Vie de parent

Retour à l'école : « Avant tout,
il faut protéger la santé
de nos enfants »

Hier, l’idée d’un éventuel retour à l’école a fait débat sur notre page Facebook. Une thématique sensible où les parents se projettent dans un avenir flou, aux contours incertains. Un avenir menaçant, aussi, parce que la maladie est toujours là. Qui rôde. Un retour à l’école dans le cadre d’un éventuel déconfinement suscite une angoisse compréhensible et légitime. Avec toujours la santé en point d’équilibre.

Retour à l'école : « Avant tout, il faut protéger la santé de nos enfants »

Deux articles publiés ce samedi sur notre site ont suscité réactions et commentaires. Tous deux abordaient la perspective d’un déconfinement, avec en corollaire l’éventuelle réouverture des écoles. Le sujet est délicat et suscite vite un débat entre les « pour » et les « contre ». Au-delà de ce clivage, une chose rassemble, c’est la santé des enfants. Protéger celle-ci (et par extension celle des autres) est la préoccupation n°1.  

« Pour moi, il n’est absolument pas imaginable de rouvrir les écoles ». L’avis est clair, tranché. C’est celui d’Isabelle. Pour elle, un retour est inconcevable, elle argumente : « On ne sait pas qui est contaminé ou porteur du virus. Il n'est pas question de mettre en danger les enfants, les professeurs et autres intervenants, ainsi que toutes les familles. Les cours via ordinateur fonctionnent très bien. Je ne vois pas pourquoi, après tant d'efforts, il faudra tous se mettre en danger sous prétexte de rouvrir les entreprises et permettre à tout le monde de gambader gaiement, alors que le nombres de nouvelles contaminations et de nouveaux décès restent élevés ! ».

Une réouverture, à quel prix ?

Ce que partage Isabelle revient dans de nombreux commentaires. Pourquoi rouvrir maintenant alors que rien n’a fondamentalement changé ? Le virus est toujours là. Il n’y a pas de vaccin. Et la liste des morts continue de s’allonger. Concetta s’énerve : « Personnellement, mes enfants ne retourneront pas à l'école avant septembre ! Hors de question qu'ils se ramassent ce virus ! Préservez vos enfants »/

Muriel renchérit : « Honnêtement, pourquoi faire courir des risques supplémentaires à la population avec un retour à l'école éventuel qui, au bout du compte, ne changera rien à la situation actuelle ».

 Je comprends votre raisonnement, répond en écho Marie-Christine, mais si le virus est toujours présent en septembre, on fera quoi ? ». Géraldine se met en mode résigné : « Je me doute bien qu'il faudra affronter un jour cette saloperie. Le fait est que ça fait peur !  J'ose espérer pour ma part que le temps perdu ici est du temps gagné pour la recherche ».

Si retour à l’école il y a, il ne peut se faire sans mesures de protection crédibles. Lucinda exprime cela : « L'école, pour ma part, tant que toutes les consignes de sécurité ne sauront pas applicables, mes enfants n'y retourneront pas ».

Quant à l’efficacité des mesures sanitaires en milieu scolaire, le doute s’immisce comme chez cet internaute : « Croire que les mesures sanitaires et de distanciation sociale peuvent être respectées dans un établissement scolaire, à moins qu’il ne soit minuscule et déborde d’infrastructures adéquates, est tout bonnement surréaliste... Deuxième vague bientôt ? Youpi ».

À ce stade, on vous partage une petite vidéo humoristique pour détendre l’atmosphère. Et on revient sur notre sujet juste après.

La vidéo, ci-dessus, on l’a partagée avec Nathalie, une institutrice maternelle. « À quand le sketch sur les maternelles, ce sera encore plus cocasse ? En temps normal, ils se mouchent rarement leur nez. Ils ne mettent presque jamais la main devant la bouche, alors le coude... Certains se crachent dessus quand ils sont en colère. Et puis les pipis et les cacas à changer à 1m50, c'est pas évident 😉».

De la cohérence et du sens

Le côté inapplicable des mesures interpelle et inquiète. Notamment Elisa : « Perso, pas envie de l’y remettre. Si c’est pour se chopper la maladie ou nous la transmettre. Et puis quand on est parent solo, on fait comment si on se choppe la maladie ? Il faut prendre en compte tous les types de famille… Il faut un plan de retour à l’école qui ait du sens ».

Du sens. Voilà ce que recherche les parents. De la cohérence aussi. Il y a l’école, mais tout ce qui va autour.  Lucinda s’inquiète de « son grand qui prend le bus tous les jours ». Comment s’assurer que là, les mesures sont respectées ? Comment est-ce que cela va s’organiser ? Cette question de la sécurité dans les transports revient souvent. « J’ai peur de voir mon enfant utiliser des bus où il sera impossible de faire respecter les règles ».

Un autre problème surgit, celui de la récupération des enfants à l’école, souvent effectuée par les… grands- parents. Isabelle précise : « On protège les grands-parents depuis des semaines. Les envoyer faire le pied de grue devant une école, ça ne semble quand même pas être l'idée du siècle... Surtout lorsqu'il s'agit d'une école où tous les enseignements sont dispensés ».

