16/18 ans

Pour que scooter ne rime pas avec peur !

 Votre ado ne supporte plus de dépendre des transports en commun ? Il rêve de s’acheter son scooter, mais vous vous inquiétez pour sa sécurité, d’autant plus qu’elle le préoccupe moins que la vitesse ? Fedemot peut vous aider !

Pour que scooter ne rime pas avec peur ! - Shutterstock

Située à Liège, Fedemot est une asbl constituée de motocyclistes bénévoles dont le but premier est d’améliorer la sécurité des usagers des deux-roues. Elle s’adresse aux motocyclistes confirmés, mais surtout aux jeunes entre 15 et 16 ans pour lesquels elle organise des séances de sensibilisation à l’usage de la moto et du scooter et à ses dangers.   

Équipement : « Ton jean ne résistera pas ! »

C’est dans les écoles que Fedemot présente ses trois ateliers. Le premier porte sur les premiers secours à apporter en cas d’accident et les gestes qui sauvent. Le film projeté pour la cause impressionne beaucoup les ados. « On ne se rend pas compte des dangers, explique Alexandre. On a beau être prudents, on doit faire attention à la place des autres. Moi, je me suis fait surprendre par un automobiliste qui sortait de son garage. Il regardait si des voitures arrivaient, mais ne m’a pas vu arriver. Et j’ai volé par dessus son capot. Heureusement, il roulait lentement ! Il faut tout le temps anticiper et ça, tu ne l’apprends pas au permis. »
Mais c’est l’impact des accidents qui ébranle le plus l’auditoire, car une chute de moto entraîne très souvent des blessures graves, voire mortelles. «Y a pas photo, continue Alexandre. Tu tombes, tu continues à glisser sur la chaussée si tu as la chance de ne pas heurter un obstacle. Mais, de toute façon, si tu n’es pas équipé correctement, ton jean ne résistera pas ! »
Le second atelier aborde justement l’importance de l’équipement. En commençant par le casque. « Outre le fait qu’il protège, c’est aussi ce qu’un automobiliste voit en premier lieu dans son rétroviseur, il doit donc être bien visible », précise Bruno Mardaga, animateur à Fedemot.
Au passage, c’est l’occasion d’attirer l’attention sur les dangers du look motard tout de noir vêtu… La seconde partie de l’atelier est consacrée au fonctionnement du scooter ou de la moto et à sa structure mécanique. Enfin un troisième atelier est consacré à la pratique.

Terrain sécurisé

Si le lieu le permet, c’est à l’école que les jeunes essayeront motos et scooters que les animateurs amènent « sous le bras ». Sinon, les jeunes se déplacent jusqu’au terrain privé de l’asbl.
Julien est venu deux fois s’entraîner avant de passer son permis : « J’avais une moto, mais je n’avais pas encore le permis. J’ai pu m’entraîner sur un terrain privé, loin de la circulation. La séance a commencé par l’explication des dangers de la route. Et puis, j’ai appris les différentes épreuves que j’aurais au permis de conduire : rouler au ralenti, freiner d’urgence … Mais ce qui m’a vraiment aidé, ce sont les mises en garde par rapport à l’usage de la voie publique : on m’a expliqué, par exemple, que les marques blanches sont glissantes. Je suis plus vigilant par rapport à cela quand je freine devant un passage pour piétons. »
L’asbl dispose de tout un arsenal de motos et de scooters de diverses cylindrées. C’est ainsi que William a pu tester les différents engins avant de choisir celui qui lui convenait le mieux : « J’ai pu me familiariser avec les différentes motos, apprendre à les manipuler avant d’investir dans un deux-roues. Il ne me reste plus qu’à passer le permis. Je suis confiant, car je maîtrise très bien l’engin. Et surtout, j’ai pris conscience de l’importance du freinage. »
« L’apprentissage du code de la route ne fait plus partie du programme scolaire, déplore Bruno Mardaga. Sur notre terrain, le jeune peut s’exercer en toute sécurité sur des scooters automatiques dont certains sont munis de coupe-circuit en cas de panique…»
Mieux encore, l’asbl dispose également d’un simulateur de conduite ! Un engin particulièrement réaliste où chacun se retrouve confronté aux pièges de la circulation, de la distraction des automobilistes et autres obstacles qui risquent de provoquer des accidents.

Sabine Schrader

EN PRATIQUE

Conseils de sécurité pour les deux-roues

  • Voir et être vu ! Il faut impérativement disposer d’un équipement - gants, veste et casque aux normes européennes - qui soit coloré, muni de préférence de bandes réfléchissantes. L’automobiliste voit d’abord le casque dans son rétroviseur.
  • Lorsque vous conduisez, vérifiez toujours que les autres usagers de la route vous ont vu, en cherchant leur regard. Méfiez-vous des angles morts, surtout ceux des camions. Dans la majorité des accidents impliquant un deux-roues, l’automobiliste ne l’a pas vu à temps.
  • Respectez les distances de sécurité ! Cest important afin de pouvoir anticiper les dangers.
  • Roulez à distance raisonnable des véhicules stationnés : la bonne distance est d’une portière environ.
  • En cas de situation d’urgence, posez le regard là où vous voulez aller et non pas vers l’obstacle.
  • Soyez attentifs aux piétons. Ils peuvent être surpris par votre vitesse, d’autant plus que vous êtes moins visible qu’une voiture
  • Remonter une file de voitures est tentant en cas d’embouteillage. Adaptez dès lors votre vitesse, car vous risquez d’être surpris par des automobilistes qui changent de file, parfois sans prévenir. Un bon truc : essayez de garder une vitesse qui n’excède pas 20 km/h par rapport à la vitesse des voitures de la file.
  • Maîtrisez le freinage. Ne freinez, si possible, que lorsque la moto est droite. Ralentissez avant mais ne freinez pas en virage. Attention : la distance de freinage s’allonge par temps humide.
  • Tenez compte des charges qui modifient le comportement du véhicule, en augmentant notamment la distance de freinage, mais aussi en modifiant le centre de gravité de votre moto. Si celle-ci est chargée, réduisez votre vitesse, augmentez les distances de sécurité et tenez votre guidon fermement. Ne pas oublier d’adapter la pression des pneus.

RÉGLEMENTATION

Permis ou pas ?

Depuis le 19 janvier 2013 (avec mise en pratique dès le mois de mai) :

Pour les cyclomoteurs :

  • Classe A : ce type de cyclomoteur a une puissance maximale de 50 cc et ne dépasse pas 25 km/h. Il ne faut pas de permis pour le conduire. Il doit être équipé d’une plaque jaune à l’arrière. Il peut être conduit à partir de 16 ans.
  • Classe B : sa puissance est également de 50 cc et sa vitesse maximale ne dépasse pas les 45 km/h. Il faut un permis A limité pour le conduire.

Pour les motos :

  • Permis A : avant 21 ans (puissance limitée à 25 kW, soit 34 ch.). Après deux ans, il est possible de passer au permis A illimité.
  • Permis A illimité : à partir de 21 ans pour tous types de motos

Tarifs des examens :

  • examen théorique : 15 €
  • examen pratique catégorie A3 : 10 €
  • examen pratique catégorie A : 36 €

Plus d’infos : www.febiac.be - http://moto.be

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