Vie de parent

Rentrée 2020 : l’école sera obligatoire dès 5 ans

C’est la grande nouvelle scolaire de la semaine : dès septembre 2020, l’école sera obligatoire à partir de 5 ans et non pas 6 ans, comme c’était le cas jusqu’à présent. Qu’implique cette nouvelle loi ? Quel est son objectif, ses limites ? On vous explique tout.

Rentrée 2020 : l’école sera obligatoire dès 5 ans

Ce mardi 19 février, la commission de l'Éducation de la Chambre a adopté à l'unanimité une proposition de loi qui abaisse de 6 à 5 ans l'obligation scolaire en Belgique. Cette loi, sujette au débat depuis de nombreuses années entrera en vigueur dès septembre 2020. Qu’en penser ?

Maximiser l’égalité des chances

« Ce vote est vraiment une très bonne nouvelle et une vraie avancée. La grande majorité des enfants de 5 ans vont déjà à l’école, mais parmi ceux qui ne la fréquentent pas, nombreux sont ceux issus de familles plus défavorisées, qui connaissent un risque accru de rencontrer des difficultés scolaires plus tard », explique Caroline Tirmarche, responsable du service Études et Action politique de la Ligue des familles.
L’objectif premier de cette mesure est de lutter contre les discriminations, de renforcer l’égalité des chances et d’encourager l’apprentissage dès le plus jeune âge, afin de minimiser les difficultés scolaires par la suite. Cet abaissement de l’obligation scolaire permettrait de « favoriser la réussite de l'ensemble de la scolarité de l'enfant » ou encore d’offrir aux enfants, avant d’entamer les primaires, « une année pour s’intégrer dans un milieu social autre que le milieu familial et pour le familiariser avec l’environnement scolaire », d’après un rapport de l’Ufapec.

Une première à l'école

La question est toutefois à nuancer : si le consensus en faveur de l’école à 5 ans semble s’affirmer, certains craignent malgré tout une inadéquation avec la réalité des familles défavorisées. En outre : elle ne se suffit pas à elle-même et pour la concrétiser, les moyens devront suivre. « Cette mesure est très positive mais elle ne peut pas suffire, explique Caroline Tirmarche. Elle doit être combinée à une augmentation des moyens consacrés à l’enseignement maternel, non seulement pour qu’il y ait des places en suffisance pour tous les enfants, mais aussi et surtout pour que chaque enfant bénéficie d’un accueil de qualité, avec un encadrement adapté. C’est d’autant plus important qu’on parle ici de très jeunes enfants, qui vivront leur première expérience dans le monde scolaire ».

Une mesure applicable ?

En parallèle, il est en outre essentiel d’accompagner et d’informer les parents sur l’importance de l’école maternelle dans l’apprentissage de leur enfant et de garantir un accueil adéquat à leurs enfants. « Pour les pouvoirs publics, le principal défi résidera dans l’applicabilité de cette mesure, ajoute Caroline Tirmarche. C’est un niveau de pouvoir (le Fédéral) qui a pris hier la décision d’abaisser l’obligation scolaire à 5 ans, c’est un autre (la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour les élèves francophones) qui devra renforcer l’encadrement dans les classes pour accueillir tous ces jeunes élèves de manière adéquate. C’est tout à fait réalisable, mais cela demande des moyens financiers. »

Maria-Laetitia Mattern