pouvons pas nous reconstruire en laissant des personnes qui continuent d'être confinées dans leur isolement.

Dossier réalisé par Clémentine Rasquin et Yves-Marie Vilain-Lepage

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Solos, mais jamais sans ressources

Allez, c'est fini, tout le monde dehors. Le monde de l'après, c'est maintenant. La société redémarre. Cap sur certaines réouvertures d'écoles. Puis, très vite sur les vacances. Et encore après sur la rentrée. Comme si tout allait se réactiver d'un coup de baguette magique. Mais pour celles et ceux qui n'ont plus rien pour repartir, pour les familles isolées qui n'ont plus de forces, plus de ressources, pas de second souffle, quelles solutions ? On en a débusqué quelques-unes.

 

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Christine Mahy : « Les oublié·e·s des oublié·e·s »

Impossible de parachever ce dossier sans l'expérience d'une personne de terrain. Pour comprendre, pour construire, pour agir. En cela, Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), et sa connaissance aiguë des ménages monoparentaux nous aident à mieux cerner les réalités. Elle nous donne des pistes pour organiser une solidarité avec certaines familles monoparentales, afin qu'elles ne ressortent pas épuisées, isolées et fragilisées de cette crise.