Vie de parent

Primaire : que vont faire vos enfants
dans les jours et semaines à venir ?

En primaire, on le sait, le premier jour d’école est toujours un jour de mise en place assez administratif. On fait les présentations, on vérifie que les fournitures demandées sont bien là, on organise la classe et on voit qui fait quoi. Dès le deuxième jour de classe, aujourd’hui donc, les affaires sérieuses démarrent. Mais selon le niveau de la classe, les objectifs ne sont pas les mêmes. Tour d’horizon.

Primaire : que vont faire vos enfants dans les jours et semaines à venir ?

Premier arrêt : la 1re primaire. On en parle avec Cédric, un enseignant liégeois avec plus de vingt rentrées à son actif. « Cette classe de 1re primaire n’est quasiment qu’une classe de transition au premier trimestre. Le temps est structuré différemment de la maternelle, les temps de travail sont plus longs, la classe aussi est différente avec chacun son espace de travail et des espaces de jeux qui ne sont plus visibles. Tout cela, les élèves doivent se l’approprier, trouver leur place. Cela demande du temps et, pour certains, c’est une vraie source de stress. Comme le veut l’expression, il faut laisser du temps au temps à ces petits. Et les parents doivent simplement les accompagner dans cette mise en place et surtout sans mettre de pression ! ».

Plus facile à dire qu’à faire souligneront des parents. Oui, concèdent les enseignant·e·s. Mais, parce qu’on ne peut sauver le monde en ne faisant rien, ils conseillent aux parents encore inquiets de venir les trouver pour en parler. « C’est aussi à nous, professionnels, d’expliquer comment la classe fonctionne, quels sont nos attentes et nos objectifs, note Marie, une enseignante bruxelloise. On le fait souvent en tout début d’année scolaire, lors des réunions collectives avec les parents. Mais ces derniers ne doivent pas hésiter à venir nous voir s’ils ont besoin d’être rassurés. Le but, c’est vraiment que l’enfant se sente bien dans ce qu’il fait, autant à l’école qu’à la maison. Mais d’expérience, je sais qu’en 1re primaire, à la fin du premier trimestre, 99 % des problèmes de ce genre se sont résolus d’eux-mêmes. Parce que l’enfant aura grandi dans et avec sa classe ».

Réapprendre à apprendre

Un étage plus haut, les élèves de 2e primaire sont déjà dans une autre démarche. Même si là encore, l’idée de laisser du temps au temps reste de mise. « Ici, nous n’avons pas la possibilité de nous laisser un trimestre entier de remise en route, explique Laëtitia, enseignante à Tournai, parce que le programme n’attend pas. Mais les trois-quatre premières semaines sont consacrées à revoir les bases en français et mathématiques normalement acquises dans cette année essentielle qu’est la 1re primaire. Cela permet aux enfants de reprendre contact tranquillement avec la matière et de mon côté, je peux déjà voir ceux et celles avec qui il va falloir prendre un peu de temps pour que tout roule ensuite ».

Chez les 3e, 4e et 5e, les enseignant·e·s, dans leur majorité, se laissent deux semaines pour mettre en place leur classe. « La période de transition est bien entendu beaucoup plus courte, souligne Magalie, une autre enseignante bruxelloise, parce que les enfants retrouvent vite des automatismes, mais elle est tout aussi nécessaire. Et c’est normal après les deux mois de vacances. Pour moi, la remise en route permet de revoir globalement ce qui a été fait précédemment, mais surtout elle permet de réapprendre à apprendre ».

Pour les 6e, l’année à venir est marquée par le CEB… un sujet vite balayé en ces premiers jours et même premières semaines pour Julien, enseignant à Ath. « Les enfants m’en parlent dès le premier jour, les parents aussi, mais le CEB, c’est en juin, donc je préviens tout le monde : je n’en parle pas avant 2020 ! Pour le reste, c’est comme pour mes collègues des autres niveaux, on reprend un peu les bases la première semaine. Et, hop, dès lundi prochain, on entre dans le vif du sujet, parce qu’on a pas mal de pain sur la planche quand même ».

Romain Brindeau

Quel rôle pour les parents ?

Nombreux sont les enseignants à nous dire que les parents ne doivent pas hésiter à leur poser des questions en ce début d’année scolaire, notamment sur le programme et les différentes échéances. Simplement pour que tout soit clair.
Et puis, les profs soulignent tous la nécessité de jeter un œil quotidiennement sur ce que son enfant fait en classe. La lecture du journal de classe est un bon indicateur, mais on peut aussi aller plus loin et feuilleter les fardes, cahiers, classeurs. L’objectif n’est pas de corriger les éventuelles erreurs, mais d’avoir une vue générale sur le travail effectué.