Vie de parent

Pub et enfants, une relation toxique

En tant que parents, vous êtes régulièrement confrontés à toutes sortes de publicités. Ces publicités sont parfois pénibles (surtout lorsqu’elles se glissent au milieu de votre série favorite), parfois amusantes, mais n’ont jamais d’autre objectif que de vous pousser à acheter, acheter, acheter (on passera ici sur l’impact carbone de la surconsommation).

Pub et enfants, une relation toxique

Heureusement, vous êtes des adultes et, avec le temps, vous avez pu développer une forme d’esprit critique qui vous permet de résister avec plus ou moins de succès aux attaques marketing. Il en va autrement de vos enfants, beaucoup plus influençables à leur jeune âge. C’est pourquoi ceux-ci doivent être davantage protégés de la publicité.

Or, il n’est pas rare que, durant leur temps scolaire, les enfants soient confrontés à de multiples activités à caractère marketing. On pense aux sempiternelles activités « éducatives » des marques de dentifrice, aux « sensibilisations à la gestion de l’argent » réalisées par des banques ou encore à une marque de smartphone qui installe un « Smartbus » proposant des activités « visant à sensibiliser les élèves d’écoles primaires à l’utilisation des nouvelles technologies et au cyberharcèlement ».

Des activités sans éthique et illégales 

Ces activités sont illégales, car le Pacte scolaire de 1959 précise clairement que « toutes activités et propagande politique ainsi que toutes activités commerciales sont interdites dans les établissements d’enseignement ». Une commission est d’ailleurs créée par ce même pacte pour analyser les pratiques litigieuses et peut être saisie, entre autres, par une association de parents.
 

Elles ne répondent pas non plus à des critères éthiques, car l’école doit être un lieu d’apprentissage, y compris de l’esprit critique. À l’école, on observe le monde, on le met à distance pour le comprendre et le juger. Ce principe est à la base de l’éducation citoyenne affirmée par le décret mission. En conséquence, ces incursions publicitaires dans l’espace scolaire sont donc des dangers pour l’esprit critique des jeunes.

On pourrait nous rétorquer que « au moins, grâce à ces activités, les enfants reçoivent une forme d’éducation sur ces sujets ». C’est effectivement là que se trouve également le problème : chaque insuffisance de nos services publics permet à un marché privé de se développer. Dernièrement, chacun·e a pu être frappé·e de voir que la législation sur le harcèlement scolaire est tellement faible et les écoles si peu préparées à lutter contre ce fléau que c’est à une marque de smartphones qu’on a fait appel pour sensibiliser les élèves sur le sujet. Ces situations ne sont pas acceptables. 

Il faut donc bien rappeler à nos dirigeants politiques de prendre grand soin de nos services publics, plus que jamais « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas », et de s’assurer à chaque instant de leur plein fonctionnement.

Maxime Michiels, chargé d’études à la Ligue des familles