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Prix Versele 2019 : la sélection

Le Bernard Versele de la Ligue des familles est un prix littéraire à nul autre pareil. Avant tout parce qu'il est décerné par un jury d'enfants et que ces enfants ne sont pas quelques dizaines mais bien quelques dizaines de milliers.

Prix Versele 2019 : la sélection

L'aventure a commencé en 1979. En cette année internationale qui leur était consacrée, il s'agissait d'offrir aux enfants le plaisir de la lecture, l'envie de partager des rêves et l'occasion d'échanger des idées. Les deux premiers livres primés, non seulement sont encore disponibles aujourd'hui, mais sont devenus des classiques. Pour les plus grands - à partir de 8 ans - L'île aux lapins, une fable écologique de Jörg Steiner illustrée par Jörg Müller, publiée dans la belle collection Les albums Duculot et rééditée à présent chez Mijade.
Pour les plus petits - à partir de 5 ans - un album de l'Ecole des loisirs, La petite géante, de Philippe Dumas. L'auteur se souvient : « C'était un livre qui avait été refusé par d'autres éditeurs. Tout les choquait. Ils trouvaient le livre trop moderne. À l'époque, dans les livres pour enfants, on n'avait le droit de parler ni de l'amour, ni de la mort, ni de l'argent, ni des rêves ».
En attendant, voici la sélection préparée pour cette année anniversaire : une liste de vingt-cinq titres, divisée en cinq catégories où le nombre de chouettes - nos animaux fétiches - grandit avec la complexité de lecture. Pour construire cette liste, plusieurs centaines de volontaires se sont impliqué·e·s avec enthousiasme au sein des relais locaux du mouvement.
Repérer vingt-cinq livres au sein d'une production éditoriale annuelle qui en propose plusieurs milliers n'est pas une mince affaire ! De toute évidence, bien plus de vingt-cinq pépites sont éditées chaque année. Quel que soit le sérieux des lectures, des discussions et des votes, pas mal de créateurs talentueux et également des maisons d'édition inspirées manqueront inévitablement à l'appel. Il n'empêche que les livres sélectionnés dans la liste ci-après font partie de la crème de la crème !

1 chouette (dès 3 ans)

Poto le chien - Andrée Prigent (Didier Jeunesse)

Comme tous les braves gens, la charcutière, l'épicière, le jardinier et même le coiffeur n'apprécient guère que l'on suive une autre route qu'eux. Pas question qu'un petit chien abandonné à la veille des vacances les réveille la nuit en pleurant. Pas question non plus que ce petit chien quitte son domicile sans crier gare pour rendre visite à sa copine. Heureusement que le boulanger est bienveillant. Heureusement surtout que dans ce village réside un Marcel au cœur d'or.
Un album joyeux et un brin malicieux qui parle de fidélité, d'amour et de liberté. Un texte qui joue sur les répétitions. Des images travaillées comme des linogravures.

Falgu le fermier va au marché - Chitra Soundar et Kanika Nair (Kaléidoscope)

Tomates, oignons, piments, coriandre, et puis des œufs encore et encore, la charrette de Falgu est chargée. Mais la route vers le marché n'est pas un long chemin tranquille, les œufs n'apprécient pas les chocs et les condiments sont fragiles. Par bonheur, Falgu est un fermier plein d'optimisme et de sens pratique.
Un conte qui s'inspire de la culture indienne dans un album grand format où même les mots sont colorés et dansent au rythme des bœufs qui tirent la charrette.

Oh, hé, ma tête ! - Shinsuke Yoshitake (Kaléidoscope)

Un drame raconté en direct par la victime elle-même : un petit garçon qui avait décidé de se déshabiller tout seul à l'heure du bain et qui se retrouve la tête coincée dans son T-shirt. Sentiments, questions et hypothèses se bousculent. Une manœuvre qui se voulait salvatrice ne fait qu'aggraver le problème. Maman, légèrement énervée, finit par sauver la situation. Mais après le bain, quand il s'agit d'enfiler - tout seul, bien entendu ! - le haut du pyjama…
Pour le lecteur, quel que soit son âge, cet album aussi dynamique qu'un film d'animation est tout simplement désopilant.

