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Quel sport pour mon enfant :
12 ans et +

L’adolescence est la phase critique pour votre jeune sportif : ça passe ou ça casse ! Avec un risque de décrochage plus grand encore chez les jeunes filles. Et pourtant, leur besoin de bouger reste fondamental.

Quel sport pour mon enfant : 12 ans et + - Thinkstock

Quels sports à cet âge ?

Période ingrate que l’adolescence. Et paradoxe, pour les jeunes sportifs : alors que leur corps se transforme, parfois de manière disharmonieuse, avec pour conséquence des gestes moins précis et moins coordonnés, c’est à cette période-là que les entraînements s’intensifient et se complexifient.
Pour Cécile Delens, au-delà des difficultés liées à ce corps en mutation, le sport a désormais de nombreux concurrents : « La socialisation et l’appartenance au groupe prennent une place importante. Certes, l’adolescent peut rencontrer ce besoin via le sport, en faisant partie d’une équipe. Mais la concurrence est rude : les copains (ou petites copines) non sportifs, la musique, les sorties, les mouvements de jeunesse... Puis, à cet âge, la position des parents est inconfortable : ils l’encouragent leur ado à persévérer dans le sport choisi, alors qu’on sait qu’il a tendance à faire l’inverse de ce que papa et maman demandent. Autre concurrent, dès 14-15 ans : l’école et les devoirs ». D’où l’importance de ne jamais sanctionner de mauvais résultats scolaires par la suppression du sport: votre ado a besoin de cette activité pour son bien-être et son épanouissement.

En club : sports classiques et autres

Typique de l’adolescence pour les plus mordus : se concentrer à fond dans un sport, avec son lot d’entraînements et de compétitions. Quitte à devenir monomaniaque et à ne plus « penser » que basket ou football, par exemple. Pas d’inquiétude : désormais, la spécialisation dans un sport (avec son lot de mouvements répétitifs) n’est plus problématique pour le développement physique de votre jeune. Deux garde-fous, cependant : trop de sport (plus de dix à douze heures par semaine) nuit à la santé et à la vie sociale puisqu’il ne reste guère de temps pour d’autres activités. Et pas de séance de musculation avant la fin de la croissance.
À cet âge, les sports de raquette et de ballon ont toujours la cote. Mais pourquoi ne pas sortir des sentiers battus, avec des sports moins classiques, qui conviendront bien à ceux qui aiment les engins : aviron, aéromodélisme, cyclisme, voile…

Skate ou street-ball : sport en liberté

S’il n’accroche pas à la logique du club, que la compétition n’est pas son truc et que les règles le « gavent » comme il dit, votre ado devrait apprécier des activités qu’il peut pratiquer en toute liberté, le plus souvent hors de toute structure et dans la rue, avec un règlement que le groupe se fixe lui-même. Des exemples : le skate, le roller ou le bicross, le street-ball (basket de rue), le street-hockey ou, plus artistique, la capoeira... À vous de le cadrer s’il choisit le skate : des espaces spécialement conçus pour cette activité existent, c’est mieux que dévaler la grande chaussée. Ces sports où le « beau » geste a toute son importance permet aussi à votre jeune de se retrouver entre potes partageant une passion.

Les sports « nature »

Dans la même veine que les sports en liberté, pensez aussi à ces activités de pleine nature où la glisse et les sensations fortes sont aussi bien présentes. Des exemples ? L’escalade, le ski ou la randonnée, le surf, la plongée sous-marine, la voile ou le kayak de mer, la spéléo, le kite-surf…
Autant d’activités qui correspondent bien à leur besoin de sensations fortes. À pratiquer occasionnellement (car tout cela a un certain coût) en vacances en famille ou via un stage avec d’autres jeunes uniquement.

