Vie de parent

RENTRÉE J-7 | Six parents partagent leurs questionnements

La rentrée scolaire, c’est déjà dans une semaine. Côté parents, certains sont déjà dans les starting-block et aspirent à ce retour à la normale. D’autres la redoutent après des semaines en bulle familiale. Parents de petit·e·s et plus grand·e·s, vous nous avez fait part de vos questionnements à l’approche de cette rentrée et c’est avec Mireille Pauluis et Michaël Scholze que nous y répondons.

RENTRÉE J-7 | Six parents partagent leurs questionnements

Ma fille Cécilia, 3 ans et demi, n’est toujours pas propre. L’an dernier, son institutrice s’est montrée compréhensive, je fournissais les tenues de rechange et récupérais deux à trois fois par semaine un baluchon avec son linge sale. Nous avons vu un urologue et réalisé des tests, mais il n’y a rien à signaler. J’ai peur que l’institutrice cette année soit moins conciliante.

Réponse de Mireille Pauluis, psychologue et psychothérapeute

La propreté est une acquisition, c’est quelque chose qui vient tout à coup. Mais cette acquisition survient si plusieurs autres facteurs sont déjà acquis comme :

►  le contrôle moteur (un bon indicateur de ce contrôle passe par le fait que l’enfant est capable de monter et descendre seul les escaliers).
► la maturité neurologique qui permet à l’enfant d’avoir conscience lorsque sa vessie est pleine.
► la possibilité de contrôler ses sphincters.

Le registre affectif entre également en ligne de compte, certains enfants aspirent plus que d’autres à devenir grand ou faire plaisir à leur parent.  

À partir du moment où l’on reconnaît que c’est une acquisition, cela aide à se montrer plus compréhensif, on ne se fâche pas sur un enfant qui tarde à marcher, de la même manière on ne peut pas contraindre un enfant à être propre. Le parent, tout comme l’enseignant·e, peut soutenir l’enfant, voire même le rassurer : « Ne te tracasse pas, ça va venir », « Et si tu essayais d’aller sur le petit pot plus souvent pour éviter un accident ? ».

Ma fille Loïssia, 5 ans, ne veut pas entendre parler de rentrée scolaire. J’ai eu la possibilité de la garder tout l’été et elle n’a plus fréquenté d’enfants de son âge depuis fin juin. Elle dit qu’elle veut rester toujours avec moi et ne veut plus retourner en classe, comment puis-je lui faire entendre raison sans la brusquer ?

Réponse de Mireille Pauluis, psychologue et psychothérapeute

La première chose à faire, c’est d’accueillir la difficulté. Le parent peut aussi reconnaître ce qui vient de se passer et mettre des mots dessus : « Quelle chance on a eu de passer tout ce temps ensemble. On en a bien profité. Je comprends que tu n’as pas envie qu’on se sépare ».

L’enfant se sent ainsi reconnu, il n’est plus seul·e face à sa difficulté. Ensuite, le parent peut essayer d’identifier avec lui ce qui pourrait l’aider à ce que la reprise se passe bien : « Tiens, on pourrait mettre quelque chose que tu aimes dans ta boîte à tartines ou se créer une réserve à bisous dans laquelle tu pourrais puiser la journée ».

Mon fils Rizgar, 6 ans, entre en 1re primaire. C’est un enfant très sensible. Il va se retrouver dans la cour de primaire parmi les plus petits. J’espère qu’il ne va pas se faire malmener par les plus grands. D’un côté, j’ai envie de le sensibiliser à cela, de l’autre, je ne voudrais pas créer un problème qui n’existe pas.

Réponse de Mireille Pauluis, psychologue et psychothérapeute

Dans ce cas-ci, c'est important de cerner si cette peur est celle du parent ou de l’enfant. Du côté de l’enfant, il est peut-être très fier d’entrer dans la cour des grands. Bien souvent, les enfants sont attirés par ce qui se passe à l’étage au-dessus. Dans ce cas, le parent peut se montrer attentif, prendre la température de façon neutre dès les premiers jours : « Comment ça se passe dans la cour de récréation ? ». L’enfant n’a pas à porter sur ses épaules des craintes qui ne sont pas les siennes.

