Vie de parent

Pour un accès de chacun·e
à une éducation de qualité

Chaque citoyen·ne, chaque enfant a droit à l’éducation, c’est à la fois un droit fondamental et universel. La Constitution belge ainsi que des chartes et conventions internationales, comme la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ou la Convention des droits de l’enfant, consacrent ce droit.

Pour un accès de chacun·e à une éducation de qualité

Le droit à l’éducation est essentiel, car il permet à chacun·e de recevoir une instruction et de s’épanouir dans sa vie sociale. Il est vital pour le développement économique, social et culturel de toutes les sociétés, car l’accès à l’éducation renforce la puissance d’agir de chaque personne et donc sa valeur ajoutée sociale.

Pour l’enfant, l’éducation permet de développer sa personnalité et son identité, ainsi que ses capacités physiques et intellectuelles. Elle contribue ainsi à son épanouissement personnel en favorisant également son intégration sociale et professionnelle.

Le point commun des trois textes de loi précités est de garantir un accès à une éducation gratuite. Pourquoi est-ce si important ? Parce que l’enseignement peut être un formidable outil d’émancipation, comme il peut être un outil de pure reproduction sociale. La réalité de chaque enseignement se situe le plus souvent à la croisée de ces deux facettes. L’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) se trouve néanmoins à un extrême de celles-ci.

Des records d’inégalités

Les enquêtes PISA réalisées en 2015 dans 72 pays révèlent une réalité révoltante : le système d’enseignement en FWB est le quatrième où les différences de scores entre les 25 % d’élèves les plus favorisés et les 25 % les moins favorisés sont les plus importantes. Notre enseignement bat donc des records en termes d’inégalités, en transformant des inégalités sociales en inégalités scolaires, que la société retransformera en inégalités sociales.

De fait, les enfants de familles favorisées apprennent bien à l’école et n’ont pas à pâlir de leurs résultats, meilleurs que la moyenne. Par contre, notre enseignement est inefficace pour faire apprendre aux enfants des familles les plus appauvries, il les laisse donc sur le bord de la route.

Pourtant, l’éducation est un droit humain qui doit être accessible à toutes les familles, sans aucune discrimination. Tous les enfants doivent pouvoir aller à l’école, et ainsi bénéficier des mêmes opportunités de se construire un avenir. Pour cela, l’enseignement doit être gratuit, afin que les enfants issus de milieux populaires puissent, eux aussi, jouir de leur droit à l’éducation.

Rendre l’enseignement accessible à tou·te·s, c’est-à-dire permettre l’apprentissage et la réussite de chacun·e, doit être un objectif de société. Actuellement, notre société est extrêmement inégalitaire et de plus en plus polarisée. Dans ce contexte, l’enseignement doit être un vecteur de plus d’équité sociale et de plus d’égalité dans les conditions de vie des citoyen·ne·s.

Soutenir les familles face aux coûts de l’école

Aujourd’hui, ce mouvement vers le progrès social est loin d’être pleinement en marche, car l’enseignement reste d’abord un outil de reproduction sociale. Démocratiser l’enseignement, transformer ce qui reste trop souvent un privilège en droit à l’éducation pour tou·te·s permettra, en partie, de réduire les inégalités que connaît notre société. L’enseignement doit donc servir à la construction collective d’une société démocratique et émancipatrice.

Pour atteindre cet objectif, de nombreux chemins sont à emprunter. L’un d’entre eux consiste à soutenir les familles face aux coûts de l’école. En effet, étudier en FWB coûte cher. C’est un fait malheureux que dénoncent de nombreuses associations, dont la Ligue des familles, depuis de nombreuses années.

Pour aider à réduire les inégalités économiques face à l’enseignement, la Ligue des familles a créé, dès 1925, un fonds d’études pour aider les familles les plus populaires à avoir accès à l’enseignement. Ce fonds sera repris en 1983 par la FWB, pour former plus tard la Direction des allocations et des prêts d’études (DAPE), un service du gouvernement qui a comme mission de délivrer des allocations aux élèves de l’enseignement secondaire et aux étudiant·e·s de l’enseignement supérieur qui sont de condition « peu aisée ».

Le système des allocations d’études n’est pas parfait et cela fait de nombreuses années que la Ligue des familles se mobilise pour le faire évoluer. À l’aube de cette nouvelle législature, nos demandes sont claires : élargir le dispositif à davantage de familles, revoir les montants des allocations à la hausse, assurer un traitement rapide et efficace des dossiers et supprimer définitivement les critères académiques des conditions d’octroi.
Madame la ministre Glatigny, la balle est dans votre camp !

Maxime Michiels, chargé d’études à la Ligue des familles