Ma cabane de feuilles - Akiko Hayashi et Kiyoshi Soya (l'école des loisirs)

Dès les premières gouttes de pluie, la petite Aya s'est réfugiée sous un toit de feuilles. Une cachette qu'elle n'est pas seule à connaître : un papillon blanc, un scarabée, une coccinelle ne tardent pas à la rejoindre. Aya n'est pas contre. Même si, première arrivée, la mante religieuse lui fait un peu peur. « On est comme une famille », dit Aya en souriant à la fourmi.
En harmonie totale avec la nature, un tout carton dont la dernière page salue le retour du soleil.

On a trouvé un chapeau - Jon Klassen (Milan)

Un désert aride avec cactus, cailloux et quelques brins d'herbe. Une lumière de fin de journée. Deux tortues que lie une solide amitié viennent de trouver un chapeau. Un seul chapeau pour deux tortues. Vous devinez où est le problème. L'une des deux a proposé de laisser le chapeau sur place et d'oublier qu'elles l'ont trouvé. Il n'est pas certain que l'autre soit convaincue. À présent, elles regardent ensemble le soleil se coucher. On dit que la nuit porte conseil. Grâce aux rêves ?
Une histoire qui avance lentement - on est chez les tortues - et qui sans aucun doute fera discuter petits et grands.

2 chouettes (dès 5 ans)

Le ruban - Adrien Parlange (Albin Michel Jeunesse)

Un ballon, un funambule, une boisson, un repas… Le ruban est un imagier. Certes, mais avez-vous observé le fin lacet jaune inséré dans le bas de la reliure ? Reprenez la lecture au début. Vous découvrirez que ce fin lacet change de fonction, double page après double page, passant du fil du ballon à celui du funambule, de la ligne de la canne à pêche à la langue du serpent… glissant même du concret au conceptuel. De quoi prolonger chaque image - jaune, cuivre et bleu nuit - en dehors de la page.
De quoi jouer avec les formes. De quoi construire, à chaque fois, toute une histoire !

Image associéeSuis-moi ! Maja Kastelic (Alice Éditions - Histoires comme ça)

Son cartable sur le dos, un petit garçon court joyeusement vers l’école. Ni manteau, ni écharpe, ni bonnet, c’est sûrement presque l’été. Devant une porte entr’ouverte, un chat semble l’attendre. Comment résister à l’invitation de son sourire ? À peine le garçon est-il entré que le félin disparaît dans l’escalier de pierre qui mène aux étages. S’ensuit alors une sorte de jeu de piste dont les indices sont des dessins abandonnés sur le sol.
Stop, ne pas en dire plus ! Il faut lire cet album sans texte - mais qui raconte beaucoup de choses - et découvrir la surprise finale.

Broutille - Anne Herbauts (Casterman)

Broutille ? Le Robert parle de « petite pousse », de « menue branche », renvoie à « babiole » à « bricole » et même à « rien » et termine par une phrase de grande personne : « Perdre son temps à des broutilles ». Grâce à cette sentence-là, nous voici au cœur de l’album, face à ce petit bonhomme qui a perdu son chat et qui tente de faire part de son chagrin à ceux qu’il rencontre : un cow-boy, une corneille, un migrant, un marchand, un capitaine, une vieille dame, une girouette et même Nanook l’esquimau. Tous lui font comprendre que leurs propres soucis sont plus importants que le sien. En tapant si bien sur le clou que le petit bonhomme est sur le point d’en être convaincu. Mais arrive le chien, lequel interroge, écoute et entend…

Capitaine Maman - Magali Arnal (l'école des loisirs)

Archéologue sous marine n'est pas un métier de tout repos. Sur son joli bateau jaune poussin, avec sa partenaire Quartier-Maître-Mémé, Capitaine Maman en fait l'expérience tous les jours. Aujourd'hui, alors qu'elle tente de remonter une énorme tête de pierre, elle frôle même la catastrophe. Heureusement que trois petits polissons - passagers clandestins - connaissent le maniement d'un sous-marin de poche !
Un album qui, sous ses couleurs pastel, dit des choses essentielles. Et qui en plus n'hésite pas à se faire documentaire sans que jamais les explications techniques ne prennent le pas sur le suspense de l'aventure.

