Vie de parent

Rentrée : le moment de réformer
les rythmes scolaires

On en parle depuis les années 1990. Elle fait partie du Pacte pour un enseignement d’excellence. Et pourtant, la réforme des rythmes scolaires n’a toujours pas abouti. Elle émane notamment d’une demande des familles. À l’occasion de cette habituelle rentrée du 1er septembre, la Ligue des familles, les associations de parents et les syndicats enjoignent le gouvernement à concrétiser sa promesse.

Rentrée : le moment de réformer les rythmes scolaires

Depuis 1992, tous les accords de gouvernement prévoient de réformer les rythmes scolaires. Le Pacte d’excellence s’y est engagé également. Mais rien ne bouge. En quoi consiste ce projet exactement ? Quels avantages pour les élèves, les parents, les familles ? On fait le point  ici.

Être à l’écoute des besoins naturels des élèves

Cette réforme part du constat que le rythme actuel de l’année scolaire n’est absolument pas adapté aux besoins physiologiques des enfants. D’un côté, les grandes vacances, trop longues, entraînent une perte d’apprentissage, alors que de l’autre, celles d’automne ou de carnaval sont beaucoup trop courtes pour permettre aux élèves de se reposer.

L’objectif de la réforme consiste donc à réorganiser ces rythmes scolaires annuels afin de favoriser l’apprentissage et le bien-être des enfants. Elle propose ainsi de répartir l’année en périodes de sept semaines de cours suivies chaque fois de deux semaines de vacances (le rythme « 7/2 ») et d’adapter les vacances d’été en conséquence.

Des parents en soutien

Certes, un tel changement aura des incidences sur la société en général. Dans ce contexte, en septembre 2018, la Fondation Roi Baudouin a enquêté sur le degré et les conditions d’acceptabilité des principaux groupes d’acteurs potentiellement impactés. Parmi eux, les familles. Si celles-ci ont des craintes, elles soutiennent néanmoins majoritairement le projet.

Trois atouts principaux ont été relevés par l’étude : tout d’abord, des périodes de vacances de deux semaines permettraient de consacrer plus de temps de qualité en famille, avec une première semaine en stage ou en camp et la suivante à la maison. Ensuite, un raccourcissement des grandes vacances faciliterait la vie des parents, qui ont souvent du mal à occuper leurs enfants pendant les deux mois. Enfin, les parents divorcés auraient plus de facilités à s’arranger pour l’hébergement alterné de leurs enfants avec des vacances de deux semaines minimum.

Sous certaines conditions

Bien entendu, les parents ont aussi montré des appréhensions. Comment occuper ses enfants lors de ces nouvelles périodes de vacances non alignées avec leur rythme de parents travailleurs, par exemple ? Les familles issues des milieux ruraux - dont l’offre extrascolaire ou l’offre en transports publics fait souvent défaut - devront également s’adapter à cette nouvelle organisation. Enfin, ces nouveaux rythmes scolaires doivent être en concordance avec ceux de la Communauté flamande et de la Communauté germanophone pour les familles ayant des enfants dans des régimes différents.

Ainsi, avant de soutenir ce changement, les parents ont présenté des conditions. Parmi elles, on retrouve celle de maintenir les 180 jours d’école au minimum, d’aligner les rythmes en Fédération Wallonie-Bruxelles, en Communauté flamande et germanophone, d’adapter l’offre extrascolaire à cette nouvelle organisation afin que les parents puissent continuer à travailler et, finalement, de maintenir le mois de juillet de congé et de privilégier une rentrée plus tôt en août.

Alix Dehin

Vers une concrétisation de cette réforme?

La Ligue des Familles, les associations de parents, les syndicats et le monde associatif ont rédigé une lettre ouverte à la ministre Caroline Désir, laquelle demande la mise en oeuvre de cette réforme des rythmes scolaires. Vous trouverez son contenu ici.