9/11 ans

Pour ou contre un été festivalier
avec les petits ?

Devenir parent ne veut pas dire renoncer à tout. Au contraire, les enfants adorent vous accompagner dans vos aventures. Quoi de mieux qu’un festival, les deux pieds dans la boue, à loger sous une tente d’infortune, entouré de barbus tatoués biberonnés aux notes magiques de vos troubadours favoris. Voyons voir ce que vous en pensez.

Pour ou contre un été festivalier avec les petits ?

CONTRE

« On avait dit vacances, non ? »
Ma femme et moi, nous nous sommes rencontrés par la musique. Nos vacances se sont toujours décidées autour des concerts, autant dire que nous étions impatients de partager ça avec notre fiston. Deux semaines de vacances, un van, un chien, une gazinière, ça ressemblait à la belle vie. Sauf qu’on n’a pas trop réfléchi, ni à la météo, ni à l’itinéraire. Nous avons filé en Bretagne. Plus de huit heures de route de Liège pour un énorme festival : les Vieilles Charrues. On a mis plus de vingt heures. Galère de voiture, on s’est perdus et notre fils était super agité. Rien de mieux que d’arriver à un festival crevé. La suite n’a été qu’une succession de malchances. Pluie, chiens qui font peur, festivaliers effrayants, nos groupes préférés qui annulent… Nous étions tous les trois au bout du rouleau. La goutte d’eau, ça a été quand le fiston nous a échappé et que nous l’avons perdu pendant une longue demi-heure. Je n’ai jamais eu aussi peur. On l’a retrouvé, tout allait bien de son côté. Nous nous sommes faits une promesse : les festivals en famille, pas avant une bonne dizaine d’années.
Ludo, papa d’un garçon de 4 ans

« Le chant marin, la seule musique valable »
Je suis un fils de hippie, traîné à tout type de manifestation mystique, choses bruitistes, rassemblements New Age, etc. Plus souvent nus qu’habillés, d’ailleurs. Hors de question de traîner mes enfants là-bas. Déjà parce que c’est tout sauf un moment familial. Ensuite parce que c’est dangereux de laisser traîner des mômes au milieu de gens le plus souvent défoncés. J’ai vu des gens se droguer ou s’envoyer en l’air sous mes yeux. Enfin, parce que ce n’est pas reposant. On a une hygiène déplorable, on vit dans des conditions à l’arrache. Discours de vieux réac ? Oui. La seule nuisance sonore que je tolère aujourd’hui, c’est le bruit des vagues !
Antonin, papa de deux enfants de 5 et 7 ans

« Un truc d’ados attardés »
Je suis navré si je parais juger sévèrement, mais il me semble que ces histoires de festivals, c’est un peu un truc de parents qui n’acceptent pas de grandir. Ce n’est pas un peu égoïste et dangereux d’imposer à des petits de la musique bruyante ? Un peu d’inconfort fait du bien. Mais autant aller camper au bord d’une rivière ou marcher dans le désert, ça permet de se retrouver. Être au milieu d’une foule à écouter de la musique imposée, est-ce que c’est plus profitable au parent ou à l’enfant ?
Carine, maman de deux enfants de 6 et 7 ans

Et le Ligueur, il en pense quoi ?

Des histoires comme celle de Ludo, vous êtes plusieurs à nous les raconter. Un énorme festival, perdu au milieu des champs dans un climat hostile comme celui de la Bretagne, ce n’est peut-être pas la meilleure façon de commencer ! Il existe toute une série de festivals de qualité totalement adaptés aux enfants. On peut citer des manifestations comme les Francofolies de Spa ou le génial Deep in the Woods qui comprennent un espace de nursing. Il existe même des festivals taillés sur mesure pour les familles qui ont des programmations intéressantes : LaSemo, Kidzik, Mini Rock en Seine, Place aux Mômes, Les Pestacles, Au bonheur des mômes, Midi Minimes et même la Fête des Solidarités, notre partenaire.

