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Quand trop de conseils vous font tourner la tête…

Un jour, on devient parent et c’est pour la vie. Et tous les jours de cette vie, il va falloir imaginer, inventer, s'adapter, évoluer car, tous les jours, cet enfant qui vous a fait parent va grandir, se développer, vous poser de nouvelles questions. Bien sûr, les études basées sur l’observation des enfants montrent que, dans les grandes lignes, ils passent tous par des stades assez prédictifs. Reste qu’il n’y a pas de réponses toutes faites aux questions que pose l’éducation de votre petit.

Quand trop de conseils vous font tourner la tête… - Thinkstock

Sacha est né il y a quelques heures à peine. Il est là, minuscule dans les bras de sa maman. Son papa est là aussi, tout étonné de ce qui leur arrive : « Tu te rends compte, nous voilà parents pour toujours ! » Mais voilà, Sacha pleure. Que faire ? Que se passe-t-il? Il a l'air désespéré. Quelle angoisse pour lui. Dans le ventre maternel, tout était bien : pas froid, pas chaud, pas faim, tout cosy. Et là, il est projeté dans le froid, la lumière, le bruit.
Heureusement qu'il y a les bras tout chauds de maman, qui le portent et le protègent. Mais quelque chose d'autre surgit : des sensations particulières terrifiantes, comme une peur épouvantable d’éclater, de se liquéfier, de disparaître… Et, à nouveau, la maman est là, elle parle doucement à son bébé : « Mon chéri, tu as peut-être faim ou froid. Je vais voir si tu es toujours au sec... » Elle perçoit le désarroi de son bébé, elle le nomme, émet des hypothèses et, après avoir compris ce qui se passe, elle répond adéquatement au besoin de son petit. Au début, cela chipote un peu mais, bien vite, maman et bébé vont s'accorder.

Demandes multiples, réponses diversifiées

Les jours suivants, parce que sa maman ne répond pas systématiquement de la même manière à ses pleurs, qu'elle différencie ses besoins, qu’elle émet des hypothèses, Sacha va se mettre à pleurer différemment en fonction de ce qu’il vit et ressent. Et, à son tour, la maman va de mieux en mieux comprendre ce qui lui arrive. On le voit, la créativité de l’enfant pour exprimer ses états et ses demandes s’élabore à partir des réponses créatives du parent.
Si, chaque fois qu'un bébé pleure, sa mère lui donne à manger par exemple, il va intégrer que, dès qu'on est mal, ou inconfortable, il faut manger. La nourriture devient alors la réponse à tout : la faim, la tristesse, la joie, l'ennui... Quoi qu'il arrive, il faut manger. Dans ces conditions, notre bébé risque bien de devenir obèse.
Et puis, Sacha va grandir, ses besoins vont non seulement se différencier, mais aussi se multiplier. Ses parents et les adultes qui l'entourent devront rester créatifs pour répondre à ses changements, à son évolution constante. Si à chaque situation, à chaque question que pose Sacha, maman ou papa ont une réponse toute faite, et s'il en est de même pour toutes les mamans, tous les papas et tous les adultes qui entourent les enfants, nous risquons bien de voir ces petits grandir dans le même moule. Nous aurons alors des bébés façon Dr Machin, des bébés de la marque Grandir sans souci ou encore des bébés modèle Mille et un trucs pour être un parent parfait !

Être écoutée sans être jugée

Parfois, la maman de Sacha se sent un peu perdue face à son enfant qu'elle ne comprend pas. Elle a alors surtout besoin d'être écoutée, comprise et rassurée. Elle peut parfois être dépassée par les événements, par exemple en avoir marre d’entendre Sacha hurler au milieu de la nuit. Elle n'est pas pour autant une mauvaise mère. Mais elle en a l’impression quand elle reçoit mille conseils qui vont dans tous les sens. Elle ne parvient plus alors à être vraiment à l'écoute de son bébé, à se laisser entrer en résonance avec lui pour finalement le comprendre.
Ce qui lui ferait le plus de bien dans ces moments-là, c'est au contraire qu'on l'écoute sans la juger. Elle aimerait tellement pouvoir un peu respirer sans son bébé et sortir de cette hypervigilance dans laquelle elle se trouve depuis sa naissance. Si, au lieu des « À ta place, je ferai comme ci ou comme ça », l’un ou l’autre lui proposait d'aller faire un tour avec Sacha pour qu'elle puisse un peu souffler, ce serait tellement bon ! Elle retrouverait probablement à son retour toute son écoute créative avec son petit.

Mireille Pauluis

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