Le jardin de madame Li - Marie Sellier et Catherine Louis, calligraphies de Wang Fei (Picquier Jeunesse)

Chaque matin, la vieille madame Li s'en va remplir ses deux pots de terre à la rivière. Mais l'un des deux est fêlé. Et quand un pot est fêlé, on a beau le remplir à ras bord, il se vide petit à petit. Mais cette eau qui fuit n'est pas perdue pour tout le monde. Qui profite de ce goutte-à-goutte ? C'est le secret de Madame Li… que la petite Yun finit par découvrir.
Encre de chine, découpages colorés et calligraphies à l'encre rouge transportent le lecteur dans une Chine de rêve.

3 chouettes (dès 7 ans)

Résultat de recherche d'images pour "Un grand jour de rien - Béatrice Alemagna"Un grand jour de rien - Béatrice Alemagna (Albin Michel Jeunesse – Trapèze)

« Nous y étions. Pour la deuxième fois. Ma mère et moi dans la même maison de vacances. La même forêt. Et la même pluie ». Dès les premiers mots, dès la première image, le lecteur comprend que le jeune narrateur n'a d'autre perspective qu'un écran et le clavier d'une console pour échapper à l'ennui. Imaginez alors sa réaction quand cette console chute malencontreusement dans l'étang du coin… Il se sent « comme un arbre perdu dans la tempête ». Mais à travers le regard de Béatrice Alemagna, la nature est si fascinante qu'elle en devient tentaculaire. Est-il possible de lui résister ?
Un album qui raconte comment un jour d'ennui peut devenir un jour magique.

La révolte des lavandières - John Yeoman et Quentin Blake (Gallimard Jeunesse - L'heure des histoires)

Les auteurs ont dû bien s'amuser en imaginant cette joyeuse aventure : une révolte contre un patron exploiteur - Monsieur Lerat porte bien son nom ! -, ce n'est pas un sujet que l'on rencontre tous les jours dans un livre pour enfants. D'autant moins que l'édition originale de celui-ci date de 1979. Dans leur ras-le-bol, elles n'y vont pas de main morte les sept lavandières, lâchant les animaux du marché, maraudant dans les vergers, dévalisant une boutique, provoquant du vacarme dans une église, bref multipliant les ravages. Même si à la fin, tout rentre dans l'ordre ou à peu près et qu'il n'y a pas eu mort d'homme !

Résultat de recherche d'images pour ""profession crocodile" livre"Profession crocodile - Giovanna Zoboli et Mariachiara di Giorgio (Les fourmis rouges)

Quelques heures dans la vie d'un crocodile de métier, ses rêves nocturnes, la sonnerie du réveil, la toilette, le petit déjeuner, le brossage des dents - essentiel pour un crocodile -, les petits achats du matin, le trajet en métro, et enfin l'arrivée sur le lieu de travail.

C'est un album sans texte, ce qui ne signifie pas qu'il soit muet, tout au contraire. Il se passe en ville, ce qui n'est pas très fréquent dans l'édition jeunesse. Cette ville est avant tout fréquentée par des humains mais on y croise aussi quelques animaux, dont notre crocodile. Et quel est le métier de ce crocodile ? Vous l'avez peut-être deviné. Mais pour moi, la dernière page fut une totale surprise !

Résultat de recherche d'images pour "la féé sorcière"La fée sorcière - Brigitte Minne et Carll Cneut (Pastel)

Nouvelle version, distillée sur un plus grand nombre de pages, d'un album paru en l'an 2000. Si le texte lui-même a peu changé - l'histoire de la révolte de Marine, une enfant de fée, qui préférait être sorcière et qui finit par trouver son chemin dans la vie -, les illustrations ont été totalement repensées. Carll Cneut a conservé les couleurs dominantes en rose et rouge et les chapeaux pointus des fées et des sorcières, mais il s'est débarrassé des lignes droites et des angles pour favoriser la rondeur et les courbes. Il a travaillé l'expressivité des visages et des attitudes et offert une place de choix aux décors. Du château aux tours dorées où Marine vivait avec sa maman, nous ne verrons que la sécurité des vitrines de jouets. Mais nous découvrirons les attraits du bois des sorcières, alternance de troncs sombres et inquiétants et de tapis de fleurs d'une somptueuse luxuriance. Bref, même si l'ancienne version de La fée sorcière figure en bonne place dans votre bibliothèque, précipitez-vous sur ce remake !