POUR

« Quitter leur zone de confort »
J’entends bien les arguments sur le coût, sur la fatigue et l’inconfort que ça engendre. Tout ça, c’est vrai si on ne s’organise pas. Partez en vacances à la dernière minute, tout sera cher, crevant et bordélique. Un festival, c’est comme une destination de vacances, ça se prépare au cordeau. Il faut savoir comment on dort, où on mange, quelles courses faire, comment on se charge des petits pour les concerts nocturnes, à quel endroit on se retrouve si on se perd. Nous, on laisse un numéro de GSM qui traîne dans la poche. Et on a même un truc génial, c’est qu’on leur file un sifflet. Ils savent qu’ils peuvent s’en servir. Ils n’ont jamais eu à l’utiliser, parce que toute se passe très bien, dans une ambiance très fraternelle. On passe nos étés à suivre quelques festoches ou conventions, avec les petits. C’est à moitié du camping, à moitié culturel, à moitié sportif. Nous alternons la musique avec des activités où ils peuvent se défouler un peu plus. Comme du jonglage ou du cirque. Ils passent leur été à rencontrer des gens, à danser, à vivre assez libres. Ils rentrent de là plein d’étoiles dans les yeux et en parlent toute l’année. Ils adorent quitter leur zone de confort et vivre au grand air tout l’été. Tout le monde devrait essayer.
Régis, papa de trois enfants de 3 à 7 ans

« Mystique »
Mon premier concert, gamine, ce fut Michel Sardou. C’était chiant à mourir et jusqu’à tard, j’ai associé les concerts à une corvée. Alors qu’aujourd’hui, je vais aller plus loin que les autres : je trouve qu’il y a une dimension spirituelle. On vit à certains moments des choses très fortes. Quand on voit toute une foule qui ne fait qu’un, que l’on assiste à des prodiges musicaux, on ne touche plus terre. Faire vivre ça à un jeune enfant, c’est précieux. J’ai vu mes enfants être transportés par la musique et me remercier de leur avoir fait découvrir cet univers si nourrissant. C’est une communion. C’est beau de vivre ça avec son clan. Mais je vais peut-être faire peur aux lecteurs, là ?
Alexia, maman de trois enfants de 5, 8 et 12 ans

« Toujours faire gaffe »
Oui, mais… Il faut toujours garder un œil sur ses enfants. L’effet de masse, ça peut être dangereux. Un festivalier est tombé sur ma fille, ça lui a gâché les vacances. L’astuce, c’est de protéger les petits, trouver une place avec un peu de recul, prévenir les gens autour qu’il y a des enfants, quitte à passer pour l’enquiquineur de service. Ensuite, essayer de les préserver le plus possible d’une faune alcoolisée. J’explique que ça reste bon enfant et que leur papa ou leur maman veille sur eux et qu’ils n’ont rien à craindre. La règle numéro 1, c’est de jouer les boucliers.
Joe, papa de deux filles de 8 et 13 ans

Et le Ligueur, il en pense quoi ?

On aime le mysticisme d’Alexia tout autant que les consignes claires des parents. Ce qui nous amène à penser que les grands rassemblements avec des petits en dessous de 12 ans sont à proscrire. Les risques sont trop grands. Se perdre, se faire bousculer, ne rien voir, se prendre en pleine poire un débit sonore trop élevé, etc. Rien de mieux qu’un festival à envergure familiale, comme ceux cités plus haut qui vont donner le goût de ce type de manifestation aux petits et qui, gageons-le, vous feront découvrir des groupes fantastiques qui ont besoin de votre soutien.

Émilie Raymond

En pratique

La check-list des parents

Comme on sait que vous êtes responsables, pas de descriptif complet de tout le matériel nécessaire, mais pour les têtes en l’air, quelques recommandations de parents festivaliers. Des petits riens qui vont vous sauver la vie.

  • On n’y pense pas toujours… Une rallonge électrique, un petit cadenas pour fermer les toiles de tentes (ça rassure les enfants !), des dessous de plat, un balai, une pelle, un égouttoir, une éponge, quelques rouleaux d’essuies, du PQ, des lingettes, un briquet, des allumettes, un couteau, une planche à découper, un miroir. Et, bien sûr, une trousse de survie, de la crème solaire et de la Biafine.
  • Pour les concerts. Vos coordonnées et numéro GSM sous forme de petit mot glissé dans la poche, de bracelet ou écrit au marqueur sur le bras de votre enfant. Des boules Quiès. Un objet rassurant, type lampe torche, sifflet ou autre.
  • Côté papier. Prévoir une carte. C’est le b.a.-ba. Un double des clefs de voiture, une copie des papiers importants type passeport de toute la famille et papiers de véhicules. Bien vérifier son assurance concernant les objets assurés ou pas en cas de vol à l’extérieur.