9/11 ans

Préparer la classe verte du petit :
pas de quoi voir rouge !

Le mot de l'école est pourtant sur le frigo depuis des mois, entre le numéro des secours et celui du pizzaïolo du quartier : « Alerte classe verte ». Pas d'affolement, cet article regorge des conseils avisés de professeurs et de parents. On ne traîne pas et souvenez-vous, au bout du parcours, quelques jours de vacances vous attendent vous aussi.

Préparer la classe verte du petit : pas de quoi voir rouge !

On commence par se débarrasser du plus pénible : les valises. Que ceux qui aiment cette tâche lèvent la main. Pas grand monde, n’est-ce pas ? Quelques règles de base et conseils pratiques que nous rappelle Esther, maman de deux garçons de 10 et 12 ans.
« Première règle : je ne surcharge jamais le sac. Je prévois des vêtements, des chaussures faciles à enfiler qui ne craignent pas les aléas de la campagne. Mon aîné était très attaché à sa ‘môman’. Du coup, je lui glissais toujours un doudou avec un peu de parfum dessus, ça le rassurait. Aujourd’hui, il n’en est plus question ! »
Serge, papa d’une petite fille de 9 ans, nous livre son astuce : « En tant que grand voyageur, je suis obsédé par le gain de place. Je suis un adepte de la technique du sous vide. Mais le problème avec les classes vertes, c’est que c’est trop compliqué à cet âge-là. J’ai donc opté pour la technique du ‘roulé de vêtements’ qui me vient de ma belle-mère ! C’est tout simple. Il s’agit de faire des tubes avec les fringues. Ça ne prend pas de place dans les valises minuscules de nos petits et, en plus, c’est la meilleure technique pour ne pas froisser le textile. Et ça amuse beaucoup ma fille. »

Un pique-nique sans hic

Parlons gastronomie à présent, car qui dit voyage, dit pique-nique. Marie, maman de quatre enfants, est rompue à la tâche : « Marre du gâchis, des miettes dégoûtantes qui traînent dans le sac. Alors, je compose le menu avec eux. La règle d’or ? Simplicité et plaisir. Pour ma part, fini, les tartines au pain dur, type baguette, qu'ils ont du mal à mâcher, qu’ils ne terminent pas et que je retrouve écrasées. J’opte donc pour les mini-sandwichs, au pain de mie. Fromage à tartiner, jambon ou saucisson, agrémenté d'une feuille de salade et d'une tranche de tomate. J’évite le chocolat, tout ce qui peut fondre et fiche en l’air un sac. Idem pour les laitages, les fruits trop mous ou trop mûrs. À présent, c’est fruits secs, pommes, voire compotes à boire. Et bien sûr, toujours penser à une petite bouteille d'eau ou, mieux, une gourde. J’ai banni tout ce qui est sodas, jus de fruits, qui gâchent tout quand ils coulent. Je glisse toujours un paquet de mouchoirs en papier ou quelques feuilles d'essuie-tout. Tellement pratique lorsqu’ils pleurent à chaudes larmes quand ils voient partir maman par la fenêtre du bus. Ou, de façon plus probable, pour se débarbouiller. »
Ce à quoi nous rajoutons un petit truc miraculeux, testé par la rédaction : un stick anti-vomissement (Puressentiel Aromathérapie).

On se prépare, c’est tout un art

Abordons les phases de préparation. La question des parents qui revient sans cesse porte sur le fait que leur enfant se montre parfois hésitant à partir (Voir encadré).
Rachida, professeur dans le primaire, avec plus d’une trentaine de classes vertes à son actif explique : « Tout ceci est tout à fait normal. La perspective de la vie en groupe, loin de papa-maman, peut faire un peu peur, même pour les plus coriaces. La solution, c’est de les stimuler. Vous pouvez étudier le programme ensemble, par exemple. Un voyage à la ferme ou un autre en forêt ? Hop, vous lui dites qu’il (elle) va approfondir ses connaissances et vivre au rythme de la nature. Étudiez l’emploi du temps ensemble. En plus, cela prépare la classe et nous fait gagner du temps à tous. Montrez-lui les photos, le plan de l'établissement, étudiez le trajet sur une carte… Tout cela rassure. »
La question de l’appareil photo revient sans cesse. Confie-t-on son dernier reflex numérique à un gamin de 10 ans ? « Surtout pas ! Ce que je dis aux parents depuis plus de vingt ans : rien de tel que l’appareil jetable, il n’est encore commercialisé que pour ce type d’occasions ! Mais j’ai mieux encore : le dessin. Que chaque parent qui nous lit pousse son enfant à prendre un carnet, un bon stylo feutre et lui demande de ramener des images de ce qu’il aura vu. C’est un précieux souvenir. Presque mieux qu’une photo floue ! »
Isabelle, directrice dans le primaire, conseille de donner un minimum d'argent de poche (10-15 €) pour qu’il ramène un petit souvenir, pour lui ou pour ses parents. « Nous voyons beaucoup de petits qui partent avec un calendrier sur lequel ils cochent les jours loin de la maison, du départ au retour. Préparez des enveloppes timbrées avec les adresses des parents et grands-parents à qui adresser une carte postale. Vous n’imaginez pas à quel point ça facilite la vie et ça nous fait gagner du temps. Car vous allez vous écrire, exit le téléphone ! Quelques jours sans votre petit, vous verrez, c’est vite passé ». Tâchez d’y penser au moment où vous retiendrez vos larmes le jour J.

Yves-Marie Vilain-Lepage

En pratique

« Mes chers parents, je ne pars pas »

Vous avez tout tenté, mais la chair de votre chair refuse de partir en groupe vers de nouvelles aventures. Il n’est pas prêt. Lui forcer la main n’a aucune utilité et peut, au contraire, le bloquer pour les expériences à venir. Il a le droit de refuser, mais comme le rappelle Isabelle, la directrice : « Plus vous le dites tôt, mieux c’est ».
Le refus de votre petit pot de colle peut en effet s'expliquer par votre propre appréhension à le savoir loin de vous ! Posez-vous quelques questions. D’où viennent ces peurs ? Sont-elles fondées ? Comment va-t-il vivre le fait de passer à côté de cette aventure ? Quoi qu’il en soit, pas de panique, d’autres occasions se présenteront.

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