16/18 ans

Pour ou contre le scooter ?

Ce n’est un secret pour personne, le scooter est un engin dangereux ! Alors le Ligueur fait le point sur ce sujet qui tracasse plus d’un parent.

 

Pour ou contre le scooter ?

 Pour 

Marc, papa de Corentin, 18 ans        

Dès l’âge de 16 ans, mon fils a voulu un scooter. Au début, je n’étais pas d’accord car je trouvais cela trop dangereux. Puis, les choses ont changé. À 19 ans, Corentin a commencé un apprentissage dans un restaurant à quelques kilomètres de chez nous, mais en horaires décalés. C'est alors que l'option scooter est revenue sur le tapis. Comme il avait acquis en maturité, nous avons dit oui, mais pas à n'importe quelles conditions.
D'abord, un scooter d'occasion, pas un neuf. Ensuite, l'acheter et l'entretenir en commun. Je trouvais que c’était une bonne façon de responsabiliser mon fils tout en gardant un œil sur d'éventuels traficotages du moteur et sur l'entretien. Nous avons également exigé qu’il porte un équipement digne de ce nom : un casque de qualité, une veste de moto et des gants avec protection. Et finalement, ne rouler que dans le village et les alentours. En été, je lui demande de rouler avec le même équipement, même si ça le fait râler. Et en hiver, il doit vérifier la météo et ne pas prendre son scooter si les prévisions annoncent de la neige.
Le danger, la sécurité, la prévention, la sensibilisation restent les matières les plus difficiles à inculquer, mais il faut aussi laisser les jeunes voler de leurs propres ailes et acquérir leur autonomie. Malgré tout, s’il rentre plus tard que prévu, je suis quand même un peu inquiet. Pas tant par rapport à mon fils et à sa manière de rouler, mais plutôt à cause des autres conducteurs qui ne tiennent pas assez compte des usagers plus faibles.

 Contre 

Catarina, maman de Mélody, 17 ans

Depuis un an, Mélody nous demande sans cesse si elle peut avoir un scooter. Je comprends son désir : nous habitons en périphérie de Bruxelles et il n’y a pas énormément de possibilités au niveau des transports en commun. De plus, à l’adolescence, il est normal qu’un jeune rêve de rouler en deux-roues. Aller où l’on veut, quand on veut, rapidement, se sentir puissant et libre… Ce moyen de locomotion permet de vivre et de s’épanouir loin des parents.
Mais son père et moi, nous ne sommes pas d’accord. Ce qui nous freine ? Le danger. Nous avons tout à fait confiance en Mélody, qui est vraiment une ado sage et responsable. C’est des autres conducteurs dont nous avons peur. Si nous habitions à la campagne, ce serait peut-être différent, mais ici, en ville, c’est vraiment trop dangereux.
C’est parfois dur à accepter pour Mélody, car il est vrai qu’elle fait tout pour mériter notre confiance. Mais si notre fille était victime d’un grave accident de scooter, qui la handicaperait à vie, nous ne pourrions jamais nous le pardonner.
Alors, en compensation, on essaye de lui faciliter la vie autant que possible : on va la chercher au terminus du bus pour qu’elle n’ait pas à marcher, on la conduit à ses activités du week-end et si elle sort le soir, on lui donne des sous pour le taxi. Surtout, on lui a promis de lui payer l’auto-école et une voiture d’occasion quand elle sortira des humanités. Comme ça, quand elle sera à la fac, elle ne sera plus dépendante de nous.

Gaëlle Hoogsteyn

L’avis de la police

Hossain Bouhaj, agent de police dans la zone Bruxelles-Nord : « Personnellement, je pense qu’il faut bien réfléchir avant d’autoriser un adolescent à rouler à scooter. En tant que policier, j’ai déjà été à plusieurs reprises confronté à des accidents de scooter mortels. Dans notre pays, il n’existe pas de culture du deux-roues, comme c’est le cas en Italie, par exemple. Ici, les voitures ne font pas attention. Mais les conducteurs ont aussi leur part de responsabilité. Je vois beaucoup de jeunes à scooter qui ‘font leur show’ sans se soucier du danger. La prise de conscience des risques arrive avec l’âge. À 16 ou 17 ans, beaucoup d’ados n’ont pas la maturité nécessaire. »

Les conseils du Ligueur

  • Le rêve d’un scooter exige une contrepartie : la responsabilité. Une priorité : lui faire comprendre que son principal ennemi est d’abord lui-même.
  • Être vigilant, c’est : ne pas conduire trop vite, éviter de rouler la nuit, bien entretenir son scooter, faire attention aux autres véhicules, ne pas boire avant de prendre la route ou lorsqu’on est trop fatigué…
  • Les règles fixées, mettez-les sur papier et faites-les lui signer. Ce contrat, même s’il n’engage que sa propre conscience, le poussera à conduire avec une vigilance accrue.

Chiffres

  • En Belgique, 15 cyclomotoristes sont victimes d’un accident de la route chaque jour. La majorité des victimes sont des jeunes de 16 à 20 ans.
  • Le risque d’accident mortel est 17 fois supérieur en cyclomoteur qu’en voiture.
  • 50 % des cyclomoteurs accidentés sont débridés (désactivation du système de limitation de vitesse) et 38 % ne sont pas en ordre d’entretien.
  • 82 % des parents refusent que leur enfant conduise un scooter, invoquant un danger trop important.

(Sources : Rapport 2012 de l’Institut belge pour la sécurité routière)

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