Vie de parent

Qui sont les parents
qui se serrent la ceinture ?

Test-Achats s’est plongé dans le quotidien financier de plus de 3 000 belges afin d’évaluer le confort de vie de leur ménage. Il en ressort que 56 % des ménages se serrent la ceinture sur au moins un poste de dépenses. Et les parents, à quoi font-ils attention ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Quelles coupes dans le budget ? Et, surtout, qui sont ceux qui sont le plus attentifs ? On en parle avec Sebastian Stevering, expert en statistiques et homme de l’ombre de ce baromètre Test-Achats.

Qui sont les parents qui se serrent la ceinture ?

Si les Belges ont bon moral, celui-ci se dégrade lorsque l’on parle finance. Plusieurs chiffres ressortent. Pour 5 % d’entre eux, toutes les factures ou presque sont très compliquées, voire impossibles, à honorer. 31 % d’entre eux pensent que leur capacité à faire face aux dépenses va se dégrader en 2019 et 68 % constatent que faire des économies est difficile, ou impossible.
Côté parents, plusieurs tendances ressortent de ce baromètre. Sans grande surprise, les parents seuls font beaucoup plus attention à leurs postes de dépenses. En revanche, grande surprise côté familles nombreuses pour qui les indices de consommations sont très bas. Voyons voir dans le détail.

Les difficultés par type de famille

L’indice global de zéro à 100 Test-Achats remonte à 50,8 sur 100 les personnes qui rencontrent des difficultés. Petite clé pour comprendre ce qui suit : moins l’indice est élevé, plus les sondés rencontrent des difficultés financières dans leur quotidien. En Belgique, selon les données récoltées, on peut être qualifié de pauvre en dessous d’un seuil de 31,3 et on vit confortablement au-dessus d’un indice 54,6. Et par typologie familiale, ça donne quoi ?

 

Typologie

Indice Test Achats 2018

Perspectives pour 2019

Famille mono-parentale

44,7

42,6

Famille
avec un enfant

50,7

49,7

Famille
avec deux enfants

47,9

47,2

Famille
avec trois enfants

51,7

50,5

Famille
avec quatre enfants ou plus

39,3

39,9

Famille
avec 2 personnes avec un diplôme d’étude supérieure

59,9

58,5

Famille
avec 1 personnes avec un diplôme d’étude supérieure

51,0

50,2

Famille avec aucune personne avec un diplôme d’étude supérieure

44,2

43,7

Famille
avec un parent au chômage

42,2

41,3

 

Dis-moi qui tu es, je te dirai combien tu épargnes

Un exemple que nous donne Sebastian Stevering concerne la capacité des familles à mettre de l’argent de côté. Le pourcentage de personnes qui ont des difficultés ou une impossibilité générale à épargner est de 39. Pour les parents solos, il passe à 56 %. Et 57 % si un des parents est au chômage. Pour les familles nombreuses qui ont quatre enfants ou plus, l’incapacité à mettre de l’argent de côté s’envole à 62 %. Grosse surprise de ce baromètre : un couple de parent avec un ou deux enfants est dans la moyenne d’épargne de Belgique, soit 38-39 %.

Les difficultés de parents

Côté parent toujours, le baromètre de Test-Achats confirme que les frais liés à l’éducation ruinent les familles concernées, le pourcentage de personnes qui ont de grandes difficultés remonte à 13,1 %. Les coûts liés à l’éducation supérieure sont difficiles à financer pour 30,4 % des parents concernés, tout comme les crèches qui posent problème à 25,6 % des parents concernés.
« La situation familiale influe donc sur le pouvoir d’achat. Dès qu’il y a des difficultés, type chômage ou grosse dépense, je pense aux enfants qui vont à la crèche ou à l’unif, par exemple, ça a une conséquence directe sur la situation financière des parents. »

Les sacrifices ?

Premiers postes sacrifiés pour les parents ? La culture et les loisirs (sorties, vacances, restaurants...). Si les soins de santé sont considérés comme importants, les postes de dépenses posent problème à un nombre significatif de familles : coûts des lunettes et des prothèses auditives, soins dentaires et visites chez le psychologue. Test-Achats conclut qu’il y a encore des progrès à faire dans les politiques de remboursement.
Sur les six postes de dépenses, alimentation - logement - mobilité - santé - culture - éducation, pas de différences notoires entre les parents et le reste de la population. L’alcool, les réparations à la maison, la voiture, les lunettes, les vacances et les études supérieures sont les points de dépenses qui font le plus mal au portefeuille aux parents.

Yves-Marie Vilain-Lepage

Vos prévisions pour 2019

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, surtout en matière de factures. Tests-Achats a donc demandé aux sondés de regarder dans leur boule de cristal pour voir quels sont les postes de dépenses à surveiller. Avant toute chose : gare aux lourdes factures énergétiques qui risquent d’augmenter (eau, électricité et eau). Bonne nouvelle toutefois, sur les 37 postes de dépenses moyennes d’un foyer, les crèches, le baby-sitting et les cours parascolaires sont attendus en amélioration. On ne parle pas d’un bond de géant : d’après les données récoltées, l’indice global qui s’établissait à 50,8 pour 2018 tomberait à 49,7 en 2019. Bon, c’est déjà ça, comme chantait Alain Souchon…