Si par contre, le parent sent une crainte dans le chef de l’enfant, il peut le rassurer en expliquant que d’autres copains de 1re seront dans la même situation que lui. Qu’il peut compter sur des copains qu’il a déjà et que si les grands sont trop remuants, ils peuvent se mettre à l’écart ou au calme près d’un adulte qui surveille la cour.  

Cette rentrée-ci, Vigo et Clara, 8 et 10 ans, se retrouvent sans leurs meilleur·e·s ami·e·s. Je me demande comment ils vont s’adapter et gérer ce contexte. D’ordinaire, l’équipe enseignante questionne les enfants sur leurs affinités et s’assure que chaque enfant puisse avoir d’autres avec qui il ou elle a des affinités dans sa classe.

Réponse de Mireille Pauluis, psychologue et psychothérapeute

Il est toujours intéressant d’expliquer que d’autres se retrouveront certainement dans la même situation. Ce qui peut aider c’est de mettre l’enfant dans une posture d’accueil et d’observation en lui expliquant qu’il peut repérer parmi ses nouveaux camarades qui pourrait être une bonne personne pour lui.

Le parent peut aussi le rassurer dans le fait que cela n’empêche pas de maintenir le lien avec les autres que l’on peut retrouver à la récréation ou à qui on peut écrire ou téléphoner si ils ont changé d’école. Amener l’enfant à faire preuve d’ouverture, lui faire comprendre que plusieurs personnes peuvent lui convenir.

Lucas, 12 ans, commence en 1re secondaire, c’est un grand changement, car il change d’école et de ville. Il va devoir gérer seul son déplacement, c’est-à-dire se rendre à vélo à la gare de Nivelles, prendre le train jusqu’à Braine-l’Alleud et marcher le kilomètre qui sépare la gare de sa nouvelle école. J’ai peur pour sa sécurité dans ces nouveaux déplacements.

Réponse de Michaël Scholze, porte-parole de l’Agence wallonne pour la sécurité routière

Si Lucas doit se rendre à la gare de Nivelles à vélo, la première chose est de s’assurer que le vélo est opérationnel et comprend les éléments obligatoires comme : une sonnette, des catadioptres (blanc à l’avant et rouge à l’arrière) mais aussi sur les pédales et les roues. Les phares restent importants surtout quand la luminosité va diminuer. Veiller à ce que Lucas soit le plus visible possible, avec un gilet fluo (et un casque), pour les autres usagers de la route. En ce qui concerne le train, malgré quelques retards qui peuvent survenir, Lucas sera en sécurité. Sur le kilomètre qu’il doit marcher, si Lucas utilise bien les trottoirs pour se déplacer et les passages pour piétons pour traverser, il s’évite des risques inutiles. Par contre, le GSM en marchant (pour écouter de la musique ou consulter les réseaux sociaux) reste un facteur de risque sur la route.

Afin de bien se préparer à ses navettes et de rassurer Lucas comme sa maman, il est intéressant de faire le trajet ensemble en conditions réelles. Cela permettra à la maman de délivrer quelques conseils utiles et à Lucas de maximiser ses chances de maîtriser son parcours et d’être ainsi plus à l’aise le jour J.

Nos filles de 13 et 15 ans fréquenteront la même école secondaire. Mon mari et moi rentrons du travail vers 18h, je me demande si c’est mieux de leur laisser le choix de rentrer à la maison ou de les laisser à l’étude pour s’assurer que le travail scolaire soit effectué.

Réponse de Mireille Pauluis, psychologue et psychothérapeute

Le mieux est d’en discuter avec le jeune. Certains seront contents d’aller à l’étude pour effectuer le travail scolaire, d’autres préfèrent s’y consacrer au calme depuis la maison. C’est vraiment un choix à prendre en fonction des préférences de chaque enfant. Dans tous les cas, il est bon de fixer un cadre et de responsabiliser le jeune. On peut nouer des contrats en lui laissant le choix et en faisant le point régulièrement sur la situation.

Quelle que soit l’option choisie, c’est toujours intéressant de regarder le journal de classe, cela marque un intérêt pour ce qu’il fait et c’est souvent porteur. Les enfants, même grands, ont besoin que l’on s’intéresse à eux, à leur travail quotidien, à ce qu’ils font en classe tout en se sentant libres sur la manière dont ils organisent leur travail.

Clémentine Rasquin

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