Image associéeMinute, papillon - Gaëtan Dorémus (Rouergue)

Les albums de Gaëtan Dorémus sont souvent sans texte. Alors, quand les mots sont présents, il y a gros à parier que leur langage et celui des images vont interférer à l'infini. Observez la succession des planches sur les pages de gauche. On les croirait extraites d'un traité de botanique consacré aux légumes de nos jardins. Sur chacune d'elles, une chenille, minuscule, se nourrit. Ce qu'à droite un commentaire précise avec le plus grand sérieux. Mais, minute papillon, un peu plus bas, la chenille, énorme, proteste. Elle se présente comme un ogre, déclare ne pas aimer les légumes et prétend se nourrir de baleines, de dinosaures, de lutins, voire de petits enfants. Sur le fond blanc des pages, ses mots grandissent en même temps que sa véhémence. Quant à son corps, témoin de sa mauvaise foi, il prend peu à peu les couleurs des légumes grignotés. Mais regardez à nouveau les planches botaniques : cette aubergine n'a-t-elle pas un petit air de baleine ? Cette carotte une ressemblance avec un lutin ? Et cette courgette avec un dinosaure ? La fin de l'histoire, vous pouvez la deviner en partie. Elle est d'ailleurs annoncée sur la couverture.

4 chouettes (dès 9 ans)

Bruits - Marion Bataille (Éditions Thierry Magnier)

Une journée dans la vie de Louis - l'ouïe ? - dont la tête a la forme d'une grande oreille et qui, aujourd'hui en tous cas, ne supporte pas le bruit. Ni en ville, ni au bord de la mer, ni à la campagne. Quant au silence de la forêt, il est sans doute assourdissant car il le met mal à l'aise. De retour chez lui, une surprise l'attend. Et une autre surprise attend le lecteur.
Célèbre avant tout pour ses travaux sur les lettres et les chiffres et pour ses pop-up, Marion Bataille transpose ici un univers sonore en un univers visuel. À partir des bruits qui font tant souffrir Louis, l'artiste crée des onomatopées et avec ces dernières, elle bâtit ses illustrations. En variant les couleurs, les polices de caractères, les dimensions, les angles de vue, les répétitions, elle imprime des rythmes à la cacophonie, construisant même des motifs. À écouter en bruit de fond, grâce aux pages de garde, la respiration paisible de notre Louis, avant ou après le vacarme.

Résultat de recherche d'images pour "tout sur les tremblements de terre"Tout sur les tremblements de terre - Perceval Barrier et Matthieu Sylvander (l'école des loisirs)

Ne vous méprenez pas. Ceci n'est pas un docte ouvrage documentaire, mais un petit bijou de fantaisie mordante signé par deux compères qui n'en sont pas à leur coup d'essai (Rappelez-vous Trois contes cruels qui fut plébiscité par les enfants !). Le cadre : une grande plaine avec une rivière, des cactus et un tipi. C'est là que vivent Tablette Tactile et Aigle Tremblotant. Ce dernier a passé sa vie à compter les tremblements de terre. Il en est à 2 556 761. Et le nombre augmente vite. Or voici que débarque Bob dans son camion. Bob, un promoteur plus blanc que blanc, assez ignare, mais qui ne doute de rien. Les conseils de Tablette Tactile et la sagesse pince sans rire d'Aigle Tremblotant seront-ils suffisants pour que grandisse dans la grande plaine déserte la ville immense que Bob a décidé de construire ?

Ma grand-mère est une terreur - Guillaume Guéraud (Rouergue)

Les grand-mères sont légion dans les romans pour enfants. Mais celle-ci ne ressemble à aucune autre. Comme dit son petit-fils, le seul point commun entre elle et la grand-mère du Petit chaperon rouge, c'est qu'elle vit dans une maison isolée au milieu des bois, dans un endroit paumé que personne ne connaît. Elle a de la suite dans les idées, un énorme pouvoir de persuasion, un sens aigu de la justice et du bien commun… et accessoirement un marteau et une faucille qu'elle garde pour les grandes occasions. Bref, les Autorités qui ont décidé de faire abattre des centaines d'arbres afin de construire une route à travers la forêt n'ont pas mesuré leur imprudence.
Laissez-vous aller dans ce roman où tout est dérision, caricature mais aussi bonhommie et chaleur humaine. Laissez-vous porter par son rythme. En admirant au passage la manière dont l'auteur manie les mots, passant avec aisance du langage oral à la prose poétique.