Évoquée aussi, la situation absurde de ces grands-parents privés de petits-enfants durant des semaines et obligés, en tant qu’enseignants, de se retrouver face à des dizaines de marmots.

Il n’y a pas de solution simple…

De temps en temps, un avis contraire émerge prônant un retour à l’école. C’est le cas pour Stéphanie : « Il y a des tranches d'âges qui ne risquent pas grand-chose. Nous devons pouvoir reprendre une vie normale et participer à l'immunité collective. Nos enfants en ont besoin, nous en avons besoin, l'économie du pays en a besoin ».

Isabelle vient avec son cas personnel en guise de réplique : « Donc on fait quoi ? On laisse enfants et corps enseignants être vecteurs ou être malades ? Je travaille sans confinement et sans télétravail puisque secteur essentiel. Mon mari a repris aussi, mais nous arrangeons nos horaires. C'est à nous à nous adapter pour préserver notre enfant. Maintenant, je vous l'accorde, ce n'est pas toujours facile de trouver une solution... Mais ça ne doit pas être une raison pour remettre les plus petits à l'école où ils ne pourront pas être épargnés, ni respecter les distances et mesures de sécurité vu leur jeune âge ».

Muriel se veut philosophe : « Il n'y a pas de solution 'simple', sans risque,... C'est pour ça que le retour à l'école doit être bien réfléchi, qu'il ne faut pas prendre des décisions précipitées qui mèneraient à un rebond de la maladie ». Une autre Muriel ajoute, « Après le 3 mai, il restera à peine huit semaines. Le retour ne peut se faire du jour au lendemain. Il doit être préparé et organisé (ce qui n'est vraiment pas le fort de nos 'experts') ».  Véronique conclut : « Il faut écouter les concernés ayant du bon sens ».  

En gros, ce qui ressort de ces témoignages, c’est qu’un retour à l’école ne peut se faire que dans un cadre sanitaire optimal et cohérent. Si les écoles et les crèches rouvrent, c’est que la situation est sûre, à la fois pour les enfants et pour les enseignants. Comme il l’est rappelé au fil de ces interventions, les enfants ne sont pas immunisés contre le nouveau coronavirus, pas plus que leurs professeurs. Et surtout, cette éventuelle réouverture ne peut pas être justifiée par le seul fait que les parents doivent reprendre le travail. « Le rôle des adultes est avant tout de protéger les enfants », a écrit une internaute sur notre mur Facebook. Cela servira de conclusion.

Thierry Dupièreux

Sur le même sujet

Déconfinement : vendredi, il s’agira d’être clair

C’est le mot du moment. Déconfinement. Alors qu’il devrait être synonyme de libération pure, il inspire inquiétudes et questionnements. Notamment au niveau des parents. Comment ce déconfinement va-t-il s’opérer ? Quel va être son impact sur la vie des familles ? Quid des écoles, de la crèche ? Questions sans réponses. Tourments sans apaisements. Raison de plus pour garder son esprit critique et faire entendre sa voix.

 

Les enfants veulent retourner à l’école, et vite...

Un grand nombre de parents plaide en faveur d’un retour à l’école tout en douceur, avec prudence. Mais certains nous rappellent une évidence que l’on aurait presque tendance à oublier : le retour à l’école pour les enfants, ce n’est pas une reprise économique. Ce n’est pas une libération du parent. Ce n’est pas la joie de replonger la tête première dans les cours. Mais non. C’est d’abord les retrouvailles tant attendues avec les copains-copines.

 

Confinement : les témoignages de parents «entre enfer et paradis»

Depuis le lancement de son enquête sur la façon dont les parents vivent le confinement, la Ligue des familles reçoit des centaines de réponses. Pour l’instant, pas de données objectives à partager. Ça, ce sera pour la semaine prochaine. En attendant, un constat : vous vivez très, très différemment ce confinement. Parfois les positions sont radicalement opposées. Voici le résumé des 2 000 premières réponses reçues.

 

Confinement : papy et mamy en grand manque de leurs petits-enfants

Les grands-parents vivent mal l’éloignement. C’est une douloureuse évidence. Et s’ils vivent mal ce confinement, c’est surtout parce qu’ils ne peuvent pas retrouver la famille et, principalement, leurs petits-enfants. Un coup de sonde apporte son éclairage sur le sujet. Il met en avant « la détresse psychologique » que peuvent vivre ces papys et mamys victimes du confinement.

 

Proposition des experts pour un retour à l’école : la Ligue des familles réagit

Ce matin, le rapport des experts mandatés par le Conseil national de sécurité pour fixer les contours du déconfinement en Belgique a fuité. Une date pour une reprise progressive des cours a été avancée. Ce serait le 18 mai. Une rentrée échelonnée. Pour certaines années d’abord, avec des mesures spécifiques. Le tout devant encore être précisé. Ce ne serait qu’un cadre. Mais la Ligue des familles a pris les devants et a déjà réagi.