« Papa séparé, je me suis arraché les cheveux pour savoir comment j’allais occuper ma fille de 12 ans, lorsque j’en avais la garde. Les choses se sont mises en place très naturellement. Joggeur depuis toujours, je lui ai proposé de courir avec moi. Pendant tout un temps, elle me suivait. Depuis peu, elle me dépasse… Le sport nous a aidés à nous rapprocher l’un de l’autre. »
Malek, papa de Dorothée

« J’ai essayé d’intéresser mon fils au foot. Gentil, il a accepté de s’y investir. Mais je voyais bien au cours des entraînements et même des matchs qu’il n’était pas tout à fait dans le jeu. En fait, il détestait revenir tout crotté et évitait de déraper dans la boue. Difficile de jouer bien dans ses conditions-là. J’ai compris, j’ai arrêté de l’embêter et maintenant, il est moniteur de tennis pour les plus jeunes ! »
Simon, papa de Xavier

Anouck Thibaut

Les conseils du Ligueur

  • Responsabilisez-le ! Profitez du sport pour lui inculquer quelques bons reflexes et le responsabiliser :
  1. Ne prenez pas le pli de vider son sac lorsqu’il rentre de l’entraînement, mais apprenez-lui à utiliser la machine à laver et à s’organiser pour que son équipement soit propre la fois suivante.
  2. N’appelez pas le coach à sa place, mais incitez-le à le faire lui-même : s’il oublie, tant pis pour lui, il risque de ne pas faire partie des joueurs retenus au match.
  3. Et s’il ne parvient pas à être à l’heure au rendez-vous ? Ses coéquipiers partiront sans lui ou pire, son équipe devra déclarer forfait à cause de son absence ! La prochaine fois, gageons qu’il sera à l’heure.
  4. Rappelez-lui que mieux vaut manger des pâtes ou une banane qu’un dürum avant l’entraînement.
  • En tête-à-tête avec lui ! De temps à autre, proposez à votre ado de faire une heure de sport avec lui : une partie de squash ou de badminton, un jogging ou une balade à vélo, une séance d’escalade ou de stretching… C’est bon pour sa santé autant que pour la vôtre, et tant pis s’il vous dépasse ! Un moment propice pour les confidences mais aussi pour se défouler en période d’examens.
  • Matériel : seconde main, attention ! Votre ado est pleine croissance et changera donc plus d’une fois d’équipement.S’il débute, ne vous précipitez pas sur l’équipement le plus cher : dans une grande enseigne française bien connue, vous trouverez des produits de qualité, pour toutes les bourses.Pensez aussi aux achats en seconde main - notamment via les bourses de la Ligue des familles-… sauf pour le casque de vélo ou de ski, le baudrier d’escalade, à moins de connaître l’acheteur et d’avoir confiance en lui. Valable aussi pour tout matériel qui touche à la sécurité et les chaussures (le pied de l’un n’est pas celui de l’autre !).
  • Stages à l’étranger. Votre ado a fait le tour des stages Adeps ? Pensez aux stages de l’UCPA, axés sur les sports de plein air. Des séjours partout en France, mais avec des départs organisés depuis Bruxelles.

ZOOM

Garçons-filles : la fracture

Alors que durant l’enfance, garçons et filles n’ont pas de comportements différents face au sport, tout change à l’adolescence : beaucoup de filles vont décrocher et abandonner toutes activités sportives. Une des explications est physiologique. À l’adolescence, les garçons vont prendre du muscle : le sport va leur permettre de former cette musculature, d’ailleurs mise en avant et valorisée dans cette activité.
Les filles, elles, vont prendre un taux de graisse plus important que les garçons : un frein à la pratique sportive, même si celle-ci permet de dominer le poids.
À cela, s’ajoute l’idée que l’activité physique concerne davantage les hommes que les femmes. Des idées pour encourager votre jeune fille à continuer à se bouger ? Faire du sport avec une copine et surtout pas dans un groupe si elle est complexée. Un peu de jogging ou de badminton. Un cours de zumba, la danse à la mode actuellement. Ou plus coûteux : l’inscrire à un cours (privé) de tennis.
Certains garçons choisissent la danse, un choix pas toujours avouable devant les copains, mais à encourager côté parents.

ÉTUDE

Une personne de 60 ans qui pratique une activité physique sans excès mais régulière (natation, course à pieds ou marche) a la même condition physique qu’un jeune de 20 ans qui, lui, est totalement sédentaire. De quoi donner envie de continuer à faire du sport tout au long de sa vie.

EN SAVOIR +

Pour trouver le club le plus proche de chez vous, passez par les fédérations sportives. La liste et le site web de ces dernières se trouvent notamment sur le site de l'Adeps.
Pour prolonger ce dossier, un zoom sur les clubs sportifs et les pièges à éviter lorsque votre gamin fait partie d’un club sur notre site : www.leligueur.be/9-11

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