D'entre les ogres - Baum et Dedieu (Seuil Jeunesse)

Dans une forêt enneigée, un ogre trouve un bébé abandonné. Son ogresse et lui décident de garder l'enfant, une petite fille, qu'ils prénomment Blanche et qu'ils élèvent comme une princesse. En grandissant, Blanche se pose des questions. Genre, pourquoi elle ne mange pas la même chose que ses parents, pourquoi elle ne chasse pas avec eux la nuit et aussi quelle est cette odeur dans la cave ? Pour nous, lecteurs, les réponses semblent évidentes : un ogre reste un ogre tout de même ! Mais quand les nouveaux parents se décident à ramener Blanche au village et que l'ogre est condamné à mort, le doute s'installe en nous : qui est une bonne personne et qui ne l'est pas ?
Un doute qui ne nous quittera plus jusqu'aux dernières pages en forme de coup de théâtre. D'autant moins qu'en reprenant l'album au début, on se dit qu'il n'est tout de même pas très humain d'abandonner un bébé dans une forêt enneigée…

De la terre à la pluie - Christian Lagrange (Seuil Jeunesse)

Rien de fabriqué, de moralisateur ou d'édifiant dans cet album qui évoque le sort des migrants, ces milliers de femmes et d’hommes chassé·e·s de leur pays par la guerre, les persécutions, la pauvreté ou les violences climatiques. Trois femmes d’âges différents marchent vers la mer car le désert avance. Au dessus d’elles, un oiseau semble les guider. Peut-être même qu'il les protège : la sécheresse n’est pas la seule ennemie.
Moulés en terre glaise et photographiés ensuite, les personnages s’inscrivent dans un décor gris et noir réalisé en diverses techniques, où l’ordinateur a sa place. On aurait pu se passer des mots, tant le récit et l’émotion sont dans les images, les décors évocateurs, les jeux entre ombre et lumière, l’utilisation des nuances de gris et dans cet ocre couleur terre s’effaçant sous le noir avant de réapparaître, éclatant, à la dernière page. De la terre à la pluie est un livre qui fait confiance à la vie.

5 chouettes (dès 11 ans)

Y a pas de héros dans ma famille ! Jo Witek (Actes Sud Junior)

En classe, Maurice - le narrateur - et son copain Hippolyte préparent ensemble un exposé sur les calamars. À cette occasion, Hippolyte va rencontrer la famille de Maurice : « À la maison, ça parle fort, ça hurle du dedans et du dehors, ça dit des gros mots. La télé aussi parle fort comme les jeux vidéo ». Et de son côté, Maurice va se rendre chez Hippolyte : « En entrant dans leur jardin, j'ai compris. En découvrant leur belle maison aussi. Chez Hippolyte, c'était comme à l'école. Pareil. Calme, propre, bien rangé, silencieux ». Ce qui va focaliser l'attention de Maurice, c'est le mur de photos arborant les membres connus de la famille de son copain. « Certains sont morts mais ils ont tous été célèbres », souligne ce dernier. Et Maurice d'être consterné par cette révélation : « Chez nous, y avait pas de héros. Rien que des zéros ! ».
À partir de là, son regard sur sa propre famille va changer et l'histoire va commencer pour de vrai. Car les héros ne sont pas toujours ceux qu'on pense.

Sally Jones. La grande aventure - Jakob Wegelius (Éditions Thierry Magnier)

Il y a environ cent ans, dans un Congo qui venait d'être colonisé, une petite gorille fut arrachée à sa mère par des braconniers - des officiers dont le bateau s'appelait Le roi des Belges. Elle fut vendue à un marchand d'ivoire turc, on la fit passer pour un bébé humain et on la prénomma Sally Jones. De bateau en camion, on la fit bourlinguer à travers le monde entier, ce ne fut pour elle qu'une succession de cages et de prisons. S'il lui arriva de faire des rencontres chaleureuses, elle fut le plus souvent trahie. Mais comme cette petite gorille était particulièrement douée, elle apprit à lire, à écrire, à danser, à conduire un camion… et à se faire un ami dans le monde des humains.
Un roman graphique où texte et illustrations à l'ancienne se complètent sans se répéter.

Résultat de recherche d'images pour "NAYA OU LA MESSAGERE"Naya ou la messagère de la nuit - Philippe Lechermeier et Claire de Gastold (Éditions Thierry Magnier)

Un conte intemporel. Universel aussi, même si les illustrations fluos évoquent une Afrique de rêve. Pas aussi rapide que le léopard mais presque, Naya transmet les nouvelles du village au sage Yacouba, tout en haut de la montagne. Et en retour, elle emporte vers la vallée les prédictions du Maître. Mais elle a d'autres cordes à son arc. Elle est capable d'insuffler des rêves dans les esprits.
Vous découvrirez comment, grâce à ce don là, les marchands d'hommes vont perdre la guerre. Elle est aussi capable de sculpter des silhouettes dans la terre rouge. Vous comprendrez comment grâce à ce talent là, les femmes du village vont accéder à la vraie vie. Naya est rusée et habile. Et c'est une résistante.

Mister Orange - Truus Matti (La Joie de lire)

Faire vivre un peintre, pionnier de l'abstraction, au cœur d'un roman jeunesse, c'est rare, non ? Chassé par le nazisme, Piet Mondrian, né aux Pays-Bas en 1872, émigre aux États-Unis en 1943 et s'installe à Manhattan. Il y travaille à une œuvre - Victory Boogie Woogie - dans laquelle il veut montrer à quoi ressemble l'avenir tel qu'il se le figure. Mister Orange, c'est lui. Non pas à cause de la couleur - il n'utilise plus que des couleurs primaires -, mais à cause des caisses de fruits que, dans le roman, il se fait livrer. C'est même grâce à ces oranges qu'il entre dans le scénario : elles sont apportées par Linus, le fils de l'épicier de son quartier. Car c'est aussi un roman sur la vie quotidienne à Manhattan, au moment où de jeunes américains partent se battre en Europe.
Un roman ancré dans la réalité mais dans lequel, de temps à autre, intervient Superman, émergeant de sa BD où il aide les soldats américains à vaincre l'ennemi.

La plus grande peur de ma vie - Éric Pessan (l'école des loisirs)

Les personnages des romans Jeunesse d'Éric Pessan habitent tous le même immeuble-tour à Saint-Herblain, un nom inventé pour un lieu qui existe bel et bien dans la région nantaise. Ici, ils sont quatre - Norbert, Jordan, Lalie et David, le narrateur - qui, au départ d'une escapade clandestine dans un vieil immeuble abandonné, sont entraînés dans une périlleuse réaction en chaîne. En dire plus casserait un suspense particulièrement bien ficelé. Mais comme en préambule, David défend l'idée que dans une histoire, l'important, c'est « la première phrase qui accroche le lecteur, se plante dans son œil et dans son imagination », la voici, cette première phrase : « Comme souvent, Lalie comprend en premier, c'est elle qui a deviné. Je ne sais pas comment elle fait, il lui suffit d'un regard et elle sent qu'il se passe une chose anormale, une chose terrible. Une chose qui n'aurait jamais dû se produire ».
Juste ajouter qu'au-delà d'une histoire passionnante - et sa petite leçon de littérature -, une préoccupation parcourt le roman : celle de la responsabilité.

Maggy Rayet

EN PRATIQUE

COMMENT VOTER ?

►En ligne sur liguedesfamilles.be, avec un accès pour les enfants afin qu’ils puissent voter individuellement.
►Par bulletin papier : les bulletins sont à envoyer à Ligue des familles – Prix Versele, avenue Emile de Béco, 109 à 1050 Ixelles.
Les bulletins de vote peuvent être obtenus soit par téléphone (02/507 72 11), soit par mail (prixversele@liguedesfamilles.be) en précisant la quantité, la (les) catégorie(s) choisie(s) et votre adresse postale.

RENDEZ-VOUS

40 ANS, CA SE FÊTE !

En 2019, le Prix Bernard Versele soufflera ses 40 bougies. On peut déjà vous l’annoncer, plusieurs événements sont prévus pour mettre en avant le Prix littéraire de la Ligue des familles, mais aussi la littérature jeunesse dans son ensemble, notamment une Journée anniversaire à Bruxelles en mai 2019 et une expo itinérante. Plus d’infos, dès l’automne, sur liguedesfamilles.be

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Les histoires, ils en redemandent, encore et encore. Les livres, ça les réconforte, ça les amuse, ça leur apprend plein de choses. Pour ces moment privilégiés qui développent l’imagination, étoffent le vocabulaire, font rire et grandir, la maison d’édition namuroise Mijade présente ses dernières parutions. On escamote les tablettes, on s’amuse et on lit à haute voix.